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Cynoglosses

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°543 - (23 avril 1898)

Mis en ligne par Denis Blaizot le vendredi 11 septembre 2009

Les cynoglosses doivent leur nom à leurs feuilles, qui affectent plus ou moins la forme d’une langue de chien. La famille des borraginées, à laquelle appartiennent les cynoglosses, renferme un certain nombre d’autres plantes qui ont été désignées à l’aide d’une particularité analogue ; il suffira de rappeler les myosotis (oreille de rat), les buglosses (langue de bœuf), les lycopsis (face de loup), les vipérines dont les graines ressemblent de fort loin à une tête de vipère, etc.

Les cynoglosses sont des borraginées à fleurs régulières. Le tube de leur corolle est presque fermé par cinq lobes intérieurs ; leur fruit, qui consiste en un tétrakène, comme chez toutes les plantes d13 la famille, est souvent couvert d’aiguillons rudes.

Ce sont des herbes dont les fleurs changent souvent de couleur en vieillissant.
Rose au moment de l’épanouissement, leur corolle bleuit plus tard, puis devient violette peu de temps avant sa chute. Nous avons déjà signalé les mêmes changements de nuances chez plusieurs myosotis. On les retrouve, plus accentués encore, chez les Pulmonaires et quelques autres Borraginées.

Le Cynoglosse 0fficinal (Cynoglossum officinale) est l’espèce la plus commune en France ; encore n’y abonde-t-elle pas comme les myosotis, les pulmonaires et les vipérines. On la trouve dans toutes les terres incultes, sauf dans la région méditerranéenne.

C’est une plante annuelle ou bisannuelle qui dépasse rarement un mètre de hauteur. Ses feuilles sont recouvertes de poils sur les deux faces, ainsi que son calice. Les fleurs, qui s’épanouissent de mai à juillet, sont d’un rouge vineux ou violacé. Les tiges souterraines et les racines Je celle plante entrent Jans la composition des fameuses pilules de cynoglosse, qui doivent leurs propriétés calmantes à l’opium qu’elles renferment. Le cynoglosse n ’y figure souvent que sur l’étiquette ; son pavillon couvre la marchandise et la fait accepter de certains malades qui ont un préjugé indéracinable contre l’opium.

Le Cynoglosse des montagnes (C. montanum), qu’on trouve dans les bois des envions de Paris, dans la Côte-d’Or et dans le nord-ouest de la France où il est très rare, a des feuilles presque glabres et des fleurs bleues ou violacées.

Le Cynoglosse rayé (C. pictum), aime le bord des routes, où l’on aperçoit çà et là ses jolies fleurs roses qui tournent bien vite au bleu pâle ou au blanc veiné.

Le Cynoglosse à feuille de giroflée (C. cheirifolium), assez abondant en France dans la région méditerranéenne, est une petite espèce annuelle qui s’épanouit en mai-juin.

On peut encore citer le Cynoglosse de Dioscoride, assez commun dans les Alpes de la Savoie et du Dauphiné : le Cynoglosse à deux couleurs (C. bicolor), qui présente une curieuse concrescence des pédicelles secondaires des fleurs avec les pédicelles primaires ; le Cynoglosse laineux (C. lanatum), commun dans tout le Levant, qui doit son nom aux longs poils blanchâtres qui couvrent son calice.

Les cynoglosses proprement dits ne sont pas employés pour l’ornementation des jardins, mais on utilise, pour bordures et corbeilles, un genre très voisin, le genre Omphalodes, qui en a été détaché. Il possède de jolies fleurs d’un bleu intense, disposées en grappes lâches terminales, très élégantes.

Le Cynoglossum lævigatum ; que nous reproduisons, est une espèce curieuse à plus d’un litre, qui fleurit de janvier en mars en un grand nombre de localités de la Russie et de la Sibérie où elle abonde comme si on l’eût semée. Les paysans en font cuire les feuilles et les mangent comme nous faisons des épinards et de l’oseille. C’est, paraît-il, un mets agréable et salubre.

Les feuilles radicales de cette plante sont ovales, lancéolées, s’atténuant à la base en un long pétiole. Elles sont molles, glabres, et parsemées de glandes minuscules. La tige, haute de 3 à 4 décimètres, est très droite, striée, munie de feuilles alternes, sessiles, lancéolées.

Les fleurs, situées à l’extrémité du rameau, ont un calice pentamère (a, b), à Sépales persistants couverts de poils. La corolle (a, c) est blanche, gamopétale à cinq dents. Les anthères (e, d) sont soudées à la corolle ; l’ovaire (b, c) est hémisphérique, situé au fond du calice et surmonté d’un style filiforme, plus long que la corolle.

Le fruit de cette espèce est lisse (f, s. h, i), ce qui la distingue de la plupart des autres cynoglosses caractérisés par leurs fruits couverts d’aiguillons.

F. FAIDEAU