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Sainfoins

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°558 - (6 août 1898)

mardi 29 septembre 2009, par Denis Blaizot

On réunit sous ce nom un assez grand nombre de plantes appartenant à plusieurs genres botaniques voisins.

Le sainfoin proprement dit, ou Sainfoin cultivé (Onobrychis sativa), est une légumineuse très avantageuse dans les terrains secs et calcaires des régions tempérées. Il croît spontanément dans une grande partie de l’Europe, au midi du Caucase, autour de la mer Caspienne et même au delà du lac Baïkal. Sa culture est loin d’être ancienne ; diverses raisons font croire qu’on a commencé il s’en occuper pour la première fois dans le midi de la France vers le XVe siècle.

C’est une plante vivace à fleurs rouges, roses ou d’un blanc rosé, très visitées par les abeilles, qui font avec leur nectar un miel de qualité supérieure.

Le Sainfoin tête-de-coq (O. caput galli) diffère du précédent par son fruit couvert de longues épines. On le trouve il l’état sauvage en France, dans la région méditerranéenne. C’est cette plante que Dioscoride et Pline nomment Onobrychis, de deux mots grecs Signifiant âne et braire, sans doute parce que les ânes braient de plaisir’ à la vue de cet excellent fourrage. Le sainfoin tête-de-coq n’a jamais été cultivé.

Le Sainfoin de Crète (O. cretica), à fleurs roses, ne se trouve en France, à l’état sauvage, que Jans une seule localité, à Camoins, près Marseille.

Les plantes du genre Hedysarum (du grec hedys, doux et arôma, parfum ; allusion à l’odeur douce qu’exhalent certaines espèces) sont connues aussi sous le nom vulgaire de sainfoin.

Elles diffèrent des légumineuses du genre Onobrychis par leur gousse divisée par des cloisons en nombre égal à celui des graines, qui la transforment en un polyakène, exemple intéressant de la métamorphose d’un ovaire à une seule loge en un fruit multiloculaire.

Chez la plupart des Hedysarum, le mode de développement de l’embryon est aussi tout à fait spécial. Les deux cellules provenant de l’œuf par division évoluent de la même manière et contribuent toutes deux au même titre à former le corps de l’embryon. On sait, au contraire, que chez l’immense majorité des Phanérogames, l’embryon ne provient que de l’une des cellules de l’œuf, la deuxième cellule donnant le suspenseur.

Le Sainfoin d’Espagne ou Sulla (Hedysarum coronarium), qu’on nomme aussi Sain foin à bouquets, à cause de ses jolies grappes dressées de fleurs rouges, est une espèce à aire géographique limitée. Elle croît en Provence, en Italie, en Sardaigne, en Algérie et dans le midi de l’Espagne, Le marquis de Grimaldi l’a signalée le premier aux agriculteurs en 1766 ; elle est cultivée en Italie, à Malte et dans les Baléares, rarement en France. Gasparin la recommande avec raison pour l’Algérie. On emploie le sainfoin d’Espagne pour l’ornement des plates-bandes ; ses fleurs sont très odorantes. Le Sainfoin obscur (H. obscurum), aux fleurs violacées ou blanches, se rencontre dans les Alpes et les Pyrénées, entre 1500 et 2500 mètres. On l’utilise pour orner les rochers.

Il convient de signaler aussi l’Hedysarum Alhagi, arbuste rabougri et épineux, abondant dans l’Inde, en Egypte, en Perse, en Arabie. Il exsude à la surface des feuilles et des rameaux une substance gommeuse et sucrée, dans laquelle certains ont voulu reconnaître la manne des Hébreux. Quoi qu’il en soit, elle est aliimentaire et sert en Perse pour sucrer les pâtisseries ; elle présente le léger inconvénient d’être faiblement purgative à la dose d’environ 100 grammes.

L’Hedysarum à grandes fleurs (H. grandiflorum) est une très belle espèce, à feuilles pennées, soyeuses, comme argentées en dessous, et à grandes fleurs disposées en épis sur des hampes nues, radicales. Ces fleurs, d’abord d’un blanc de lait, quelquefois nuancées dr rouge, deviennent ensuite jaunâtres. L’Hedysarum fructicosum, originaire de Sibérie, comme le précédent, est un arbuste à fleurs purpurines disposées en grappes peu garnies, moins longues que les feuilles.

Sous le nom de Sainfoin oscillant du Bengale, on désigne le Desmodium girans (ancien Hedysarum girans), plante bisannuelle pouvant atteindre un mètre. On la cultive en serre chaude, non pour la beauté de ses fleurs petites bleuâtres, mais à cause des mouvements curieux de ses feuilles à trois folioles inégales : celle du milieu très grande, les deux latérales, cinq à six fois plus petites. Les folioles latérales, durant toute la journée, s’élèvent, puis s’abaissent alternativement comme si elles terminaient un balancier oscillant posé sur le pétiole. Le mouvement s’accélère avec la chaleur croissante et l’intensité de la lumière. Il cesse la nuit et lorsque la température tombe au-dessous de 22°. Ces oscillations semblent dues à un gonflement et à un dégonflement alternatifs des renflements moteurs formés à la base des pétioles secondaires. Les variations de turgescence sont dues à un approvisionnement intermittent en liquide peu à peu consommé par la foliole correspondante.

F. FAIDEAU. Hedysarum grandiflorum

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