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Les vases à crocus

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée n° 269 — 21 janvier 1893

Mis en ligne par Lauryn le dimanche 12 octobre 2014

Récréations botaniques

La culture des plantes en appartement donne presque toujours des résultats peu avantageux. Les malheureuses plantes ainsi élevées sont généralement mal arrosées : ou bien on les noie, ou bien on les laisse mourir de soif. Elles reçoivent peu de lumière, et en revanche beaucoup de poussière, ce qui est loin de faire compensation. Aussi les voit-on bientôt périr, à de rares exceptions près, comme l’aspidistra, le kentia, le palmier nain.

Mais les plantes bulbeuses ne sont heureusement pas dans ce cas : elles constituent une ressource merveilleuse pour la décoration des appartements ; elles y viennent très bien, y poussent des feuilles, des fleurs et ne demandent que peu de soins. Ce manque d’exigences de leur part tient à ce que leur bulbe renferme tout ce qui est nécessaire à leur développement.

Aussi est-ce un des charmes de l’hiver, de posséder chez soi quelques-unes de ces plantes gracieuses, dont on suit chaque jour les progrès, dont les fleurs aux couleurs brillantes sont une joie pour la vue, et les parfums pénétrants un régal pour l’odorat.

Ces bulbes peuvent être plantes, dès le commencement de l’automne, dans des vases ordinaires, percés d’un trou et contenant de la terre ; mais - et c’est là leur triomphe - ils se développent très bien dans l’eau et dans la mousse hachée, convenablement arrosée.

Les horticulteurs vendent depuis quelque temps, pour la végétation des plantes bulbeuses en groupe, des vases de terre cuite ou de faïence d’une forme spéciale.

Ils présentent une partie sphérique percée d’un certain nombre de trous - généralement douze disposés symétriquement sur deux rangées ; en haut est une ouverture beaucoup plus large ; à la partie inférieure un autre orifice est destiné à l’écoulement de l’eau. Il est nécessaire de placer ces vases sur une assiette ou sur un plateau, pour que l’eau qui s’écoule n’abîme pas le meuble.

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On hache de la mousse fraîche, qu’on achète ou qu’on va chercher soi-même si l’on est amateur des longues promenades dans les bois, et on en remplit le fond du vase. Sur ce premier lit, on dispose six bulbes de crocus de Hollande (crocus vernus) de telle façon que leur bourgeon ou la pointe de leur tige, souvent développée, sorte par les six trous inférieurs ; et on les maintient fortement avec de la mousse. Au-dessus, six autres bulbes sont placées en face des autres ouvertures ; on recouvre de nouveau de mousse hachée ; puis au sommet on place un oignon de jonquille (narcissus jonquilla). On ajoute encore un peu de mousse pour cacher l’oignon, en laissant passer seulement l’extrémité du bourgeon.

Le vase doit alors être placé près de la lumière, dans une salle dont la température n’est pas trop l’élevée. On l’arrose légèrement, environ tous les deux jours. Si la chaleur était trop grande, les feuilles pousseraient avant les racines et la végétation se ferait mal.

Ce n’est qu’après le développement des premières feuilles, dans les conditions que nous venons d’indiquer, qu’on peut placer le vase sur le meuble qu’il est destiné à orner. Encore serait-il bon, s’il survient quelque belle journée, de l’exposer sur une fenêtre à la pleine lumière tant que durent les heures de soleil.

Deux mois environ après la plantation, les crocus lancent par les orifices du vase quelques feuilles minces comme des aiguilles, et le tube de leurs fleurs terminé par une élégante corolle violette, jaune ou blanche, tandis que la jonquille s’élève superbe, couronnant ce charmant édifice dont l’aspect gracieux est reproduit par notre gravure.

On peut varier d’ailleurs la décoration fournie par ces groupes de bulbeuses. Par exemple, les suspendre au long d’un mur. À cet effet, certains de ces vases font corps avec une main de terre cuite placée au-dessous et dont le poignet porte un crochet. Le creux de la main forme une sorte de petit vase suffisant pour retenir l’eau en excès.

On pourra remplacer les crocus par des tulipes, et la jonquille par le narcisse blanc (narcissus pœticus) ou jaune (N. pseudo-narcissus).

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