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Saxifrages

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°547 - (21 mai 1898)

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 12 septembre 2009

Les Saxifrages sont des herbes à formes variées qui vivent surtout dans les régions montagneuses. Elles aiment les endroits arides et poussent dans les plus petits amas de terre végétale rassemblés dans un creux de rocher (saxum, rocher, frango ; je brise).

Les sommets des Alpes et des Pyrénées en possèdent de jolies espèces ; certaines, comme la Saxifrage à port de mousse (Saxifraga bryoides) et la Saxifrage rude (S. aspera), se rencontrent jusqu’à 2000 mètres d’altitude, dans les maigres prairies qui avoisinent les névés. Dans les régions arctiques croissent des espèces à rhizomes très développés et à partie aérienne très courte à entre-nœuds presque nuls, telles que les S. sileniflora, Richardsonii, oppositifolia, etc.

Les Saxifrages sont des herbes annuelles ou vivaces, à feuilles presque toutes radicales ; leurs rares feuilles caulinaires sont alternes, non stipulées. Aux extrémités dos nervures, sur les dents latérales, on trouve toujours des stomates aquifères et, chez beaucoup d’espèces, de petites écailles calcaires provenant de l’évaporation d’un liquide exsudé qui tenait en dissolution du bicarbonate de chaux.

Les fleurs sont le plus souvent régulières, groupées en cymes, en grappes ou en corymbes. Le calice, plus ou moins adhérent à l’ovaire, comprend 5 sépales, parfois 4. La corolle possède un nombre correspondant de pétales. Il y a 10 étamines, parfois 8 ou un nombre indéfini ; elles sont insérées sur le calice. Douées de mouvements spontanés, même après l’achèvement de leur croissance, elles courbent successivement leurs filets vers l’intérieur jusqu’à venir appliquer leurs anthères sur le stigmate.

L’ovaire, à une ou deux loges, rarement, plus, est surmonté d’autant de styles distincts, et donne, à la maturité, un fruit capsulaire à graines pourvues d’un albumen charnu.

Aux environs de Paris et dans les plaines de la France entière, on ne trouve que deux espèces de saxifrages : la S. à trois doigts (S. tridactylites) et la S. granulée (S. granulata).

La première, très commune dans les champs, entre les pavés des cours et au sommet des vieux murs, est une toute petite plante n’ayant pas parfois plus de 3 centimètres. Les feuilles de la base de la tige sont divisées en trois lobes ; figurant plus ou moins trois doigts. Les minuscules fleurs blanches s’ouvrent dès la fin de mars.

La Saxifrage granulée est une jolie espèce vivace de 2 à 3 décimètres, commune au printemps dans i les bois et les prés. Ses fleurs sont d’un blanc de lait.

Elle doit son nom aux petites bulbilles rosées, parfaitement sphériques, formées par sa tige souterraine et qui permettent à la plante de passer d’une saison à l’autre et de se multiplier. Dans cette espèce, la placentation est des plus curieuses ; l’ovaire étant fermé à la base et ouvert au sommet, elle est axile dans sa partie inférieure, pariétale dans sa région supérieure.

Les autres espèces françaises, au nombre d’une trentaine, se trouvent dans les Alpes, les Pyrénées, le Jura et l’Auvergne. Beaucoup sont cultivées ; on les emploie pour la formation de tapis et de bordures dans les jardins d’agrément. Elles se multiplient aisément par le sectionnement de leurs tiges, capables d’émettre des racines adventives avec la plus grande facilité. Plus la terre dans laquelle on les met est poreuse et fraîche, plus la végétation est rapide.

La Saxifrage granulée, en particulier, est très estimée pour faire des bordures. On en a obtenu une variété à fleurs pleines, résultant de la métamorphose régressive des étamines en pétales ; elle est beaucoup plus cultivée que la forme type.

La Saxifrage à feuilles opposées (S. oppositifolia), des Alpes, est remarquable par ses fleurs grandes, solitaires, rose purpurin, s’ouvrant dès la fin de février. — La Saxifrage ombreuse (S. ombrosa), des Pyrénées, est bien connue sous le nom de Désespoir des peintres.

La Saxifrage cotylédon ou Orpin pyramidal des jardiniers est une espèce vivace, à feuilles blanchâtres, dures, serrées, disposées en rosette, d’où partent des tiges de 30 à 40 centimètres, poilues, glanduleuses , se terminant en été par des grappes de fleurs blanches. Nous ne pouvons énumérer toutes les Saxifrages indigènes cultivées ; parmi les espèces exotiques nous nous bornerons à en citer deux :

La Saxifrage de Daourie, que reproduit notre gravure, possède d’élégantes Heurs blanches, à minuscules pétales, mais à grandes étamines fort délicates.

La Saxifrage sarmenteuse, de Chine et du Japon, est l’espèce la plus curieuse. Les feuilles, charnues, arrondies, dentées, ont leur face supérieure panachée ou zébrée de blanc et de vert, tandis que l’inférieure est rosée. Les fleurs, grandes, ne sont pas toutes semblables ; les trois supérieures sont tachées de jaune, les inférieures sont blanches.

F. FAIDEAU
Saxifraga daourica

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