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Bouturage facile de plantes d’appartement

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°282 - 22 Avril 1893

Mis en ligne par Denis Blaizot le lundi 3 novembre 2014

Lorsque l’horticulteur veut, conserver, avec tous ses caractères, une variété obtenue, il la multiplie par greffe, marcottage ou bouturage.

La première de ces opérations repose sur la propriété que possèdent les bourgeons de modifier la sève qui leur est fournie par une racine étrangère ; les deux autres utilisent la formation des racines adventives qui se produisent toujours au contact d’une tige avec le sol humide ou autour d’une plaie faite à une partie quelconque d’un végétal et maintenue dans un milieu chaud et humide.

Certaines plantes fournissent des boutures dont le développement semble tenir du miracle, tels les saules. Il suffit d’en couper une grosse branche, de la tailler en pointe et de l’enfoncer à coups de marteau, comme un pieu, dans le sol humide ; au bout de peu de temps, elle s’enracine et porte des feuilles. La vigne, le rosier, le fusain du Japon, le platane, etc. ; se bouturent aussi très aisément.

Les pélargoniums, vulgairement appelés géraniums, vivent d’ordinaire quatre ou cinq ans et deviennent fort beaux, mais il est bon de revivifier de temps en temps, par des boutures, les variétés qu’on en possède.

Pour cela, au printemps ou à la fin de l’été, on sectionne nettement un rameau au-dessous de la naissance d’une feuille. S’il est assez long on le coupe en deux ; la partie supérieure ou bouture de tête, munie d’un bourgeon terminal, donnera une plante droite, élevée, peu ramifiée ; la partie inférieure ou bouture tronquée, se ramifiera, au contraire, dès le début et donnera un pélargonium touffu et peu élevé.

Avec un canif, on en taille légèrement les surfaces de section ; les plaies ainsi formées augmentent le nombre des racines. Les boutures sont alors enfoncées de 0,03m à 0,04m dans la terre d’un pot dont le fond est garni de tessons jusqu’au tiers de sa hauteur. Si le pot est assez large, il est bon de planter les boutures près des parois, elles émettent alors des racines plus rapidement.

La plantation faite, on arrose abondamment, et l’on recouvre d’une cloche de façon à empêcher complètement l’accès de l’air pendant les premiers jours. On maintient toujours la terre humide, on enlève les feuilles qui commencent à pourrir, et l’on évite avec un soin égal l’obscurité et les rayons directs du soleil.

Si l’on fait la bouture à l’air libre, il importe d’enlever une partie des ’feuilles du rameau, de façon à diminuer l’évaporation.

Pour bouturer le laurier-rose, beaucoup de personnes croient qu’il est nécessaire de plonger l’extrémité de la bouture dans une bouteille pleine d’eau. Par ce procédé, on voit en effet se former très rapidement des racines adventives (fig. 1), mais l’inconvénient, c’est qu’il faut ensuite replanter les boutures dans la terre. Il est donc préférable de les y placer tout de suite ’et tout n’en marchera que mieux.

Les rameaux munis de feuilles et de bourgeons ne sont pas les seules parties des plantes que l’on puisse bouturer ; des fragments de racines placés dans des conditions favorables de chaleur et d’humidité, émettent des bourgeons et peuvent produire une nouvelle plante ; cette méthode, très longue, n’est appliquée qu’à certaines plantes rares.

Une feuille isolée ou même un pétiole peuvent être bouturés et donner naissance à plusieurs plantes. On peut couper, par exemple, une feuille de paulownia en vingt parties et chacune d’elles, enfoncée dans le sol, y formera des racines adventives et un bourgeon.

Nous indiquerons, pour terminer, un mode curieux de multiplication qu’on peut appliquer aux bégonias à grandes feuilles (begonia rex).

On détache une feuille, on en sectionne les nervures, comme l’indique la gravure (fig. 2), et on la pose à plat sur de la terre humide. Si la température de l’appartement dans lequel on fait l’opération est suffisamment élevée, on voit se produire rapidement des racines adventives au-dessous de la feuille, et près des incisions se développent des bourgeons qui donnent bientôt chacun une petite plante. Quand chacune de ces petites plantes est bien enracinée, on l’enlève pour la rempoter séparément.

Voilà un procédé qui sera fort apprécié par les nombreux admirateurs de ces belles plantes dont le feuillage coloré est si décoratif.

Ferdinand Faideau