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Campanules d’ornement

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°544 - mai 1898

Mis en ligne par Denis Blaizot le vendredi 11 septembre 2009

Il est des corolles plus richement ornées que celle des Campanules, aucune n’est plus élégante. Leur succès dans les parterres est amplement justifié par la longueur de leur floraison, l’abondance et la variété de leurs fleurs. De toutes les Campanules ornementales, la plus répandue est la Campanule carillon (C. medium), indigène en France, dans la plaine méditerranéenne et dans la région du sud-est.

Cultivée depuis longtemps, cette belle plante aux fleurs énormes a donné un grand nombre de races à corolle simple ou double, à fleurs blanches ou roses, violettes ou bleues, parfois d’une jolie teinte lilas ; tantôt de nuance uniforme, tantôt pointillées, striées, rayées de mille façons.

C’est une plante bisannuelle, poilue, hérissée, à tige rameuse, d’environ 60 centimètres de hauteur. Les feuilles radicales sont longuement pétiolées, celles du haut sont embrassantes.

Vertes d’abord au moment de l’épanouissement, les corolles prennent au bout de quelques jours à la lumière leur nuance définitive, qui se fonce de plus en plus. Ces, grandes fleurs, largement ouvertes, semblent d’un accès facile aux insectes, mais les parois internes des pétales portent de nombreux poils très délicats formant par leur ensemble une fine toile analogue à celle d’une araignée. Le but de cette disposition est, peut-être, de gêner dans leurs mouvements les abeilles et les bourdons, au cours des fréquentes visites qu’ils font à ces fleurs, et de les forcer ainsi à se barbouiller de pollen, qu’ils poseront sur le stigmate de la prochaine fleur visitée. La nature semble avoir eu pour but, à l’aide d’une foule d’artifices, d’assurer la fécondation croisée dans le plus grand nombre possible de plantes.

L’extérieur du calice est couvert d’un liquide visqueux, sucré, dont les abeilles sont très friandes. li n’y a pas de nectaires proprement dits.

La Campanule-carillon est l’ornement des plates-bandes, des massifs et des corbeilles. Elle fait, en mai, la gloire des balcons et des fenêtres de maintes habitations parisiennes.

La Campanule verticillée (C. verticillata), que reproduit notre gravure, est bien la plus singulière des Campanules. Originaire de l’Asie centrale, elle est extrêmement remarquable par la singulière disposition de ses feuilles et de ses fleurs ; les autres espèces ayant toutes une organisation différente dans ces parties.

Sa racine, qui est vivace, pousse plusieurs tiges droites, simples, hautes de 50 centimètres environ. Les feuilles . sont glabres, lancéolées, dentées en scie, et disposées par verticilles de cinq à six. Les verticilles supérieurs sont imparfaits, les points d’insertion des feuilles n’étant pas exactement en anneau.

Les fleurs sont bleues, pendantes, portées par de courts pédoncules, et disposées, comme les feuilles, en verticilles plus ou moins parfaits ou réguliers.

La Campanule de Sibérie (C. sibirica), également très appréciée pour garnir les plates-bandes, est une plante bisannuelle il fleurs pendantes roses, violettes ou gris de lin.

Le fruit est une capsule s’ouvrant au sommet. Une remarque intéressante il ce sujet. Toutes les espèces de Campanules à fleurs dressées ont pour fruits dus capsules s’ouvrant au sommet, chez les espèces il fleurs pendantes, la capsule s’ouvre à la base ; cette disposition curieuse a pour but de favoriser la dissémination des graines.

Si, dans les fruits dressés, la déhiscence avait lieu par le bas, toutes les petites graines tomberaient en une seule fois au pied de la plante et seraient, par suite, dans des conditions très défavorables. Les fentes se produisant au sommet, les graines ne tombent que quand le vent balance les tiges ; elles sont disséminées sur un plus grand espace.

La disposition inverse, que l’on observe chez les fruits pendants, a précisément pour but d’arriver au même résultat.

La Campanule pyramidale ou, simplement, Pyramide est une charmante espèce, trop connue pour que nous en parlions plus longuement [1] .

La Campanule turbinée (C. turbinata) est une plante très rustique dont la corolle, en forme de toupie, varie du lilas pâle au violet foncé.

La Campanule de Vidal (C. Vidalii) est une espèce de serre, originaire des Açores. Elle forme une touffe arrondie, de 60 centimètres de hauteur, à fleurs campanulées, contractées vers leur milieu, blanchâtres, pendantes, en grappes simples. On CIL a obtenu récemment une variété très décorative, il hampes florales ramifiées en candélabres et garnies de fleurs d’un blanc pur.

La Campanule cespiteuse,des Alpes, est une plante de 10 à 15 centimètres, qui donne en juin-juillet des fleurs minuscules bleues ou blanches.

La Campanule des Carpathes (C. carpathica), par laquelle nous terminerons cette énumération, est originaire de Transylvanie. C’est une jolie petite plante basse et touffue, à floraison de longue durée ; elle est très employée pour orner les lieux rocailleux.
F. FAlDEAU.


[1Voir Science Illustrée, t. XIII, p. 16.