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Les intruments de musique que l’on peut faire soi-même

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°333 - 14 Avril 1894

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 2 novembre 2014


Les personnes qui habitent la campagne savent, pour amuser les enfants, confectionner une foule d’instruments plus ou moins musicaux en employant des matériaux tout à fait primitifs, comme l’écorce ou les jeunes pousses des arbres, les noyaux de certains fruits.

Il est difficile, à l’aide de ces instruments, de jouer des airs bien compliqués ; mais, tels qu’ils sont, ils peuvent procurer quelques instants de distraction, et nos jeunes écoliers des villes peu experts en ces matières, nous sauront gré, — nous l’espérons du moins, — de leur indiquer quelques-uns des procédés employés par les petits paysans.

Voici d’abord quelques instruments, exécutés à l’aide du chaume de Graminées, qu’il est difficile de ranger dans une catégorie bien déterminée. On coupe une tige verte de blé ou d’orge au-delà d’un nœud pour avoir une extrémité fermée, l’autre bout du tube étant libre. En faisant une incision longitudinale et en soufflant par l’extrémité libre, on obtient un son strident, imitant, à s’y méprendre , le bruit de certains insectes.

Au lieu de faire une incision longitudinale dans le chaume, on peut y entailler une languette dont la partie vibrante doit être vers le bout libre du tube. En portant à la bouche l’extrémité fermée et en soufflant on obtient un son nasillard qu’on peut modifier en enfonçant plus ou moins le tube dans la bouche, ce qui fait vibrer une portion plus ou moins grande de la languette (fig. 1).

En attachant, les uns à côté des autres, plusieurs roseaux fermés par un nœud à leur partie inférieure, ouverts à l’autre extrémité, et dont les longueurs ont été soigneusement calculées, on obtient une sorte de flûte de Pan sur laquelle on pourra jouer de petits airs.

Si l’on désire un mirliton, rien n’est plus facile. Il suffit d’entailler une partie de la paroi d’un roseau en ne laissant que la légère membrane qui en tapisse l’intérieur ; on n’a plus ensuite qu’à chanter en nasillant par le bout ouvert du tube.

Passons maintenant au sifflet ; les procédés ne manquent pas pour confectionner cet instrument si simple. Tout le monde cannait celui qui consiste à détacher, d’une jeune tige de saule ou de lilas en sève, une rondelle d’écorce assez longue qu’on taille en biseau à son extrémité et dans laquelle on pratique sur une même ligne deux ou trois petites ouvertures circulaires. On replace. l’écorce ainsi travaillée sur la tige coupée en biseau et légèrement entaillée à sa partie supérieure ; en soufflant par l’entaille, on produit des sons très aigus (fig. 2).

Un sifflet encore. très employé est celui qu’on peut fabriquer à l’aide d’un noyau de pêche ou d’abricot. On perce un trou au milieu de chacune des faces et, avec la pointe d’un canif, on enlève peu à peu toute l’amande. En portant à la bouche le noyau ainsi préparé et en soufflant avec force dans l’une des ouvertures, on produit des sons d’une violence extrême qui peuvent être entendus à une grande distance (fig. 3).

Mais l’idéal du genre est la confection d’un hautbois. On coupe une branche de saule-ou de hêtre d’environ 0,03m de diamètre et de 1 mètre de longueur, et l’on entaille son écorce de façon à la détacher en une longue bande spirale qu’on enroule sur elle-même et qu’on fixe avec des épines ; on en forme ainsi un cornet. D’un autre côté, on détache un tube d’écorce — comme on l’a déjà pratiqué pour fabriquer un sifflet ; — on en amincit les bords qu’on aplatit de façon à les rapprocher l’un de l’autre. On introduit alors l’extrémité non travaillée de ce tube dans le petit bout du chalumeau (fig. 4). En pratiquant des trous de distance en distance sur le cornet, on peut modifier quelque peu les. sons énergiques qu’on tire de cet instrument.

Ferdinand Faideau

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