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Verveine officinale

A. Truelle, La Nature N°2760 — 1er mai 1927

dimanche 24 mai 2009, par gloubik

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Le jardin familial des plantes officinales
L’ensemble de ces articles est disponible en un volume de 227pages.

Plante merveilleuse des temps antiques, la Verveine Officinale (Verbena officinalis, L.), Verbenacées, qu’il ne faut pas confondre avec la Verveine odorante ou Citronnelle, a pour principaux synonymes, Verveine commune, Verveine sauvage, Herbe sacrée, Herbe de sang. Herbe à tous les maux. L’étymologie de son nom latin Verbena a fait l’objet de plusieurs interprétations. On l’a fait d’abord dériver du sanscrit « vardh » qui veut dire croitre , puis de Vénus ou de veina, veine ; du verbe « verrere », balayer, parce que l’on se servait de cette plante pour balayer les autels.

C’était l’Herbe sacrée des anciens Grecs et l’Herbe de Vénus des Romains ; elle était également vénérée chez ces deux peuples qui s’en servaient dans . leurs solennités en l’honneur de leurs dieux. Les pythonisses ainsi que les druides s’en couronnaient pour rendre leurs oracles. Au Moyen Age on ceignait de ses tiges le front des soldats victorieux.

Habitat. - Elle est commune aussi bien dans le nord que dans le midi de la France, sur le bord des chemins, an pied des haies, dans les lieux secs et les terrains incultes.

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Verveine officinale en fleur

Description sommaire. - Plante herbacée, vivace, à tige carrée, haute de 0,50m à 0,80m, dressée ou ascendante, rameuse. Feuilles opposées, longues, profondément divisées en lobes inégaux. Fleurs s’épanouissant de juin à septembre, bleu pâle, petites, sessiles, à l’aisselle de petites bractées, réunies en longs épis lâches et très grêles.

Culture. - On multiplie la verveine de graines et de boutures dans toutes les terres substantielles bien préparées. On sème les graines à l’automne et mieux au printemps ; on repique les plantules lorsqu’elles sont assez Fortes. et on leur donne, en cours de végétation, les soins culturaux habituels.

Récolte et séchage. - La récolte a lieu du mois de juin jusqu’en septembre ; elle comprend la plante entière ou les feuilles seules mondées, mais toujours avant le complet développement des fleurs.

Le séchage doit se faire rapidement afin de conserver la couleur des tissus. Dans ce but les bouquets de plantes entières ou de sommités fleuries sont attachés par deux ou trois aux extrémités d’un lien et chaque paquet est ensuite placé à cheval sur un fil de fer ou une corde tendus dans un local très aéré ou un séchoir. Les feuilles mondées sont auparavant étalées en couche mince sur des claies.

Composition chimique - La verveine officinale doit sa saveur amère et astringente à un tanin particulier qui, très probablement sous l’influence d’une oxydase, acquiert la propriété de colorer en rouge la partie de l’épiderme sur laquelle on applique la plante pilée. Ce phénomène lui a fait attribuer le pouvoir d’attirer le sang, de là son nom d’herbe de sang. Elle renferme, en outre, un glucoside, la Verbénaline, isolé par M, Bourdier, et une essence dont la proportion ne devient notable que lorsque la plante est cultivée dans le Midi.

Propriétés thérapeutiques - Il n’y a que très peu de plantes qui aient joui chez les Anciens de propriétés aussi merveilleuses que la verveine officinale, tant au point de vue surnaturel que thérapeutique, Elle guérissait la fièvre, préservait de la morsure des serpents venimeux, détruisait les maléfices, conciliait l’amitié et faisait disparaître les haines ... Elle servait à composer un philtre d’amour irrésistible. Au moyen âge et longtemps après, la crédulité et les préjugés populaires lui ont conservé ses vertus légendaires contre des maladies les plus différentes : fièvres intermittentes, jaunisse, hydropisie, pierre, pleurésie, etc. Elle augmentait la sécrétion du lait chez les nourrices, d’où le nom d’Herbe à tous les maux qui lui fut donné. Toutefois, les médecins les plus sensés l’employaient comme antispasmodique et vulnéraire, et plus spécialement comme antinévralgique et fébrifuge.

