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La joaillerie actuelle

La Science Illustrée N° 581, 14 Janvier 1899

samedi 28 février 2009, par Lauryn

La joaillerie, après une éclipse de quelques années pendant la Révolution, se ranime un peu sous l’Empire et prend un développement plus considérable encore sous la Restauration. C’est l’époque des Biennais, des Benière, des Petiteau, des Morel. Pendant le règne de Louis-Philippe, ces artistes sont remplacés par d’autres au moins aussi habiles, tels que Charles Wagner, Froment-Meurice, dont les charmantes productions sont répandues dans le monde entier. C’est aussi l’époque où Rudolphi se crée une réputation par l’habileté avec laquelle il traite l’argent oxydé et l’emploie comme monture du lapis.

Depuis le début de la seconde moitié du siècle, le goût de la parure n’a fait que s’accroître et la faveur du public féminin est donnée de plus en plus aux pierres précieuses. Beaucoup de bijoux en sont entièrement formés car le métal noble dans lequel elles sont montées est aussi peu apparent que possible.

Nos joaillers actuels savent disposer habilement les gemmes selon leur éclat, leur forme et leur couleur. lis reproduisent volontiers les modèles les plus aimables de la nature, c’est-à-dire les fleurs ; une églantine en brillants forme une broche qui contente les plus difficiles. Souvent aussi les pierres sont disposées de manière à représenter une tête d’animal. Il y a quelques années, le célèbre joailler Massin avait exposé un splendide pendant de col, en brillants et perles noires, dont le principal motif était une tête de hibou traitée avec beaucoup d’art.

La gravure sur pierres fines, sans atteindre la perfection de la glyptique ancienne, est pratiquée par un grand nombre d’artistes de mérite à Rome, à Florence, à Venise et à Paris. Depuis le début du siècle, elle est enseignée à l’École des beaux-arts. A la différence de leurs prédécesseurs, les graveurs de nos jours recourent ordinairement à l’emploi des acides pour accélérer leur travail.

La caractéristique de notre époque dans les arts de la parure est la prédominance de la bijouterie d’imitation. Un syndicat des bijoutiers en faux existe depuis 1873 et une école professionnelle a été fondée en 1876. Sans doute, dès l’antiquité, on savait imiter certaines pierres précieuses, mais les progrès des sciences - et le besoin croissant du luxe dans toutes les classes de la population - ont amené aujourd’hui ces imitations à un degré merveilleux de perfection.

Dans l’ancienne Égypte, à Rome, on fabriquait de fausses perles à l’aide du verre. Au XIIIe siècle, dans l’Europe occidentale, on employa la nacre de certaines coquilles, mais l’éclat manquait. Dès le début du XVe siècle, des verriers vénitiens utilisèrent des perles en verre blanc nacré, souillé et rempli de gomme arabique ou de cire. En 1685, un patenôtrier (fabricant de chapelets) parisien résolut définitivement le problème en se servant de petites boules de verre qu’il enduisait intérieurement d’essence d’Orient, c’est-à-dire d’écailles d’ablettes, ramollies par l’ammoniaque.

Ce mode de fabrication des perles a atteint aujourd’hui une telle perfection qu’on les recherche pour les plus riches parures, même dans les pays où l’on trouve des perles naturelles.

Les gemmes ont été imitées aussi, à l’aide du verre, dans l’antiquité et au moyen âge. Les pierres fausses étaient quelquefois « si semblables aux vrayes », dit un écrivain du XIIIe siècle, que les plus habiles y étaient « bien souvent deceulx ». Toutefois, ce n’est que depuis l’invention du strass, vers le milieu du siècle dernier, que l’imitation des pierres fines. a atteint son plus haut degré de perfection. Cette sorte de cristal doit son nom à son inventeur, I’émailleur allemaud Strass. On lui donne toutes les nuances nécessaires au moyen d’oxydes métalliques.

La fabrication du strass, monopolisée par l’Allemagne jusqu’en 1819, a été introduite en France par un bijoutier parisien, Drouault-Wieland .

Le strass est remplacé avantageusement aujourd’hui, pour la fabrication du faux diamant, par le quartz hyalin.

Les travaux de Gaudin, d’Ebelmen, de Fremy, de Verneuil, de Moissan ont permis d’obtenir des rubis, des saphirs, des diamants véritables par les procédés du laboratoire.

Les gemmes ainsi préparées sont presque microscopiques, mais il n’est pas permis de douter qu’on puisse arriver, par un tour de main encore à découvrir, à préparer de plus gros cristaux. Le jour où ce progrès aura été réalisé sera le début d’une ère nouvelle pour la joaillerie .

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