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Le pont de la Tour de Londres

Bernard Laveau, La Science Illustrée N°322 - 27 janvier 1894

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 10 juin 2012

Nous avons déjà parlé [1] du nouveau pont de la Tour de Londres et nous avons montré où en étaient les travaux ; depuis lors ceux-ci ont avancé, mais bien lentement. Cela tient en partie, prétend M. Cruttwell, ingénieur-directeur des travaux, à ce qu’on fut obligé, pendant toute la construction, de laisser libre un chenal de 48m,75 entre les piles. Cette obligation a empêché d’établir un échafaudage pour chaque pile, et par conséquent de conduire de front leur construction. De plus, par suite de cette même obligation, on devait toujours faire aborder les chalands entre la pile et la rive la plus voisine, ce qui compliquait certaines manœuvres.

Le pont est constitué par trois travées, et celle du milieu est formée par deux ponts-levis permettant, par leur ouverture, le passage de tous les navires. Cependant, comme nous l’avons indiqué, une passerelle fixe est installée au sommet des tours, à une hauteur assez grande pour ne point gêner les mouvements du pont, et servira aux piétons. On accède à ces passerelles au moyen d’ascenseurs hydrauliques disposés dans les deux piles. Cette travée centrale a 60,94m de longueur.

Les piles en maçonnerie ont donc à supporter un poids considérable, puisque sur elles reposent non seulement les deux ponts-levis mais la passerelle et les tours métalliques qui la portent : aussi fallut-il employer des précautions particulières au moment d’exécuter les fondations. Les difficultés furent d’ailleurs facilement résolues, car le sol sur lequel devaient reposer les piles était de l’argile de Londres, terrain tout particulièrement imperméable et résistant.

Ces fondations auraient été faciles à faire en se servant de batardeaux en charpente, construits d’après la méthode ordinaire. Mais des raisons de navigation firent que la loi autorisant la construction du pont, interdisait du même coup l’emploi des batardeaux. Les constructeurs se rabattirent sur les caissons que nos lecteurs connaissent bien. La seule particularité intéressante à signaler est l’emploi, non pas d’un caisson unique, de la grandeur de la pile à construire, comme on le fait généralement, mais l’emploi, pour chaque pile de douze caissons qu’il fallut relier les uns aux autres.

Dans l’intérieur de chaque pile se trouve un espace libre dans lequel peut se mouvoir le contrepoids qui équilibre la portion mobile du pont et permet son relèvement facile au moment du passage des navires.

Bernard Laveau


[1Voir la Science Illustrée, tome IX, p. 376. (Note du Webmaster : Il n’y a pas d’article sur le Pont de la Tour de Londres dans le tome IX. Il s’agit plus certainement de Le « Tower bridge » à Londres, publié dan le N°242 du 16 juillet 1892 (tome X))