Après avoir été préconisée comme une panacée universelle, elle est devenue presque inusitée, cependant son action antithermique a été remise en honneur par le Dr Rocci qui prétend même qu’elle est supérieure à celle de la quinine ! D’après MM. A. Rolet et D. Bouret, on l’utilise encore dans les campagnes en décoction ou en infusion, comme résolutif et antiscorbutique. Les feuilles écrasées dans du vinaigre sont appliquées en cataplasme sur le coté ou sur la tête pour calmer le point de côté des pleurésies ou les migraines .

L’art vétérinaire fait prendre parfois aux animaux l’infusion ou le suc comme vulnéraire, astringent, fébrifuge.

Préparations pharmaceutiques - Dans les formulaires qui mentionnent encore la verveine, on ne trouve généralement que l’infusion, à la dose de 5 à 10 grammes par litre. Cependant le Docteur H. Leclerc , qui a fait l’étude de cette plante, dit avoir obtenu de bons effets de l’extrait fluide de la plante stabilisée, à la dose de 1 à 2 cuillerées à café par jour, dans certaines formes légères de névralgie du trijumeau.

Observations commerciales - Cette plante est peu demandée par l’herboristerie qui la paye 1 fr-. 50 à 1fr. 75, environ, le kilogramme.

Avec la Verveine officinale se termine l’étude des 50 plantes médicinales qui composent le Jardin familial dont j’ai indiqué, dès le début, l’utilité de la création sous ses deux modalités, grand et petit jardin , pour répondre aux nécessités de l’heure présente. Malgré la forme condensée sou laquelle j’ai dû traiter chaque plante, je crois, cependant avoir réuni l’ensemble des renseignements qu’il importe de connaître surtout en ce qui concerne les trois points de vu les plus importants : culture, propriétés thérapeutiques préparations pharmaceutiques, pour en retirer les meilleur résultats pratiques. Et. il me reste à souhaiter que cette étude ait pu faire naitre dans l’esprit de nombreux lecteurs le désir de réaliser au plus tôt, dans la limite du possible l’idée mère qui l’a inspirée : la création de petits ou de grands jardins familiaux de plantes médicinales.

Leur utilité est toujours très grande, car, d’après les renseignements que je dois à la complaisance de M. le Directeur de l’Office des Matières premières et du Comité Interministériel , si sous l’influence de ces deux grands organismes la production française en plantes médicinales a augment, d’une façon sensible, cependant, on ne peut encore constate. une diminution notable des importations qui se chiffrent, en moyenne, depuis quelques années, par 8 à 10 tonnes annuellement.

Par contre, les exportations ont augmenté considérablement. En 1919, elles n’étaient pour racines, fleurs, feuilles écorces, lichens, baies, fruits et graines, que de 5070 tonnes tandis qu’en 1925 elles ont atteint pour les mêmes espèce, 11450 tonnes.

Pour les herbes, fleurs et feuilles médicinales, la quantité exportée en 1925 a dépassé de 1441 tonnes celle de 1924.

Parmi les plantes communes en France ou susceptibles d’être cultivées, certaines sont importées en assez grande quantité. On ne peut, à ce sujet, indiquer des chiffres exacts, car l’on ne connaît pour 1926 que les importations du premier semestre. Voici quelques-unes des plantes dont la quantité importée a dépassé 10 tonnes pour ladite période :

  • Bardane (racine)
  • Fougère mâle (rhizome)
  • Saponaire
  • Belladone (feuilles)
  • Iris
  • Thym
  • Bourrache
  • Mauve
  • Uva-Ursi ou Busserole
  • Camomille
  • Menthe
  • Chiendent
  • Pissenlit (feuilles et racines)
  • Valériane
  • Datura
  • Queues de cerise

Je signale à l’attention des personnes qui, à un titre quelconque, s’intéressent à la production de nos plantes médicinales, celles qui figurent sur cette liste, afin qu’elles puissent en entreprendre ou intensifier la culture.

Feuillage de Verveine officinale

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