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Les marguerites

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°459 — 12 septembre 1896

lundi 13 octobre 2014, par Denis Blaizot

Tout le monde connaît sous ce joli nom deux plantes appartenant à des genres voisins : la pâquerette ou petite marguerite (bellis perennis), qu’on trouve en fleur d’un bout de l’année à l’autre sur les pelouses et le long des chemins, et la grande marguerite (leucanthemum vlugare), qui s’épanouit de mai en août dans les prairies, mais qu’il n’est pas rare de rencontrer encore à la fin du mois d’octobre quand l’automne se montre clément.

Les enfants ont une affection toute particulière pour ces deux espèces dont ils font des couronnes et des bouquets. Elles ont entre elles une assez grande ressemblance au point de vue de la disposition florale. Elles appartiennent d’ailleurs à la même tribu, celle des radiées, qui comprend les plantes les plus ornementales de la famille des composées.

Si l’on demandait à une personne n’ayant que des notions très sommaires de botanique de détailler les différentes parties d’une fleur de pâquerette, elle ne manquerait pas de dire que les pièces vertes situées à la partie inférieure constituent le calice ; que les lanières blanches qui forment la partie la plus apparente de la fleur sont des pétales et que les multiples points jaunes du centre sont les étamines ; quant au pistil, elle le supposerait sans doute caché par les autres pièces florales.

On sait que cette description est absolument fantaisiste et que, en réalité, ce que l’on prend généralement pour une fleur unique est un capitule, c’est-à-dire tout une inflorescence, comprenant parfois plusieurs centaines de fleurs insérées sur un même réceptacle. Ces fleurs sont de deux formes et de deux couleurs : les grandes du pourtour, qu’on nomme ligules ou semi-fleurons sont irrégulières, leur corolle est rejetée d’un seul côté ; elles ont un ovaire surmonté d’un style et d’un stigmate bifide très apparent, mais elles sont dépourvues d’étamines ; les petites fleurs jaunes du centre ou fleurons sont régulières, gamopétales et munies de cinq étamines dont les anthères sont soudées entre elles en un tube au centre duquel passe le style.

Les fleurs extérieures de la grande marguerite sont d’un blanc absolument pur ; celles de la pâquerette sont souvent rosées et remarque intéressante, plus cet petite plante croît à une grande altitude, plus ses ligules sont d’un rose foncé. C’est une application de cette règle générale, énoncée par M. Gaston Bonnier que, pour une même espèce, la coloration’ des fleurs de même âge augmente en général avec l’altitude, à égalité de toutes les autres conditions.

La pâquerette, qui doit son, nom à ce qu’elle abonde sur. tout aux approches de Pâques, est douée de mouvements curieux ; ses capitules se tournent toujours du côté du soleil dont ils suivent le mouvement apparent ; de plus, le soir, au moment où le soleil baisse sur l’horizon, ils se ferment pour ne s’ouvrir que le lendemain matin ; les jours où, le ciel est couvert, ils ne s’épanouissent qu’à moitié et comme à contre-cœur.

Cette jolie petite plante, extrêmement répandue n’a reçu aucune application, on en fait cependant quelquefois des bordures dans les jardins. Ou la trouve en abondance. dans tous les marchés aux fleurs, dès les premiers jours du printemps. Rustique et très robuste, elle se prête admirablement à la culture des balcons et des fenêtres.

La grande marguerite est cueillie activement en mai et en juin aux environs de Paris par une foule de pauvres gens qui en font des bouquets dont la vente facile leur procure quelque argent. Ses capitules deviennent très large par la culture.

En dehors de ces deux espèces auxquelles on restreint habituellement le nom de marguerite, on range aussi parfois sous la même étiquette quelques plantes voisines de la tribu des radiées, ayant un cœur jaune et des rayons blancs ; telles sont, par exemple, les anthemies et les matricaires, très communes dans les moissons, mais leur capitule est beau· coup plus maigre que celui des deux plantes dont nous nous sommes d’abord occupé.

Il faut citer aussi à cause de leur nom, les reines-marguerites (aster sinensis) : ces superbes fleurs, dont la vogue va toujours en croissant, ont été introduites en France, en 1730, par le R. P. d’Incarville, missionnaire en Chine ; il en existe actuellement près de deux cents variétés.

Ferdinand Faideau

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