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Alexandre Laboulbène

Dr A. Vermey, La Science Illustrée N°581 — (14 janvier 1899)

Mis en ligne par Denis Blaizot le vendredi 13 janvier 2017

Le professeur Alexandre Laboulbène, officier de la Légion d’honneur, membre de l’Académie de médecine, professeur d’histoire de la médecine et de la chirurgie à la Faculté de Paris, vient de mourir à l’âge de soixante-treize ans.

Il était né à Agen le 25 novembre 1825. Reçu interne des hôpitaux en 1849, Jean-Alexandre Laboulbène obtenait une grande médaille d’or au concours de l’internat en 1833, passait sa thèse de doctorat en médecine en 1854, sur le Nœvus en général, et devenait, en 1860, agrégé de la Faculté, puis médecin du bureau central en 1863.

Il fut chargé successivement d’un service médical à l’Hôtel-Dieu, à l’hôpital Necker, puis, plus tard ; à la Charité. Élu, en décembre 1875, membre de l’Académie de médecine, dans la section d’anatomie pathologique, il occupait, depuis 1879, la chaire d’histoire de la médecine et de la chirurgie, qu’il enseignait d’une façon si méthodique et si particulièrement intéressante.

L’homme était d’un abord agréable et d’un physique doux ; sa large figure légèrement colorée, qu’encadraient de légers favoris blancs et courts, était presque toujours souriante, et sa parole, relevée par un léger accent méridional, était lente, un peu sententieuse, peut-être même un peu trop doctorale, mais Laboulbène conserva de tout temps ce décorum magistral, apanage des vieux médecins d’autrefois, et qui tend à disparaître de plus en plus de nos jours.

Le Dr J. Noir le disait tout dernièrement : « Malgré sa haute érudition, ce savant, très convaincu de l’importance de la tâche qui lui était confiée, ne sut pas assez donner à son cours si intéressant et si complet de l’histoire de la médecine, le tour alerte et la forme anecdotique et épisodique qui eussent rendu agréable l’exposé, sans cela trop abstrait, de l’évolution des diverses écoles médicales. »

Néanmoins, on peut dire que la mort du professeur Laboulbène peut être, à juste titre, considérée comme une perte sensible pour la Faculté de Paris, car, grâce à lui, il y eut une véritable renaissance dans les études historiques de la médecine et de la chirurgie, trop abandonnées à notre époque ; il est utile, en effet, à celui qui assiste à l’évolution si rapide des doctrines médicales, de jeter un coup d’œil en arrière, et de ne pas dédaigner les savants d’autrefois.

Ses travaux sont trop nombreux pour pouvoir en donner la liste ; nous nous contenterons de dire que ce travailleur acharné et infatigable fut l’ami et collaborateur de savants illustres, tels que Milne-Edwards, Blainville, Brown-Séquard, Ch. Robin, A. Besnard, etc. Ses premières études eurent trait à l’anatomie pathologique, mais laissant, bientôt de côté cette branche des sciences médicales, il se voua plus particulièrement à l’entomologie et à l’étude des parasites ; ses œuvres les plus considérables furent un Traité d’anatomie pathologique fait à une époque où cette science ne donnait que des résultats incertains, et la Faune entomologique française, publiée avec M. Léon Fairmaire en 1854, ouvrage devenu classique et consulté toujours avec profit par les spécialistes.

Soit seul, soit en collaboration avec Ch. Robin, Édouard Perris, de Mégnin, il publia une série de monographies remarquables ; c’est ainsi qu’il étudia les causes de la phosphorescence des insectes et décrivit toutes leurs monstruosités ; il dévoila les mœurs de ceux qui ravagent les vignes, les oliviers, le colza, l’oranger et le noyer, sans parler d’autres plantes d’une utilité moins directe.

Le Dr Laboulbène fit preuve, dans ces diverses études, d’un talent d’observation incomparable et d’une érudition pénétrante ; aussi lui ouvrirent-elles les portes de la Société nationale d’agriculture, comme elles auraient pu lui ouvrir celles de l’Institut, si la mort n’était venue, d’une manière inopinée, lui ravir cette juste récompense de son labeur.

Les obsèques ont eu lieu à Saint-Denis d’Anjou (Mayenne) ; la Faculté y était représentée par M.le doyen Brouardel, le Pr Blanchard et MM. Hallopeau et Launois, agrégés. Plusieurs discours furent prononcés sur sa tombe et les Drs Blanchard et Hallopeau surent rendre un juste hommage à la mémoire de ce maître, dont l’œuvre scientifique, poursuivie dans des directions diverses, fut remarquable par les résultats importants qui en découlent, et dont la vie fut celle d’un travailleur infatigable, doué d’une intelligence vive et d’une mémoire prodigieuse ; d’un homme honnête et consciencieux, essentiellement bon et affable, d’un maître aimé et respecté - d’un savant - en un mot, d’un homme de bien.

Dr A. Vermey

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