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Alfred Ditte (1843 - 1908)

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 20 décembre 2009

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Alfred Ditte

NÉCROLOGIE publiée dans la Revue Scientifique du 3 décembre 1908

Après Giard, après Daguillon, la Faculté des Sciences de Paris vient de perdre, le 7 novembre, un de ses maîtres, Alfred Ditte, qui occupait la chaire de chimie minérale, où il avait succédé à Debray en 1888.

Très souffrant depuis l’année dernière, il avait dû abandonner son enseignement. Depuis quelques mois, terrassé par la maladie, il ne pouvait même plus venir à son laboratoire.

Alfred Ditte n’avait que 65 ans ; il était né à Rennes, en 1843, et il était l’aîné d’une nombreuse famille. Entré à l’école normale supérieure, il y préparait sa thèse de doctorat ès sciences, avec des recherches très remarquées sur l’acide iodique et ses dérivés. Pendant neuf ans, Ditte a travaillé dans ce célèbre laboratoire de l’école normale, où il fut l’élève de Deville , de Debray et de M. Troost. C’est à cette époque qu’il publia son mémoire sur « les conditions de formation et de décomposition des composés hydrogénés du sélénium et du tellure » ; le mécanisme de ces phénomènes est expliqué par la dissociation qu’avait découverte Deville. Cette découverte, qui a déterminé une nouvelle orientation des recherches de chimie et a donné naissance à la chimie physique a suscité de nombreuses recherches ; elle a inspiré les immportants travaux de Debray de MM. Troost et Hautefeuille, de M. Gernez, d’Isambert, de Ditte, de Margottet, de Joly, de MM. Joannis, Guntz, Sabatier et de leurs élèves.

En 1873, Alfred Ditte fut nommé professeur à la Faculté des Sciences de Caen, qu’il ne quitta que pour venir à la Sorbonne.

Chimiste toujours consciencieux et analyste délicat, Ditte a toujours travaillé sans l’aide de personne, voulant tout faire et tout constater par lui-même.

Ses travaux ont été guidés par une idée directrice sur les équilibres des réactions Chimiques et sur les phénomènes de dissociation. Ainsi s’expliquent les équilibres qui se produisent par l’action de l’eau sur les sels, dans les recherches de Oille sur le chlorure d’antimoine, sur les oxychlorures, le sulfate mercurique et le nitrate de bismuth.

Dans le cas des sels fondus, Ditte est amené à établir les conditions de formation de nombreux composés naturels ou artificiels, comme les wagnérites et les apatites, dans lesquels l’acide arsénique et les divers halogènes remplacent les constituants ordinaires de ces composés, comme les uranates et les stanates, les sulfures métalliques, les oxydes.

L’étude des réactions inverses, comme celles de l’acide chlorhydrique sur le sulfate de plomb et de l’acide sulfurique sur le chlorure du même métal, le conduit à préciser la manière dont se forment les sels doubles ; Il montre, qu’à cet égard, les métaux alcalins constituent deux groupes distincts. Rappelons, en particulier, ses travaux sur les borates et l’étude systématique des composés du vanadium et de ses acides mixtes.

Poursuivant l’œuvre de Deville, Ditte reprend l’étude des propriétés chimiques de l’aluminium et explique les réactions de la préparation industrielle de l’aluminium au moyen de la bauxite.

Ses recherches, sur l’action des acides sur les sels de ces acides et sur les métaux, le conduisent à des résultats intéressants et à des interprétations nouvelles.

Ses leçons présentent un caractère très personnel. Comme Deville, il pensait qu’il était inutile d’y introduire des théories et des hypothèses ; son intransigeance à cet égard était légendaire. La mécanique chimique, fondée sur la thermochimie, servait de base à son enseignement.

Ses Leçons sur les métaux à la Sorbonne, où toutes les réactions’ sont discutées, ont été publiées en deux volumes. On lui doit aussi une Introduction à l’étude des métaux.

En 1879, il avait fait paraître un Traité d’analyse chimique qualitative.

En 1881, il avait réuni dans un important ouvrage l’Exposé des propriétés générales des corps, première forme documentaire d’un traité de chimie physique ; en même temps, il présentait dans l’Encyclopédie chimique de Frérny les monographies de l’étain et de, l’uranium.

En 1884, il publiait un Traité élémentaire de Chimie fondée sur la thermochimie.

Nous ne devons pas oublie, de rappeler que Ditte a publié dans la Revue Scientifique la plupart des leçons inaugurales de ses cours.

Ditte aimait les étudiants. S’il était parfois sévère pour eux aux examens, c’est que, comme il le disait à une de ses leçons, il tenait à les entraîner le plus loin possible dans la connaissance et l’interprétation rationnelle des faits et leur inspirer, en même temps que l’amour de l’effort et du travail méthodique et soutenu, le feu sacré de la chimie. Il n’épargnait pas ses peines pour arriver à ce but. Quand il remplaça M. Troost, en 1900 comme directeur du laboratoire d’enseignement, il s’imposa de présider lui-même toutes les manipulations et d’organiser des interrogations. .

Ceux qui l’approchaient de près savent combien Ditte était bon et charitable, simple et toujours bienveillant, modeste et indépendant.

En 1897, Alfred Ditte avait été élu membre de l’Académie des Sciences en remplacement de Schutzenberger. Ses obsèques ont eu lieu mardi dernier ; il a été inhumé au cimetière Montparnasse. Il avait exprimé le désir qu’aucun discours ne fût prononcé sur sa tombe.

Ses travaux

Ses travaux l’ont amené à observer La cristallisation du sélénium dans l’hydrogène

Ses Publications