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Accueil > Articles scientifiques > Sciences de la vie > Botanique — Agronomie > Le jardin familial de plantes médicinales de Auguste Truelle > Tussilage

Tussilage

A. Truelle, La Nature N°2758 — 1er avril 1927

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 24 mai 2009

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Le jardin familial des plantes officinales
L’ensemble de ces articles est disponible en un volume de 227pages.

Vulgairement appelé Pas d’âne, parce que l’on a comparé la forme de ses feuilles à l’empreinte du sabot de cet animal, le Tussilage (Tussilago Farfara L.). Synanthérées Eupatoriées, tire son étymologie de deux mots latins : tussis, toux et agere, chasser, ce qui indique clairement ses propriétés. On le nomme encore Bechion, Chou de vigne, Herbe de Saint Quirin, Taconnet, etc.

Habitat. - Le Tussilage est très répandu dans toute la France, notamment dans tous les terrains humides et argilocalcaires où il est envahissant, sur les bords des fossés et des rivières et même dans les vignobles.

Description sommaire. - Plante herbacée, vivace, à racine rampante, ramifiée, brunâtre, de la grosseur du petit doigt, émettant des rameaux aériens ou tiges florifères, cotonneuses, de 10 à 25 cm, apparaissant avant les feuilles et portant des écailles rouges et sessiles ; Chacune de ces tiges est terminée par un capitule de fleurs. Feuilles radicales, blanches et cotonneuse en dessous, vertes en dessus, longuement pétiolées, cordiformes ou rappelant, comme il est dit plus haut, l’empreinte du pied de l’âne. Fleurs en capitules solitaires, apparaissant en mars-avril, d’un beau .jaune d’or semblable à celui des fleurs du Pissenlit. Fruits (akènes), bruns, oblongs, cylindriques, dont l’ensemble forme une houppe d’aigrettes soyeuses très longues et très flnes.

Culture. - La multiplication du Tussilage se fait par division des touffes ou par séparation des rhizomes aussitôt après l’arrêt de la végétation indiqué par la dessiccation. des feuilles. (A. R. et D. B.).

Dans le Jardin familial, on lui réservera, si possible, un endroit compact, argileux, humide à une exposition demi ombragée. Dans les jardins botaniques, on obtient la plante à l’aide des graines et elle se resème d’elle-même. On lui donne les soins culturaux habituels.

Récolte et séchage, - La récolte des capitules ou fleurs a lieu au printemps. On les coupe quand ils sont encore en bouton, leur épanouissement complet s’achevant pendant le séchage. Celui-ci doit être effectué rapidement dans un courant d’air en évitant de les remuer beaucoup ; il est même préférable de les porter dans une étuve, afin de chasser complètement l’humidité et de conserver leur belle coloration jaune. Faute de cette précaution, les fleurs noircissent, s’altèrent promptement et perdent toute valeur marchande.

Dix kilogrammes de fleurs fraiches laissent, après dessiccation, 1 kg 920 de fleurs sèches.

Les feuilles sont ramassées lorsqu’elles ont acquis leur complet développement : elles deviennent friables en se desséchant.

Composition chimique. - Le Tussilage renferme du tanin, du fer, de faibles proportions d’huile volatile et une matière résineuse qui, d’après Bondurant, serait du caoutchouc.

Propriétés thérapeutiques - Les Anciens attribuaient aux feuilles du tussilage, comme principale vertu, celle de combattre la toux, ce qu’indique, d’ailleurs, son étymologie. Ils en faisaient aspirer la fumée aux asthmatiques ; ce traitement s’est maintenu encore de nos jours, du moins dans quelques pays ; de plus, l’usage a existé pendant assez longtemps en Normandie de mélanger de petites lanières de fleurs sèches à du tabac ordinaire dans la proportion de 20 gr. environ de ce dernier pour 5 gr. de tussilage.

Préparations pharmaceutiques - On emploie l’infusion de fleurs sèches à la dose de 5 gr. par litre (Codex de 1908), mais on la double souvent ; le sirop, entre 30 et 60 grammes.

Les fleurs entrent dans la composition des espèces pectorales avec les fleurs de mauve , de pied-de-chat, de coquelicot, de bouillon blanc, de guimauve et de violettes, à parties égales ; il en est de même dans la préparation des sirops d’érysimum (vélar) et de grande consoude. Enfin, on utilise parfois les feuilles et les fleurs en cataplasmes contre certains abcès.

Observations commerciales - La vente des fleurs est forte. L’herboristerie les a payées 1 fr. 50, 4 fr., 4 fr. 50 et même 5 f r. le kilogramme, tandis que les feuilles n’ont atteint que 1 fr. à 1. fr. 20.

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