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Antoine-François de Fourcroy

Article extrait du Dictionnaire encyclopédique et biographique de l’industrie et des arts industriels, dirigé par E.-O. Lami. Librairie des dictionnaires, Paris, 1885

dimanche 15 février 2009, par gloubik

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Portrait de Antoine-François de Fourcroy
Ce portrait ne procient pas du dictionnaire dont est tiré l’article.

Célèbre chimiste, membre de l’Institut, né à Paris le 15 juin 1755, mort en 1809. La branche de la maison de Fourcroy, à laquelle il appartenait, était tombée dans la pauvreté ; son père avait été réduit à exercer l’état d’apothicaire, qu ilui fut même bientôt interdit. Antoine connut la misère dans son enfance et dans sa jeunesse. Grâce à la protection de Vicq-d’Azyr , il put faire ses études médicales, qu’il abandonna cependant, pour se livrer à celles de la chimie dont le cours professé par Bucquet lui inspira le goût. Si Fourcroy se fit connaître d’abord comme naturaliste, comme médecin et comme chimiste, ce fut surtout comme professeur qu’il s’illustra. C’est à son incomparable talent de parole qu’il dût, sur la recommandation de Buffon, l’honneur de succéder, en 1784, à Macquer dans la chaire de chimie au Jardin du Roi, malgré la redoutable compétition de Berthollet. Le cours qu’il y fit pendant vingt-cinq ans eut un succès extraordinaire. L’année suivante (1785), il fut admis à l’Académie des sciences. En 1789, il figura au nombre des créateurs de la Nouvelle nomenclature chimique.

En 1792, Fourcroy devint un homme politique. II fut nommé député suppléant de Paris. A la Convention, il fut un des membres les plus actifs du Comité de l’instruction publique. En 1797, il fit partie du Conseil des Anciens, puis du Conseil d’Etat, après le 18 brumaire. En 1801, il est nommé directeur général de l’instruction publique. Lors de la proclamation de l’Empire, il espérait devenir Grand-Maitre de l’Université. Quand il apprit que Fontanes lui avait été préféré, il en conçut un profond chagrin. Il ne put se consoler de sa disgrâce, malgré le titre de comte que l’Empereur lui conféra, avec une dotation de 20,000 francs de rente. II mourut à l’âge de cinquante-quatre ans, au milieu d’une fête de famille, au moment où l’Empereur le nommait directeur général des mines.

On lui doit la création d’une Commission des arts pour sauver de la destruction une foule de chefs-d’œuvre, l’agrandissement du Jardin des Plantes. Il protégea, pendant la Terreur, Chaptal, Desault, Darcet, mais ne put pas, malheureusement, sauver Lavoisier. Comme membre du Salut public, il organisa l’École polytechnique et donna après le 9 thermidor, la première idée de l’École normale. Il fit comprendre l’Instruction publique et l’Institut dans l’acte constitutionnel de l’an III. On lui doit encore, comme directeur général de l’Instruction publique, l’érection des Écoles de Médecine de Paris, de Montpellier, de Strasbourg, celle de 12 Ecoles de droit et de plus de 300 lycées ou collèges. Il contribua, plus que personne, par son double enseignement oral et écrit, à répandre les doctrines de la nouvelle chimie. On peut dire que sans Fourcroy, Lavoisier n’eut pas été compris aussi tôt et aussi bien.

Fourcroy, Sans avoir attaché son nom à de grandes découvertes, a, néanmoins, contribué, d’une manière très notable, aux progrès de la nouvelle chimie dont il propagea les doctrines par sa parole autorisée et par ses écrits. Ses recherches ont porté sur tous les points de la chimie et spécialement sur l’analyse des matières animales et végétales, alors fort peu avancée. Il découvrit l’albumine végétale, le gras des cadavres, constata la présence du phosphate de magnésie dans les os, analysa les eaux sulfureuses, trouva un mode de séparation du cuivre d’avec l’étain, découvrit divers composés détonant par la percussion.

Il fit, en collaboration avec Vauquelin, la découverte de l’identité de l’acide obtenu par la distillation du bois avec l’acide du vinaigre, il établit la composition immédiate des matières solides ou liquides de l’organisme animal ou végétal, il expliqua la production des vapeurs nitreuses dans la combustion de l’air inflammable (hydrogène) et indiqua les conditions dans lesquelles il convient d’opérer pour les éviter et obtenir de l’eau pure.

Principaux ouvrages publiés par Fourcroy :

* Leçons d’histoire naturelle, publiées d’abord en 2 vol. (1781), puis en 4 v. (1789) et en 5 v. (1791), puis refondues en 6 vol. in-4° ou 11 vol. in-8° (1801) sous le titre : Système des connàissances chimiques et de leurs applications aux phénomènes de la nature et de l’art

* Collection de Mémoires de chimie, 1784, in-8°

* L’art de connaitre et d’employer les médicaments, 2 vol. in-8° (1785)

* Entomologia parisiensis, 2 vol. in-12 (1785), avec addition de 300 espèces d’insectes non décrits par Geoffroy

* Philosophie chimique, 1792, 1795 et 1801, ouvrage traduit dans toutes les langues.

* Avec Lavoisier, Berthollet et Guyton de Morveau ; Méthode de nomenclature chimique, in-8° (1787)

* Analyse des eaux sulfureuses d’Enghien, 1 vol. in-8° (1788)

* Essai sur le phlogistique et les acides, 1 vol. in-8° (1791)

* La médecine éclairée par les sciences physiques, 4 vol. in-8° (1791)

* Procédés pour extraire la soude du sel marin, 1 vol. in-4°(1795)

* Tableaux synoptiques de chimie, in­ folio, (1800-1805)

* publications dans divers journaux et recueils de sociétés savantes, de plus de 150 Mémoires portant sur des expériences qu’il avait faites.

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