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La porcelaine de Chine

G. Angerville, La Science Illustrée N° 711 – 13 juillet 1901

dimanche 3 octobre 2010, par gloubik

La fabrication de la porcelaine en Chine semble avoir commencé au Ile siècle avant notre ère. Des spécimens de cette industrie furent connus des Romains pendant leurs grandes guerres dans le centre de l’Asie ; les marchands de Rome les recevaient, sans en connaître la provenance, par les caravanes de la Tartarie qui se les transmettaient. A la suite des bouleversements qui signalèrent les premiers siècles de l’ère chrétienne les vases de porcelaine disparurent entièrement du marché. Ils sont cependant connus des Arabes dès le IXe siècle. Ceux-ci les introduisirent en Égypte et c’est probablement de ce pays qu’ils pénétrèrent en Europe vers la fin du XVe siècle. Ils y suscitèrent une grande curiosité et on ne parvint à réaliser cette belle matière céramique qu’au début du XVIIIe siècle.

La porcelaine de Chine est composée de kaolin et sa couverte est formée par une autre roche feldspathique, le pe-tun-tse, de sorte qu’elle s’harmonise complètement avec la pâte.

La pâte non couverte peut cuire seule et donne le biscuit, matière admirable pour le modelage des figures.

Rarement, en Chine, la porcelaine est laissée blanche ; son décor varie avec les époques.

Le décor le plus ancien et le plus estimé en Chine est celui en camaïeu bleu, obtenu à l’aide d’un cobalt sur la pâte simplement tournée et séchée, on pose ensuite la couverte, et on cuit. Aux époques les plus anciennes le cobalt n’était pas pur ; son éclat moins grand permet de fixer des dates approximatives aux vases appartenant à cette famille (famille du camaïeu bleu).

Les vases destinés à l’empereur étaient toujours bleus « comme le ciel que l’on aperçoit entre les nuages, a près la pluie », Ces porcelaines furent tellement appréciées, que les morceaux s’en vendaient comme des pierres précieuses et les mandarins étaient très honorés d’en accrocher un fragment à leur bonnet.

Les porcelaines bleues, en raison de leur destination, portent souvent un nien-hao, c’est-à-dire une marque indiquant la date de fabrication, des symboles et des signes variables avec le rang du destinataire.

Une deuxième famille très importante est celle des vases à peintures polychromes. Le P. d’Entrecolles nous apprend que la division du travail est de règle pour l’exécution de cette ornementation et que, sur un même vase plusieurs ouvriers se succèdent, « l’un a soin uniquement de former le premier cercle coloré que l’on voit près des bords de la porcelaine ; l’autre trace des fleurs que peint un troisième ; celui-ci est pour les eaux et les montagnes ; celui-là pour les oiseaux et les autres animaux.

Les porcelaines polychromes se divisent elles-mêmes en plusieurs groupes. Celui dit chrysanthemopæonien, à cause de la prédominance de ces deux fleurs dans la décoration, constitue la poterie usuelle qui, dans l’appartement ou au jardin, contient des fleurs coupées ou de ces curieux arbres nains, monstruosités dont la Chine seule connaît le secret. Les chrysanthèmes servent aussi aux usages domestiques (service de table, service à thé etc.) Notre gravure reproduit un très beau vase appartenant à ce groupe.

Le groupe vert dont la couleur est due à un sel de cuivre, a pour décors caractéristiques, les feuilles et les fleurs du nelumbo ou des sujets historiques ou religieux. Ses productions ornent les autels, servent aux libations, aux sacrifices.

Le groupe rose, qui a pour base décorante le pourpre de Cassius, est formé par des pièces si minces qu’on leur a donné le nom de coquilles d’œufs. Elles sont parfaites d’ordinaire, ornées richement et avec beaucoup de fantaisie. En dehors de ces deux familles principales : bleue et polychrome, il existe des pièces singulières par le façonnage ou la matière.

Les porcelaines réticulées, dont la paroi extérieure entièrement découpée à dessins arabesques est superposée à un second vase de forme analogue. Les vases de cette sorte sont très pratiques. pour le service du thé, le réseau extérieur des tasses permettant de les tenir à la main malgré la chaleur du liquide qu’elles contiennent.

Les porcelaines cloisonnées à jours ou à grains de riz présentent des découpures de la pâte qui ont été recouvertes, comme tout le reste, par l’émail. Il se forme donc, par transparence, un dessin très élégant dû au jeu des ombres et de la lumière.

L’architecture chinoise utilise souvent la porcelaine, sous forme de tuiles à émail coloré, de briques creuses qui s’ajustent, en galeries ou balustrades, de plaques peintes destinées à s’encadrer dans les murailles intérieures ou même dans les meubles.

La construction céramique la plus célèbre fut la tour de Nankin. Construite en 1403 sous l’empereur Young-Io, elle fut détruite lors de la révolte des Taïpings. Cette tour avait 80 mètres de hauteur avec seulement neuf étages symbolisant les sphères superposées des cieux. Le revêtement, entièrement blanc, se composait de briques de porcelaine émaillées à la face extérieure. Les entourages des ouvertures étaient seuls en porcelaine vernissée de jaune ou de vert et ornée en relief de figures de dragons.

G. ANGERVILLE.

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