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Un jouet grec : l’automate de Héron d’Alexandrie

La Nature N°525 — 23 juin 1883

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 5 juillet 2014

Sur un piédestal est placé un petit arbre autour duquel est enroulé un dragon ; une figure d’Hercule se tient auprès, tirant de l’arc ; enfin une pomme est posée sur le piédestal. Si quelqu’un vient à soulever avec la. main cette pomme au-dessus du piédestal, Hercule lancera son trait contre le dragon et le dragon sifflera.

Soit AB le piédestal en question, étanche et muni d’un diaphragme ΓΔ. A ce diaphragme est fixé un petit cône tronqué creux EZ qui a sa base Z du côté du fond du vase dont elle est distante de façon à permettre juste le passage de l’eau. A ce tronc de cône doit être ajusté avec soin un autre cône Θ fixé à une chaîne qui le relie en passant par un trou, à la pomme placée sur le piédestal. Hercule tient un petit arc en corne, qui a son nerf tendu et placé à une distance convenable de la main droite. Dans cette main droite, et de manière à viser le dragon, est une autre main en tout semblable à la précédente mais plus petite et munie d’une détente [1]. À l’extrémité de cette détente une petite chaîne ou une corde traversant la plate-forme va passer sur une poulie fixée au diaphragme et se relie enfin à la petite chaîne qui joint le cône à la pomme.

Bandons donc l’arc, plaçons (le nerf de l’arc) dans la main (qui sert de griffe) et fermons la détente en disposant les choses de telle manière qu’alors la corde soit tendue et la pomme pressée sur la plate-forme ; cette corde doit passer à travers le corps et la main, dans l’intérieur de l’Hercule. Enfin un petit tube, de ceux dont on se sert pour siffler, doit partir du diaphragme et s’élever au-dessus du piédestal en passant dans l’intérieur ou autour de l’arbre. Remplissons d’eau le vase AΔ. Soit ΛM l’arbre, NΞ l’arc, ou le nerf, OΠ le nerf, PΣ le trait, P la main qui sert de griffe, γ la détente [2], ΦΠ la corde, X la poulie sur laquelle elle passe et ΨΩ le tuyau à sifflet.

Maintenant, si on soulève la pomme K, on élèvera en même temps le cône Θ, on tendra la corde XΨ et on lâchera la griffe, ce qui fera partir le trait. L’eau du compartiment AΓ arrivant dans le compartiment BT chassera par le tuyau l’air contenu dans le compartiment et produira un sifflement. La pomme étant replacée, le cône (Θ) revient s’ajuster sur l’autre et arrête l’écoulement, ce qui fait cesser le sifflement ; on dispose alors de nouveau la flèche et ses accessoires.

Quant le compartiment BΓ est plein, on le vide à l’aide d’un goulot muni d’une clef et on remplit de nouveau AΔ comme nous l’avons indiqué.

(Extrait des Pneumatiques de Héron, trad. de M. de Rochas.)


[1Cette main intérieure sert de griffe pour accrocher la corde et bander l’arc. Pour cela, elle est mobile vers le poignet autour d’un axe vertical ; un petit taquet ou détente, placé entre la main fixe et la main mobile sert à provoquer le grippement qui cesse lorsqu’on déplace la détente à l’aide de la petite chaîne,

[2La traduction n’est point ici tout à fait conforme au texte afin de ne point multiplier les lettres de renvoi sur la figure.

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