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Un homme soulevé par les doigts

La Nature N°482 — 26 aout 1882

lundi 19 décembre 2011, par Denis Blaizot

Dans un de ses précédents numéros (n° 422 du 2 juillet 1881, page 80), La Nature a parlé de l’expérience curieuse qui consiste à soulever à quatre le corps d’une personne étendue ; l’auteur de l’article a supposé que la facilité, en apparence étonnante, avec laquelle ce soulèvement avait lieu, tenait tout simplement à ce que, les efforts étant simultanés, le poids du porté se répartissait également entre les quatre porteurs qui n’avaient alors à vaincre qu’une résistance assez minime.

A l’appui de cette opinion, on peut en effet faire valoir les données moyennes admises en mécanique qui fixent à 65 kg le poids d’un homme et à 20 kg le poids qu’un manœuvre peut soulever facilement.

C’est un officier américain qui fit connaître cette expérience à Paris, il y a près d’un siècle. Un major anglais la reproduisit à Londres. où elle fut étudiée par David Brewster, membre de la Société Royale. Nous reproduisons à titre de curiosité historique ce que rapporte à ce sujet ce physicien célèbre, dans une de ses lettres à Walter Scott sur la magie naturelle :

La personne la plus lourde de la société se couche sur deux chaises de telle façon que le bas de ses cuisses repose sur l’une et les épaules sur l’autre. Quatre personnes, une à chaque pied et à chaque épaule, cherchent à le soulever et constatent d’abord que la chose est très difficile. Quand elles ont repris toutes les cinq leurs positions primitives, la personne couchée donne deux signaux en frappant deux fois ses mains l’une contre l’autre ; au premier signal elle et les quatre autres aspirent fortement : dès que les poumons sont pleins d’air elle donne le second signal pour l’élévation, qui se fait sans la moindre difficulté, comme si la personne soulevée était aussi légère qu’une plume.
 
J’ai eu plusieurs fois l’occasion de remarquer que lorsqu’une des personnes qui soulevaient n’aspirait pas en même temps que les autres, la partie du corps qu’elle s’efforçait de soulever restait au-dessous des autres.
 
Bien des personnes ont joué successivement le rôle de porteur ou de porté ; elles ont toutes été convaincues que par le procédé que je viens de décrire, ou bien le poids du fardeau était amoindri, ou la force des porteurs était augmentée.
 
A Venise la même expérience fut répétée dans des conditions encore plus étonnantes. L’homme le plus lourd de la société fut élevé et porté à l’extrémité de l’index de six personnes. Le major H ... déclare que l’expérience manque quand la personne à élever est couchée sur une planche et que l’effort des autres s’exerce sur cette planche. Il considère comme essentiel que les porteurs se trouvent en contact immédiat avec le corps humain à élever. L’occasion m’a manqué pour vérifier ce fait par moi-même.
 
Il y a là, soit une illusion générale, soit un effet encore inexpliqué de forces connues ou nouvelles ; en tous cas, le sujet mérite d’être étudié très attentivement.

A. R.

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