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Charles Martins

Nécrologie parue dans La Nature N°825 du 23 Mars 1889

Mis en ligne par Denis Blaizot le jeudi 9 avril 2009

Ce savant, qui vient de mourir le 7 mars 1889 dans sa quatre-vingt-troisième année, était né à Paris le 6 février 1806. Il étudia la médecine à la Faculté de cette ville, et ne tarda pas à se faire remarquer par son zèle et ses rares aptitudes. « En 1859, dit M. Raphaël Blanchard dans une excellente notice biographique publiée dans le Progrès médical, Martins est nommé agrégé d’histoire naturelle à la Faculté de médecine de Paris et ne tarde pas à suppléer Achille Richard ; bientôt après, il fait, à la Sorbonne ; le cours de géologie, à la place de Constant Prévost. Puis il accomplit de nombreux et longs voyages. En 1851, la chaire de botanique de la Faculté de médecine de Montpellier est vacante : Martins l’obtient au concours et devient ainsi directeur du Jardin de botanique. Le 9 février 1865, il est élu membre correspondant. de l’Académie des sciences, dans la section d’économie rurale, par 44 voix contre 6 données à M. de Vibraye. En 1870, pendant le siège de Paris, l’Académie de médecine le nomme associé national. » Charles Martins avait les facultés de travail les plus variées ; dans le cours de sa longue carrière, et de ses nombreux voyages, il se livra avec un égal succès à l’étude de la météorologie, de la physique du globe, de la géologie, de la botanique, de la paléontologie, de l’anatomie comparée et de la physiologie. Il est versé dans la connaissance des langues étrangères, fait quelques traductions de l’allemand, accomplit des voyages scientifiques, qu’il raconte avec le style coloré d’un littérateur. Les glaces du Nord et la périlleuse ascension des plus hautes montagnes ont pour lui autant d’attrait que les déserts brulants de l’Afrique ou les splendeurs de l’Orient : il visite les uns et les autres, en observateur qui note les mœurs et sait les décrire, en naturaliste que la faune et la flore intéressent également, en physicien pour lequel les problèmes les plus ardus de la météorologie, de l’hydrographie n’ont pas de secrets. Revenu en son Jardin botanique de Montpellier, pour l’amour duquel il avait refusé les honneurs qui l’attendaient à Paris, il confie au papier ses impressions vibrantes encore et donne ainsi le jour à ce livre remarquable, plein d’aperçus nouveaux et de fines observations, Du Spitzberg au Sahara (1re édition en 1866). Après un séjour prolongé en Laponie, Martins, en 1844, tente avec Bravais et Lepileur l’ascension du Mont-Blanc, emportant avec lui toute une série d’instruments de physique. Esprit hardi et téméraire, il ne recule pas devant le danger, mais ne l’affronte pourtant que si son triomphe peut être profitable à la science. N’en a-t-il pas été ainsi de cette mémorable ascension, qui a permis de faire d’importantes observations et de vérifier les résultats annonces par de Saussure ? Martins estime à 4810 mètres l’altitude du Mont-Blanc au-dessus de la Méditerranée : la pression moyenne y est de 0m,42427. Il y a observé la température d’ébullition de l’eau.

Notre éminent maitre, M. Édouard Charton, dans une lettre qu’il nous a écrite récemment, nous rappelle les qualités d’esprit de Charles Martins qui fut son contemporain et son ami. A propos du charme de ses relations. M. Charton nous cite une anecdote que nous reproduisons : « Son caractère sociable, dit M. Edouard Charton, son aménité, la sureté de ses affections, permettaient de différer avec lui sans aucun froissement sur des questions philosophiques qui passionnent trop souvent jusqu’à l’irritation. Un jour lisant sur ma table, le mot « Immortalité » écrit en tête d’un de mes articles, il me dit : « Je n’ai jamais vu cela au bout de mon microscope ». — « Y avez-vous vu notre amitié ? » lui répondis-je. Charles Martins ne fit que sourire. »

Charles Martins a beaucoup écrit ; outre de nombreux Mémoires scientifiques et des ouvrages multiples, il a été l’un des collaborateurs les plus assidus du Magasin pittoresque et de plusieurs autres publications. L’œuvres de Charles Martins est considérable, et la science française perd en lui un chercheur, un explorateur, un savant et un philosophe du plus haut mérite. G. T.

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