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Houblon

A. Truelle - Supplément à La Nature N° 2683 - 5 septembre 1925

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 15 février 2009

houblon en fleur

Le Houblon (Humulus lupulus. L.) Urticacées, a pour synonymes : Houblon vulgaire, Houblon à bière, Vigne du Nord.

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Le jardin familial des plantes officinales
L’ensemble de ces articles est disponible en un volume de 227pages.

Habitat. — Il croît spontanément dans les endroits buissonneux et humides, dans les bois, les haies où ses rameaux longs et flexibles trouvent un support favorable.

Description sommaire. — Plante dioïque, vivace par ses racines. Tige grimpante, volubile de gauche à droite, atteignant à l’état sauvage 3 à 4 m de hauteur et 10m dans la culture. Feuilles opposées, ressemblant assez à celles de la vigne vierge. Fleurs (juillet-août), les mâles et les femelles sur des pieds différents, ces dernières groupées à la maturité par deux à la base de larges bractées foliacées formant des cônes en se recouvrant les unes les autres. A la face interne de ces bractées se trouvent deux akènes environnés d’une poussière nommée lupulin, qui donne au houblon son arôme et son amertume spéciale. Fleurs mâles petites, en grappe rameuse peu fournie.

Culture. — En France, elle paraît remonter au VIIIe siècle. Comme plante industrielle, elle a lieu en grand depuis longtemps dans plusieurs départements ; je recommande à cet égard l’excellent livre de MM. A. Rolet et D. Bouret.

Dans le Jardin familial la place du houblon est dans les haies de clôture où il trouvera ses supports naturels. Il préfère un terrain de consistance assez forte, plus calcaire qu’argileux saris excès du premier. Il est plus sensible au climat qu’à la nature du sol, qui doit être bien ameubli en automne ou en hiver sur une épaisseur de 0,70m à 1 mètre. On a recommandé l’emploi du fumier de ferme, du superphosphate de chaux et du sulfate de potasse lors du défoncement avec une addition de nitrate de soude quand les tiges se développent.

Il existe plusieurs variétés de houblon, précoces et tardives, dont on apprécie la valeur d’après leur teneur en lupulin ; il faut choisir les plus réputées dans la région où l’on habite.

Multiplication. — Bien qu’elle puisse avoir lieu par semis, dans la pratique on n’emploie que le bouturage. Il est souvent préférable de le faire en pépinière, quoique certains l’effectuent à la place définitive.

Bouturage. — Deux époques conviennent pour y procéder : en mars-avril (boutures d’hiver), en juin (boutures d’été), les premières proviennent de portions de tiges prélevées sur la souche au moment de la taille, les secondes d’éclats de racines ou plutôt de tiges souterraines. Il va de soi que, si l’on recourt à la pépinière, il est nécessaire que le sol soit bien fumé, frais et même un peu humide plutôt que sec, afin d’être plus certain de la reprise des boutures. Si l’on se sert de fragments de tige dépourvus de racines, il est prudent de les faire tremper un peu auparavant. Les boutures sont mises en terre à 25 cm dans la ligne qui est distante de la suivante d’un intervalle de 75 centimètres.

Plantation à demeure. — Le meilleur moment est de la fin février au début d’avril suivant les régions, pour que les boutures tirées de la pépinière soient à l’abri des fortes gelées auxquelles elles sont très sensibles.

On dispose des trous de 0m.25 de côté s’ils sont carrés ou de 0m.40 de diamètre s’ils sont ronds, et suffisamment profonds pour qu’après avoir mis au fond du fumier bien décomposé, du terreau ou du compost, du superphosphate et un peu de terre, la bouture en place sur le tout ait son sommet à quelques centimètres au-dessous du niveau du sol. Les pieds enracinés sont disposés comme ils l’étaient en pépinière, le sujet est mis au milieu et l’on tasse suffisamment la terre autour, puis on fait une petite butte au-dessus de la bouture. (A. R. et D. B.)

Soins culturaux. — Les principaux comprennent le remplacement des pieds morts, l’attachement des tiges à leurs supports naturels ou autres, l’entretien du sol en bon état de culture, l’enlèvement des rejets trop abondants, la taille, les binages, sarclages, arrosages, etc.

Durée de la plantation. — Elle dépend surtout de la nature du sol. En grande culture, elle compte 8 à 12 ans généralement ; on en connaît en Angleterre qui ont pu atteindre, paraît-il, 150 à 200 ans. Il en est probablement de même pour le houblon qui croît à l’état sauvage dans les haies si épaisses de la Normandie.

Récolte et rendement. — Chez nous, elle va de la fin août au 5 ou 6 septembre pour les variétés précoces et du 8 au 20 septembre pour les variétés tardives. On l’entreprend par un beau temps, mais étant donné l’entremêlement des tiges avec les arbustes de la haie du jardin familial, il est tout indiqué de faire des récoltes successives en coupant un à un avec des ciseaux, en leur laissant 1 cm 1/2 de pédoncule, les cônes arrivés à une maturité convenable, ce qu’on reconnaît à leur coloration jaunâtre, rougeâtre, etc., en raison de leur variété. La récolte terminée, on enlève toutes les ramifications.

