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Tamarins

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°556 - (23 juillet 1898)

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 27 septembre 2009

La famille des tamariscinées ne comprend que quarante espèces, réparties dans les régions tempérées et chaudes de l’hémisphère boréal et de l’Afrique australe, surtout au bord de la mer. On les range dans cinq genres dont le plus important est le genre tamarix.

Les Tamarins ou Tamaris sont des arbustes à très petites feuilles écailleuses, alternes, d’un vert bleuâtre. Leurs branches flexibles se couronnent en mai de panicules allongées de petites fleurs roses du plus charmant effet.

Les fleurs sont régulières, pentamères en général. La corolle est dialypétale ; l’androcée comprend cinq ou dix étamines, à anthères extrorses, à quatre sacs s’ouvrant par des fentes longitudinales. Le pistil est formé de trois à cinq carpelles ouverts, soudés en un ovaire libre uniloculaire, lequel est surmonté de deux à trois styles. Le fruit est une capsule loculicide. Chaque graine, munie au sommet d’une aigrette de poils, renferme un embryon droit sans albumen.

Les tamarins aiment les rivages maritimes. Ils sont adaptés à la salure du sol et de l’air, et les tempêtes les plus terribles courbent leurs branches flexibles sans parvenir à les renverser, ni à les casser. Ils présentent d’énormes souches d’un bois très dur qui, dans l’âtre, brûle lentement en dégageant beaucoup de chaleur.

Leurs jolies fleurs roses, légèrement odorantes, égaient au printemps le bord des plages et le sommet des falaises. De nombreux insectes les visitent, car elles possèdent, à la base du pistil, un nectaire en forme de coupe à bords festonnés dont le produit sucré excite leur convoitise. En août et septembre, quand la saison est belle, il se produit parfois une deuxième floraison, moins abondante que la première.

Ces élégants arbustes sont très recherchés pour l’ornement des parcs et des jardins. Leur culture est aisée ; ils viennent dans tous les sols un peu humides ; ils supportent bien la taille et on peut leur donner les formes les plus diverses, mais il est préférable de les laisser croître en liberté. On les multiplie facilement de boutures.

Le Tamarin de France (Tamarix gallica) est un arbrisseau de cinq à six mètres. Quand il est très vieux, il atteint parfois dix mètres avec un tronc de vingt à trente centimètres de diamètre. Il abonde sur tout le littoral et dans le bassin du Rhône. Le Tamarin d’Angleterre (T. anglica) ne s’en distingue que par ses rameaux dressés et la courbure de ses étamines.

Le Tamarin d’Afrique (T. africa), ornement des rivages méditerranéens, a, des fleurs plus grandes, rosées, groupées en épis sessiles.

Le Tamarin de l’Inde (T. indica) ne résiste pas aux hivers rigoureux. C’est un bel arbuste au feuillage vert sombre, aux fleurs d’un rouge vif. Le nom même du Tamarix dioica indique la particularité que présentent ses fleurs.

Le Tamarin à quatre étamines (T. tetrandra) ; originaire d’Orient, se distingue des précédentes espèces par ses feuilles transparentes à leur sommet et par ses épis très allongés.

Le Tamarin de Germanie (T. germanica), dont nous donnons une excellente gravure, diffère suffisamment des formes énumérées ci-dessus pour qu’on ait cru devoir en faire un genre spécial, le genre Myricaria (de myrike, nom grec du tamarix). Les caractères spéciaux de ce genre sont les suivants : l’androcée comprend deux verticillles alternes d’étamines soudées en un tube, et les anthères sont introrses.

Le Myricaire d’Allernagne croît dans les Alpes, les Pyrénées et dans les vallées du Rhin, du Rhône et de l’Ariège. C’est un arbrisseau de deux il trois mètres qui aime les localités souvent inondées, à terrain sablonneux, Les feuilles sont linéaires, lancéolées, persistantes ; ses fleurs violacées sont groupées en épis terminaux.

En dehors .de leur rôle ornemental, les tamarins ont peu d’applications. Leurs branches avaient, dans l’antiquité et au moyen âge, une grande réputation comme baguettes divinatoires, honneur qu’elles partageaient, d’ailleurs sans plus de fondements, avec celles du coudrier.

Les feuilles du T. germanica sont astringentes et servent, en Danemark et en Russie, à préparer une infusion qui guérit une foule de maladies.

Le T. mannifera, le turfah des Arabes du désert, qui croît dans tout l’Orient, laisse exsuder de ses branches, sous l’action de la piqûre d’un insecte, le Coccus manniparus, des gouttelettes d’une substance visqueuse, d’un jaune pâle un peu transparent, qui constitue la manne. Cette manne, qui est probablement celle dont parle la Bible,a un goût excellent, comparable à la saveur du meilleur miel. Elle contient un principe sucré, la mannite, que l’on rencontre abondamment dans les tissus de tous les tamarins, de l’érable, du frêne, de l’olivier, du céleri, du chiendent, etc. C’est une matière très soluble dans l’eau, cristallisant en prismes rhomboïdaux droits, très fins, d’un éclat soyeux. Sa solution dévie à gauche le plan de polarisation, et elle ne réduit pas le tartrate cupro-potassique.

De nombreux insectes s’attaquent aux différentes espèces de tamarins, sur lesquels ils produisent des galles. On observe de ces excroissances sur le T. gallica (chenille du Gelechia sinaica), le T. articulata (chenille d’un Grapholita), le T. orientalis et le T. jordanis (petits hyménoptores encore indéterminés). Ces galles ont été autrefois employées en médecine comme succédanés des noix de galles.

F. FAIDEAU

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