Ajouter ce site à vos favoris ! | Rejoignez-nous sur Google+ |

Accueil > Articles scientifiques > Sciences de la vie > Botanique — Agronomie > Le jardin familial de plantes médicinales de Auguste Truelle > Coquelicot

Coquelicot

A. Truelle - Supplément à La Nature N° 2727 - 10 juillet 1926

dimanche 15 février 2009, par Denis Blaizot

JPEG - 11.6 ko
Le jardin familial des plantes officinales
L’ensemble de ces articles est disponible en un volume de 227pages.

Le Coquelicot (Papaver Rhœas), Papavéracées, porte plusieurs noms : Pavot-Coquelicot, Pavot des champs, Ponceau, Gaougalin, Raoulé, etc.

Habitat. — Cette élégante plante est très répandue dans les moissons où brillent ses belles fleurs écarlates. Elle y est, malheureusement, d’autant plus abondante que le terrain est calcaire, et elle s’y propage rapidement à cause de la grande quantité de ses graines pourvues d’une longue conservation. Elle appartient aux « mauvaises herbes » qui pullulent dans les champs cultivés, mais on la rencontre aussi sur les remblais des chemins de fer.

Description sommaire. — Plante annuelle à tige droite, rameuse, hérissée de poils, mesurant trente à soixante centimètres de hauteur. Feuilles alternes, à lobes aigus, à dents terminées par une soie. Fleurs (mai à juillet) grandes, terminales, d’un rouge plus ou moins foncé, tachées de noir à la base de leurs pétales et portées sur de longs pédoncules. Fruit (capsule), ovale ou subglobuleux, très glabre, Graines réniformes, très nombreuses. ’route la plante exhale une odeur vireuse, désagréable ; elle peut laisser suinter un suc blanc, laiteux, âcre et narcotique.

Culture. — Elle ne présente aucune difficulté, car presque tous les terrains conviennent à cette plante ; elle préfère, cependant, les sols légers, argilo-calcaires et secs. Dans certaines régions, on cultive en grand le coquelicot pour la pharmacie, mais comme la cueillette de ses fleurs demande une abondante main-d’œuvre, il est prudent de n’entreprendre cette culture que là où l’on peut la trouver suffisante et, relativement, à bon marché.

Multiplication. — Elle a lieu par semis à la volée, au printemps dans le Nord ou à l’automne dans le Midi. Comme les graines sont tres fines, on les mélange auparavant avec vingt fois leur poids de sable sec. Il suffit d’en avoir quelques pieds dans le Jardin familial, car ils se reproduiront d’eux-mêmes très facilement.

Récolte, séchage et rendement. — La récolte des pétales se poursuit pendant toute la floraison, c’est-à-dire à mesure qu’ils s’épanouissent. Leur séchage très délicat exige beaucoup de soin et doit être mené rapide. ment, afin qu’ils ne noircissent ni ne se décolorent. On les étend en couche très mince, sans les froisser, sur des claies recouvertes d’une toile, qu’on place dans un grenier bien aéré et chaud. On les remue pourtant de temps à autre pour empêcher leur agglomération. Lorsque le temps est humide, il faut activer la dessiccation par la chaleur artificielle modérée, en plaçant les fleurs au-dessus d’un four. Leur couleur rouge vif doit passer au rouge foncé ou lie de vin. Le rendement moyen de io kilos de pétales frais est de 840 grammes de pétales secs.

Conservation. — La dessiccation terminée, on crible les fleurs pour en séparer les étamines et les œufs d’insectes, puis on les renferme encore toutes chaudes dans des sacs où on les tasse fortement, et l’on conserve ces derniers dans un endroit sec et à l’abri de la lumière.

Composition chimique. — Les pétales contiennent : albumine, gomme, amidon, résine, rhœadinine, acides rhœadinique et erratique. La rhœadinine est de nature alcaloïdique et les acides rhœadinique et erratique sont combinés à la chaux ; ce sont ces acides qui donneraient aux pétales leur couleur rouge ( Dr A. Hénaud). Le chimiste Hesse a trouvé dans toutes les parties de la plante un alcaloïde qu’il a appelé « rhœadine » différant totalement de la morphine.

Propriétés thérapeutiques. — Vantées autrefois par les médecins de la Renaissance contre la pleurésie, les fleurs sont employées aujourd’hui comme calmantes, émollientes, sudorifiques dans les affections pulmonaires, toux, bronchites, etc. Toutes les parties de la plante sont vénéneuses et peuvent produire des accidents chez les animaux qui les consomment vertes.

Préparations pharmaceutiques. — L’infusion est prescrite par le Codex de 1908 à la dose de 5 p. 1000, mais elle l’a été aussi à 10 p. 1000. Teinture 1 à 2 gr. ; sirop 10 à 30 gr. Les fleurs entrent dans la composition des espèces pectorales, à parties égales, avec Bouillon blanc, guimauve, mauve, pied de chat, tussilage et violette. Lorsqu’on pensait que les fleurs renfermaient de la morphine, on déconseillait leur emploi pour les enfants, comme étant un narcotique. Le docteur H. Leclerc, qui a bien étudié l’action thérapeutique du coquelicot, a écrit : « qu’il n’est pas illogique de le prescrire, pour calmer la toux ou dompter l’insomnie, aux enfants, aux vieillards, aux sujets délicats, chez qui les narcotiques peuvent provoquer des phénomènes d’anaphylaxie. » Il leur conseillerait « l’infusion (une pincée de fleurs sèches pour une tasse d’eau bouillante), soit le sirop 20 à 30 gr. aux enfants, 20 à 60 gr. aux adultes).

Observations commerciales. — La vente des fleurs sèches de coquelicot est forte, d’un prix assez élevé mais variable. L’herboristerie les a payées 2 fr. 50 à 3 fr. le kilo, puis 4 fr. à 4 fr. 50 et même jusqu’à 8 fr. et 8 fr. 50, en 1924.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.