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Quelques expériences sur la flamme

Félix Leconte, La Nature N°978 - 27 Février 1892

Mis en ligne par Denis Blaizot le mardi 1er novembre 2011

Rappelons les diverse expériences qui servent à montrer la région froide de la flamme.

  1. On amène dans la flamme un carré de ce papier épais et percé de petites ouvertures régulières dit papier à canevas. Après quelques instants se montre une magnifique couronne circulaire brune, suivant laquelle le papier est brûlé ; le centre de ce cercle est blanc, comme les bords du papier. Les dimensions du cercle dépendent de l’ouverture du bec de Bunsen employé. On obtient, avec un bec de Bunsen de 2 centimètres d’ouverture, de splendides résultats. Avec ce même papier on peut montrer aussi la section longitudinale de la flamme.
  2. On plonge dans la flamme une allumette phosphorique de telle manière que l’extrémité se trouve dans le cône froid. Il se produit alors un phénomène curieux : l’extrémité par laquelle on voit généralement commencer la combustion de l’allumette ne s’enflamme pas, et la partie située à 1 centimètre de distance environ est devenue charbonneuse : cette portion est léchée par l’enveloppe extérieure de la flamme dans laquelle la combustion et, par suite, la chaleur est très vive.
  3. Sur une toile métallique, on dépose un petit cône de poudre sèche, à bords bien limités, et on introduit rapidement la petite masse de poudre à l’intérieur de la flamme. On peut la maintenir dans la région froide pendant assez longtemps ; elle finit par flamber sous l’influence de la température élevée que prend la toile métallique. Il est élégant de la retirer avant ce moment, et de la faire flamber ensuite.
  4. On introduit dans la flamme, au milieu et horizontalement, un fil de platine. A la partie inférieure, les deux portions du fil qui traversent la zone extérieure sont portées au rouge, tandis que le milieu reste invisible. A mesure qu’on s’élève dans la flamme, la portion médiane obscure devient plus petite ; elle finit par disparaître.
  5. J’ai montré cette zone d’une manière frappante récemment, dans une conférence publique. J’ai glissé sur mon doigt deux rondelles longues de 3,5 cm que j’avais sciées sur un tuyau à gaz de 2 centimètres de diamètre intérieur., et j’ai laissé entre les deux rondelles la chair à nu sur une longueur de 5 à 6 mm. Ainsi armé, j’ai plongé la partie nue de mon doigt au centre de la flamme, et l’y maintenir pendant environ dix secondes. Il faut employer pour cette expérience un Bunsen à large ouverture, et avoir soin de boucher avec du papier le vide qui pourrait exister entre la rondelle de fer et la doigt : sinon, le courant de gaz se glisserait dans cet intervalle, et ne manquerait pas de brûler l’expérimentateur. Les rondelles de fer s’échauffent rapidement : c’est la seule cause qui puisse mettre fin à l’expérience.

Profitons de cette occasion pour rappeler une expérience assez jolie destinée à « montrer » les gaz inflammables de la bougie. Quand on souffle une chandelle — ou une bougie — il s’échappe une longue colonne de fumée blanchâtre. Ce sont les gaz de la bougie qui se développent encore sous l’influence de la chaleur de la mèche. Comment montrer que se sont bien les gaz inflammables ? On introduit dans cette colonne de fumée, le plus vite possible après avoir soufflé, une allumette enflammée. La colonne de gaz se consume instantanément, et la flamme se trouve transportée sur la mèche. On peut ainsi rallumer une bougie à 7 ou 8 cm de distance.

Félix Leconte