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Gentianes

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°524 — décembre 1897

lundi 31 août 2009, par gloubik

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Nicandre, qui vivait au second siècle de notre ère, recommande, dans ses Thériaques, comme une merveilleuse panacée, la racine de Chironia. « Ce qu’il faut prendre d’abord, dit-il, c’est la racine salutaire de Chironia, ainsi nommée pat’ce que le centaure Chironia trouva sur le col neigeux du Pélion. La tige est entourée de feuilles semblables à celles de l’Amamcos ; sa fleur est jaune d’or, sa racine n’est pas très profonde. » La plante dont il s’agit ici, la Chironia des Grecs, n’est autre que la grande Gentiane à fleurs jaunes (Gentiana lutea) qui habite les régions alpestres. Comme on le voit, sa racine a été de tout temps d’un grand usage en médecine. Toutes les plantes de la famille des gentianées contiennent, en effet, un principe amer, la gentianine, tonique et fébrifuge, très développé,. en particulier, dans les racines des gentianes et dans celles de l’Erythrée petite centaurée.

La gentiane est un tonique parfait, non excitant comme la camomille : de plus, avant l’introduction du quinquina en Europe, son emploi comme fébrifuge était général. Le quinquina est, sans doute, plus actif, mais il n’en est pas moins vrai que la gentiane guérit parfaitement encore les fièvres paludéennes. Le vin de gentiane, préparé en faisant macérer 30 grammes de racine coupée dans 500 grammes de vin, et pris par petits verres avant le repas, est très efficace contre la dyspepsie.

La gentiane était très employée autrefois contre la goutte. Elle l’est encore aujourd’hui d’ailleurs, puisqu’elle entre dans la composition de la poudre de pistoia, fameux remède secret qui se prépare dans un couvent d’Italie et que connaissent, au moins de nom, tous les goutteux. Comme il entre en France, chaque année, des quantités considérables de cette poudre, la douane, curieuse par devoir, voulut savoir si elle ne contenait pas de substances soumises aux droits et elle la fil analyser ,il y a six ans, par différents chimistes. Les résultats trouvés furent concordants ; ils montrèrent que, sur 100 grammes du remède, il y avait 20 grammes de bulbe de colchique, 10 de racine de bryone, 50 de bétoine, 10 de racine de gentiane et de camomille.

Les gentianes sont, pour la plupart, des plantes de montagnes ; beaucoup ont de très belles fleurs vivement colorées. Leurs feuilles sont simples, opposées, sans stipules, à limbe entier, Les fleurs régulières sont, le plus souvent, pentamères ; cependant quellques-unes sont à quatre divisions, d’autres à six.

Les Sépales sont libres ou à peine concrescents ; les pétales sont, au contraire, toujours soudés et persistent après la floraison. Les étamines, au nombre de cinq, en général, sont insérées sur la corolle. Le pistil comprend deux carpelles médians formant un ovaire libre il deux loges, surmonté d’un style unique se terminant en deux stigmates. Le fruit est une capsule à deux loges.

Les gentianes sont répandues dans le monde entier.

Quelques espèces vivent dans les plaines et les marécages ; la plupart, sur les montagnes. Elles abondent dans les Alpes, le Jura, les Pyrénées, dans les montagnes de la Sibérie ; on en trouve dans l’Himalaya et dans les Indes tropicales jusqu’à 5 000 mètres d’altitude. En France, on en compte environ 16 espèces. La Gentiane croisette (G. cruciata) est la plus commune ; on cueille ses fleurs bleues de juillet en août, dans les bois et les pâturages des environs de Paris.

La Gentiane jaune ou Grande Gentiane, employée surtout en médecine, atteint souvent plus de un mètre et demi de hauteur. Elle est précieuse pour orner les pelouses et les jardins paysagers ; il lui faut une terre substantielle, profonde, mais poreuse et un peu fraîche. On l’obtient toujours de semis, mais sa germination, extrèmement lente, ne se produit qu’au bout de deux ou trois ans.

La Gentiane ponctuée (G. Punctata), qui croit jusqu’à 2 500 mètres dans les Alpes, est une gracieuse espèce dont notre gravure reproduit l’aspect ; ses tiges, très droites, se terminent par trois ou quatre grandes fleurs jaunes, ponctuées de taches brunes. Il en existe, en Sibérie, une variété il corolle blanche, ponctuée de bleu.

La Gentiane acaule (G. acaulis), des Alpes et du Jura, est une jolie espèce, donnant en juillet de grandes fleurs bleues campanulées, solitaires au sommet de pédoncules de 4 à 6 centimètres. On l’utilise dans les jardins comme bordure ou pour l’ornement des lieux rocailleux. Il en est de même d’une autre plante alpestre, la Gentiane à feuilles d’Asclépiade (G. Assclepiadea).

Remarquons, en terminant, qu’aucune gentiane de nos climats n’a de fleurs odorantes et que, de plus, les corolles de ces plantes ne sont pas héliotropiques ; la lumière n’exerce aucune action de direction sur elles.

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