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Rhododendrons

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°552 - (25 juin 1898)

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 12 septembre 2009

Les Rosages ou Rhododendrons sont des plantes ligneuses, à feuilles persistantes, appartenant à l’aimable famille des Ericinées, déjà si bien partagée avec les Bruyères et les Arbousiers. Leurs dimensions sont très variables ; tantôt ce sont de minuscules arbustes de quelques centimètres, comme le Rhododendron de Laponie (Rh. lapponicum) ; le plus souvent, ils ont de 1 à 2 mètres de haut ; parfois même ce sont des arbres de 10 à 12 mètres, comme le Rhododendron argenté de l’Himalaya.

Les Rhododendrons sont répartis sur tout le globe. Beaucoup affectionnent les montagnes. Les Alpes, le Caucase, les Montagnes Rocheuses, l’Himalaya possèdent des formes spéciales de ces jolis arbustes. Beaucoup sont de faux parasites. Ils fixent leurs racines dans toutes les anfractuosités du tronc des gros arbres, où a pu se former un petit amas de terreau, par la décomposition des feuilles et des mousses. Les Rhododendrons épiphytes se rencontrent dans l’Himalaya, à une altitude variant entre 1200 et 3800 mètres, mais ils sont particulièrement abondants en Malaisie, le pays classique des plantes épiphytes.

Les fleurs des Rosages sont très grandes et fort belles pour la plupart. Leur corolle, en forme de cloche ou d’entonnoir, a 5 lobes généralement inégaux. Dix étamines, soudées à la corolle par leur base, forment l’androcée. L’ovaire libre a 5 à 10 loges et donne, à la maturité, une capsule septicide.

Nous n’avons, en France, qu’une espèce indigène, le Rhododendron ferrugineux (R. ferrugineum), petit arbuste de 3 à 7 décimètres de haut, qui épanouit en juillet, dans le Jura, les Alpes, les Pyrénées, ses Heurs d’un beau rouge. La face inférieure de ses feuilles, d’abord blanchâtre, acquiert bientôt une couleur rouille, d’où le nom de l’espèce.

Le Rhododendron hirsutum, qui vit également dans les Alpes, est un peu plus élevé, ses feuilles sont ciliées, ponctuées en dessous et ses fleurs plus foncées.

La lutte pour la vie entre ces deux arbustes est d’autant plus active qu’ils sont plus proches parents. Leur distribution géographique peut faire l’objet d’une remarque intéressante. Dans les Alpes occidentales, où le Rhododendron ferrugineux existe seul, on le rencontre indifféremment dans des terrains de toute nature ; mais si l’on s’avance vers l’Est, à mesure qu’il se trouve en concurrence avec le R. hirsutum qui préfère les sols calcaires, on voit qu’il est limité peu à peu aux sols siliceux.

Les Rhododendrons sont les plus magnifiques arbrisseaux que nous puissions cultiver à l’air libre. Utilisés depuis des siècles pour l’ornement des massifs, leurs variétés sont innombrables. Ils donnent aisément des hybrides d’espèces et même de genres ; par leur croisement avec les Rhodora et le Kalmia ils ont produit des formes nouvelles. Le Rhododendron azaleoides, joli arbrisseau à fleurs odorantes d’un rose clair, est un hybride du R. ponticum ; de l’Asie mineure, avec une Azalée.

Les Rhododendrons sont presque tous très rustiques. Ils aiment une exposition, non pas ombragée, mais à l’abri d’un soleil ardent. La terre de bruyère leur convient très bien et l’humidité leur est indisspensable. On doit couper tous les drageons, surtout chez les variétés greffées.

Le nombre des espèces ornementales est si grand que nous nous bornerons à en citer quelques-unes, choisies parmi les plus intéressantes.

Le Grand Rosage (Rh. maximum), qui vit sur le bord des ruisseaux aux États-Unis, est un arbre de 7 à 8 mètres, à fleurs roses ponctuées de jaune à l’intérieur.

Le Rh. Chrysanthum, joli petit arbuste qui dépasse rarement 50 centimètres, se plaît loin des bois, dans les emplacements garnis de rochers et de mousse, sur les points élevés de la Sibérie. Il croît en touffe ou en petits buissons. Ses feuilles oblongues, rétrécies aux deux bouts, veinées, à bords un peu repliés, vertes au-dessus, pales ou roussâtres en dessous, sont dures et épaisses comme celles du Laurier-cerise.

Il donne des fleurs de couleur soufre, pédonculées, disposées par six à dix en cyme terminale. Son fruit est une capsule dont nous reproduisons également l’aspect. Ce Rhododendron commence à fleurir dès le début de Juillet, mais son éclat passe vite comme celui de toutes les fleurs de montagne.

Dans son pays d’origine, les habitants emploient ses feuilles pour guérir une foule de maladies. Ils en font une sorte de thé qui, mis en infusion forte, provoque une profonde ivresse. Le malade, anéanti, a une soif intense, boit une grande quantité d’eau froide et vomit, ce qui amène, sans doute, le soulagement qu’il éprouve dès le lendemain. Cette plante est en somme, légèrement toxique.

Le cerf la broute sans en être incommodé, tandis qu’elle est funeste à d’autres espèces sauvages.

Le Rhdodenndron arboreum , de l’Inde, est un arbre magnifique, pouvant atteindre cinq mètres, ses fleurs sont rosées ou rouge écarlate. Il présente de nombreuses variétés, qui, comme lui-même, exigent la serre froide sous le climat de Paris.

Le R. de Nuttall, arbre de 8 à 10 mètres, donne des fleurs carnpanulées peu nombreuses, mais très grandes et d’un blanc de lis ; le R. de Dalhousie, est une admirable espèce, épiphyte de l’Himalaya, à fleurs très grandes, blanches, campanulées et très odorantes.

F. FAIDEAU.

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Rhododendron chrysantum, fleurs

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Rhododendron chrysantum, fruits

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