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Édouard Lucas (1842-1891)

E. Lamarque, la Science Illustrée N°206 — 7 novembre 1891

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 23 mai 2010

M. Édouard Lucas vient de mourir, victime d’un accident qui paraissait sans gravité aucune. Il assistait, il y a quelques jours, au Congrès tenu à Marseille par l’Association française pour l’avancement des sciences ; président des sections de mathématiques et d’astronomie, il avait fait plusieurs communications fort intéressantes, et exposé notamment une nouvelle méthode de correspondance secrète inventée par le capitaine Bazeries. Un banquet fut offert aux membres du Congrès, au cours duquel un domestique laissa tomber, en passant près de M. Lucas, une pile d’assiettes dont l’une atteignit à la tête le savant professeur et détermina quelques égratignures près de l’oreille. Un érysipèle se déclara, et trois jours après, M. Lucas était mort.

Il n’avait que quarante-ne ut’ ans. Admis à l’École normale supérieure en 1861, il passa son agrégation en i864 et fut nommé astronome adjoint à l’Observatoire de Paris. Officier auxiliaire d’artillerie à l’armée de la Loire (i870-187i), il prit part aux combats qui précédèrent et suivirent les prises d’Orléans, de Blois et du Mans, et fut porté deux fois pour la croix de la Légion d’honneur.

En 1876, M. Lucas soutient ses thèses pour le doctorat : 1° Sur l’application du système de coordonnées tricirculaires et tétrasphériques à l’étude des propriétés des courbes et des surfaces anallagmatiques ; 2° Sur l’application des séries récurrentes à la recherche des grands nombres premiers.

Différents travaux, publiés dans les périodiques spéciaux, attirèrent vite l’attention sur le jeune savant, et lui valurent d’être nommé, à l’âge de trente-six ans, professeur de mathématiques spéciales au lycée Saint-Louis. Quiconque a été son élève rendra justice à l’excellence de son enseignement. Du reste, ce n’est pas seulement des jeunes aspirants à l’École polytechnique et à l’École normale que M. Lucas était connu ; il avait entrepris de répandre le goût de la science dans le grand public au moyen de conférences. Il traitait fréquemment, le dimanche, des questions de mathématiques amusantes dans le grand amphithéâtre du Conservatoire des. Arts-et-Métiers , réguli8rement trop petit pour con tenir le public qui se.présentait, M. Lucas faisait preuve, dans ces conférences, d’autant d’esprit que de savoir. A l’écouter, on s’instruisait en riant. Pourtant, il était d’une timidité excessive ; il éprouvait en parlant, un « trac », que rendait sensible, malgré ses efforts pour le cacher, le tremblement de sa voix.

Les publications de M. Lucas, disséminées dans des revues, seront, il faut l’espérer, réunies quelque jour en volumes. Il n’existe actuellement de lui, sous forme de livres que deux ouvrages intitulés : Récréations mathématiques, deux petits chefs-d’œuvre par l’ingéniosité et par le talent.

Qui a connu M. Lucas l’a estimé et aimé ; qui a été son élève lui a gardé un souvenir reconnaissant ; qui a pu apprécier son savoir le tiendra pour un des plus éminents mathématiciens de notre époque.

E. Lamarque

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