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Paul Schutzenberger (1829 - 1897)

Paul Jorde, La Science Illustrée N°504 — Juillet 1897

Mis en ligne par Denis Blaizot le lundi 21 décembre 2009

Paul Schutzenberger

Un deuil nouveau vient de frapper la science française : M. Schützenberger, dont le nom était célèbre dans les milieux scientifiques de tous les pays, est mort âgé de 67 ans. Ses obsèques ont été célébrées le mardi 30 juin dernier. L’éminent chimiste est décédé pendant le cours de la convalescence d’une maladie assez grave, dont on le croyait sauvé.

M. Schutzenberger a marqué une trace brillante dans l’enseignement de la chimie, surtout de la chimie organique. Il était né à Strasbourg, le 23 décembre 1829 ; il avait poursuivi ses études médicales dans cette ville, et c’est auprès de la Faculté de Strasbourg qu’il avait conquis le titre de docteur en médecine.

Il abandonna bientôt l’exercice pratique de l’art, dans lequel il se fût sans doute illustré, pour se consacrer entièrement à la chimie. D’abord préparateur au laboratoire de chimie des Arts et Métiers, il quitta te poste pour la chaire de professeur à l’école supérieure de Mulhouse. Il fut nommé ensuite directeur adjoint du laboratoire de la Faculté des sciences de Paris et chef des travaux chimiques au Collège de France. Le 28 juillet 1876, il était promu au grade de professeur titulaire dans ce dernier établissement, mais M. Schützenberger trouvait sa vraie place, en dirigeant l’école municipal de physique et de chimie de la ville de Paris, dont l’enseignement fécond est le seul qui lutte aujourd’hui, dans l’ordre des industries chimiques, contre la concurrence redoutable de l’Allemagne, et c’est aux élèves de l’éminent professeur que nous devons de faire encore quelque figure dans une série de recherches et de découvertes, notamment en ce qui concerne les couleurs et les parfums.

En 1884, M. Schutzenherger était élu membre à l’Académie de médecine, dans la section de chimie médicale. En 1888, il rem plaçait à l’Académie des sciences, le chimiste Debray.

On lui doit une quantité de travaux, qui font autorité dans la matière, et parmi lesquels un peut citer : Chimie appliquée à la physiologie animale et au diagnostic médical ; de nombreuses recherches sur les matières colorantes et les fermentations un Traité de chimie générale, etc. ; les Leçons, professées à la Société chimique ; de nombreux mémoires sur les alcaloïdes végétaux et leurs dérivés, etc.

Si le professeur Schutzenberger avait mérité l’estime et la haute appréciation de ses pairs, par l’honorabilité de son caractère et sa valeur personnelle, il avait su s’attirer l’affection respectueuse de ses élèves par sa bonté, et son indulgente bienveillance.

Paul Jorde