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Les galets coloriés du Mas-d’Azil : Caractères pictographiques

Ferdinand Faideau, La Science Illustrée N°491 - 24 Avril 1897

samedi 24 septembre 2011, par Denis Blaizot

Les caractères pictographiques figurés du Mas-d’Azil sont peu nombreux. On peut y faire entrer les lignes serpentantes dont nous parlions dans le précédent article, les signes scaliformes, les arbres, l’œil, la Ligne brisée, etc.

Ces caractères, de forme conventionnelle, exprimaient, sans doute, des mots ; peut-être même quelques-uns d’entre eux exprimaient-ils une phrase entière.

Quelques galets présentent des peintures qui paraissent être des signes graphiques dérivés de caractères pictographiques représentant des arbres ou des échelles dont chaque" traverse est un échelon placé sur un montant unique médian (fig. -1), mais il n’est pas du tout certain qu’il en soit ainsi. Il y avait déjà des signes semblables à l’époque du renne, tels sont ceux des figures 2 et 3 qui sont gravés sur doux bois de : renne : provenant de la caverne de Lorthet.

Certains autres coloriages presque informes semblent des figurations d’objets ayant un tronc, des branches et des racines, Il y a loin de ces productions grossières aux gravures de l’époque du renne. Les hommes de cette époque restaient artistes, même quand leurs œuvres n’étaient pas des imitations directes. La figure représente un arbre gravé sur un fragment de ramure de renne trouvé dans les couches inférieures du Mas-d’Azil. Ce n’est pas un portrait, c’est un arbre en général, abstraction faite des caractères de l’espèce et bien probablement une figure de convention, peut-être même un symbole.

Il ne serait pas étonnant, en effet, que l’arbre ait été vénéré à l’âge du renne. Le manteau de glace qui avait couvert l’Europe septentrionale pendant la période moustérienne subsistait encore en partie ; les forêts étaient rares, les arbres rabougris ; on avait peine alors à se procurer du bois autour des grottes et l’on entretenait le feu avec des résidus de chair. On comprend qu’en de pareilles circonstances les arbres, dont le bois pouvait seul préserver du froid, soient devenus l’objet d’un culte.

Sur certains galets est colorié un œil humain très reconnaissable (fig, 5). On sait que dans l’écriture égyptienne, c’était à la fois un signe syllabique et un signe déterminatif qui avait pour sens, vue, sommeil, rêve. La figure 6 semble représenter l’œil d’un animal.

L’un des coloriages, non reproduit ici, représente un harpon du type employé à l’époque du renne ; les hommes de la fin de cette époque ont, d’ailleurs, aussi gravé cette arme. Deux autres ressemblent plus ou moins exactement aux Typha qui croissent au bord des étangs et dont les fruits sont disposés au sommet en un long cylindre velouté qui leur a fait donner les noms populaires de Massettes ou Cannes-de-bedeau. La ligne brisée a été peinte aussi sur plusieurs cailloux roulés l(fig. 7). Dans l’écriture égyptienne une seule ligne brisée équivaut à la consonne n ; trois lignes brisées placées horizontalement les unes au-dessus des autres sont un signe déterminatif qui a le sens du mot eau. Ce dernier sens a été donné au même- signe par plusieurs peuples.

Certains galets du Mas-d’Azil, que nous ne nous attarderons pas à décrire, portaient des peintures plus difficiles à interpréter et dans lesquelles il faut voir peut-être tout simplement des essais des dessins faits d’une main maladroite.

Tous les coloriages trouvés au Mas-d’Azil, par M. Piette ont été rangés par lui, après un long travail et une série de recherches des plus pénibles, en quatre catégories : 1° nombres ; 2° symboles ; 3° caractères pictographiques ; 4° enfin caractères alphabétiques ou pseudo-alphabétiques. Nous avons examiné avec des détails suffisants les trois premiers groupes ; dans un prochain article qui terminera cette étude, nous parlerons des caractères alphabétiques. Avant d’aller plus loin, il n’est pas sans intérêt de comparer ces peintures grossières de l’époque asylienne aux travaux artistiques plus anciens de l’époque du renne. Elles indiquent qu’aux préoccupations artistiques des peuplades précédentes avaient succédé les préoccupations intellectuelles.

F. Faideau

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