On estime qu’un hectare peut fournir de 600 à 2000 kg ; en France, quand la récolte est bonne, le rendement varie entre 900 à 1000 kg.

Séchage, Rendement, Conservation. — On étale les cônes à l’ombre sur des claies ou sur le plancher d’un local bien aéré, sur une épaisseur de 5 à 10 cm, en ayant soin de les agiter le moins possible pour éviter la perte du lupulin. La dessiccation, qui dure 1 mois ou 2, selon le procédé mis en œuvre, est complète lorsque les cônes pressés entre les mains bruissent légèrement. Dans la culture en grand, on emploie des séchoirs à air chaud ou parfois des tourailles.

Le rendement en cônes secs varie, selon les années, entre 25 et 33 pour 100 du poids des cônes frais quand les bonnes conditions sont réunies ; dans le cas contraire, il tombe à 20 et même à 12,5 pour 100.

La conservation demande un ensemble de précautions, car le houblon est très altérable. Il faut le maintenir à l’état comprimé dans des sacs, des caisses ou des tonneaux placés dans un local sec, aéré, mais surtout le plus froid possible, pour éviter qu’il ne s’échauffe par fermentation. D’ailleurs, il ne. faut pas le conserver longtemps, car il peut perdre en un an 80 pour t00 de sa valeur, et, au bout de deux ans, son odeur et sa saveur deviennent désagréables.

Composition chimique. — Deux parties sont à considérer, les bractées et le lupulin. Les bractées contiennent : matière astringente âpre, matière colorante inerte, chlorophylle, quelques sels, etc. Les propriétés médicinales résident dans le lupulin, poussière jaune, granuleuse, onctueuse ressemblant au pollen des végétaux. Sa saveur est ni acide, ni alcaline, mais d’une franche amertume. On en trouve dans les cônes 9 à 18 pour 100 environ. Il renferme une huile essentielle qui irrite la peau, une résine analogue à celle du chanvre indien, un principe amer se rapprochant de l’absinthine, un alcaloïde, la lupuline et un tannin l’acide humulitannique.

Propriétés thérapeutiques. — Dans l’antiquité, Pline relate qu’on employait le houblon contre les affections scrofuleuses ; plus tard, on l’a préconisé dans les fièvres bilieuses. Aujourd’hui, on lui reconnaît surtout des propriétés toniques, apéritives, sédatives et narcotiques, et on le range parmi les toniques amers à la suite de la gentiane. C’est, en effet, un médicament sérieux par son action sur l’appareil digestif. A dose légère, il excite l’appétit, favorise la digestion et augmente l’énergie ; à dose élevée, il agit comme calmant des excitations nerveuses.

Son action hypnotique et sédative est due au lupulin qui est prescrit comme anaphrodisiaque dans plusieurs affections de l’appareil génital. A noter aussi, d’après le Dr H. Leclerc, l’influence remarquable qui lui a été reconnue par le professeur L. Rénon. Celui-ci l’a employé avantageusement comme équilibrant du système nerveux dans l’angoisse de guerre. Enfin, on a conseillé aux sujets qui ne peuvent supporter les opiacés de substituer aux oreillers de plume des oreillers remplis de cônes de houblon.

Préparations pharmaceutiques. — Les deux parties vraiment usitées sont les cônes et le lupulin, très rarement les racines. L’infusion se prépare avec 10gr. de houblon pour un litre d’eau bouillante ; l’extrait aqueux se prend à la dose de 0gr.25 à 0gr.75 ; le sirop 20 à 100 gr., comme tonique. Le lupulin est prescrit comme sédatif, en nature 0gr.25 à 1 gr. en cachets ; en extrait 0gr.10 à 0gr.50 ; en teinture, 2 à 4 gr. ; en pommade, extrait alcoolique 3 gr. pour 30gr.d’axonge ou de vaseline. Ces doses sont pour des adultes ; il faut employer des doses bien plus faibles dans la médecine infantile, et selon le conseil du médecin.

En brasserie, le houblon joue un rôle très important dans la fabrication des différentes bières industrielles auxquelles il communique une odeur et une saveur agréables tout en assurant leur conservation par son lupulin et son tannin. Il sert aussi à la confection des bières de ménage, soit seul, soit en mélange avec d’autres plantes comme la gentiane, le frêne, le noyer, etc. C’est ce qui explique l’étendue qu’on accorde à sa culture dans un grand nombre de pays, surtout en Europe.

On utilise dans le Nord, en Belgique et en Allemagne, ses jeunes pousses comme légumes, au moment où elles sortent de terre ; on les prépare à la façon des asperges et des salsifis.

Observations commerciales. — Le houblon est au nombre des plantes qui méritent Une large place dans le Jardin familial, car, en dehors de ses emplois thérapeutiques et industriels, il compte à son avoir ses usages économiques dans la préparation des boissons. Sa vente pour l’herboristerie est très importante ; les prix en sont très variables : 1 à 4 fr., 2 fr. en moyenne le kilo pour les cônes ; 1 fr. à 1 fr. 20 pour les racines sèches, qui sont très peu demandées.

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