Auteure : Sylvia Serfaty
Titre : Des équations personnelles
Éditeur : Falmmarion (Coll. Sciences)
Date de parution : 14/01/2026
ISBN-13 : 9782080145871
224 pages
Prix : 20,00€
Présentation :
Guidée par son expérience personnelle, femme dans un monde très masculin, Sylvia Serfaty nous livre un témoignage intime et sensible sur les mathématiques. Elle fait surgir ce qui l’amuse, l’apaise, la réjouit et la fascine : le plaisir de la démonstration, la découverte de la preuve. Elle raconte le quotidien, la place de l’intuition et de la créativité, les déceptions et les frustrations, les errements comme les illuminations.
Elle rend aussi hommage aux grands maîtres du passé, sans oublier les figures d’aujourd’hui. Quel avenir pour l’humain dans une discipline bouleversée par l’intelligence artificielle ? Garderons-nous la joie de chercher par nous-mêmes ?
Mon avis : J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce petit essai à la croisée des genres : il est autobiographique, traite de l’histoire des mathématiques, de philosophie des mathématiques et conclut sur une touche de prospective avec l’avènement des IA et leurs impacts sur la pratiques des mathématiques tant au niveau de préapprentissage, de la recherche que de leurs applications dans les sciences et les entreprises.
Maintenant, je sais pourquoi je ne suis pas devenu mathématicien : il y a jamais eu le déclic, le truc qui m’a fait aimé les maths pour les maths. Et cette absence m’a fait longtemps préférer la physique aux mathématiques.
J’avais lu, il y a quelques temps, sur un blog je crois, que l’échec de l’enseignement des maths en France tenait avant tout au fait qu’on n’apprenait pas aux enfants à s’amuser à faire des maths. Si j’ai bien retenu le point de vue de Sylvia Serfaty, elle n’a eu envie de devenir mathématicienne qu’en découvrant qu’on pouvait s’amuser que cette science extraordinaire. Mais au fil des années, elle a compris qu’elle éprouvait de plus en plus le besoin de faire des maths qui avaient une utilité. Il n’y a pas de solution unique applicable à tous. Pour ma part, il me fallait voir un usage à l’outil mathématique pour commencer à prendre plaisir à le manipuler. Et dans la pratique, j’ai pu constater que c’était le cas de beaucoup de gens : apprendre les maths pour les maths ne les intéresse pas. Mais une fois qu’ils ont compris l’intérêt de l’outil, alors ils acceptent d’apprendre à s’en servir. Je pense qu’au final, cet essai le montre assez bien.
Il est question aussi des prix — médaille Fieds et autres prix Abel — qui amènent certains individus à privilégier la gloire à la recherche pure, des instituts et universités (ou entreprises) à recruter un lauréat de concours plutôt qu’un chercheur que s’est acharné sur un problème épineux mais de longue haleine et sans attrait pour les médias.
Pour finir, l’auteure aborde l’émergence de l’IA dans la recherche en mathématiques, de son impact sur le métier, les découvertes et les façons de transmettre le savoir. Mais ne perdons pas de vue que les IA actuelles sont encore loin de réfléchir de façon autonome ; elles ne font que régurgiter un savoir qu’elles n’ont pas forcément la capacité de comprendre ou d’interpréter. Alors de là à l’extrapoler ; il faudra encore quelques années.
En bref : Je vous le recommande chaudement et vous en souhaite bonne lecture.


