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Lamarck par Marcel Blot

Marcel Blot, La Nature N°1801, 30 novembre 1907

Mis en ligne par Denis Blaizot le lundi 13 juillet 2009

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Jean de Lamarck

Nos lecteurs savent qu’on doit prochainement élever une statue de Lamarck au Muséum d’Histoire naturelle. cette réparation tardive sera, nous l’espérons, le prélude d’un autre hommage, plus digne de celui qui en sera l’objet, nous voulons dire cette édition nationale de ses œuvres, si nécessaire et jusqu’ici si vainement attendue. Aujourd’hui en effet, les exemplaires de ses travaux sont si rares que seuls les érudits peuvent y avoir accès et qu’on est trop souvent réduit à ne les connaître que de seconde main.

Lamarck est cependant le père de ce qu’il y a de meilleur dans les doctrines actuelles des naturalistes, l’auteur responsable, le précurseur, de beaucoup d’idées philosophiques qui tour à tour ont connu le succès au cours du XIXe siècle, et nous croyons devoir, en quelques lignes, exposer la portée de son œuvre. Pour cette tâche d’ailleurs, nous nous servirons surtout de matériaux empruntés à ces quatre magnifiques Discours d’ouverture des cours de zoologie de Lamarck (an VIlI, an X, an XI, et 1806) que l’éminent biologiste, M. Giard, vient de rééditer, dans le célèbre Bulletin scientifique de la France et de la Belgique (1907).

Ces discours, résumant les principes de Lamarck en ce qui concerne les sciences naturelles, mesurent l’intérêt que présentera la réédition totale de l’œuvre.

Rappelons d’abord que Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck, né à Bazentin (Picardie), le 1e août 1744, après avoir été abbé, puis militaire, ne tarda pas à se fixer à Paris et se consacra tout entier à la botanique. En 1778, il publia, sous le patronage de Buffon, la Flore française ou Description succincte de tous les genres de plantes qui croissent naturellement en France, où, pour la première fois, apparaît ce procédé de la clé dichotomique qui facilite si grandement les déterminations. Chargé ensuite de rédiger la partie botanique dans l’Encyclopédie, Lamarck commença, bientôt après, sa publication en trois volumes de l’illustration des genres (1791, 1795, 1800), où il donne, avec 900 planches, les caractères de 2000 genres de plantes. Il était alors conservateur des herbiers au Jardin des Plantes, ce qui lui assurait d’assez maigres moyens de vivre, quoique sa réputation fût, déjà, européenne.

Heureusement le décret du 10 juin 1795, qui réorganisa le Muséum d’Histoire naturelle, vint enfin donner à Lamarck une position officielle digne de lui. Il fut adjoint à la chaire de zoologie, occupée par son cadet et futur disciple, Geoffroy Saint-Hilaire, et chargé des insectes et des vers, ces deux noms désignant alors tout cet ensemble dont on ne soupçonnait ni la grandeur ni l’ordre, et dont Lamarck allait débrouiller le chaos. C’est à ce poste, qu’il occupa jusqu’à sa mort (18 décembre 1829), que Lamarck publia la série de ses nombreux travaux :

  • Recherches sur les causes des principaux faits physiques (1794) ;
  • Mémoires de physique et d’histoire naturelle établis sur des bases indépendantes de toute théorie (1797) ;
  • Réfutation de la théorie pneumatique et de la nouvelle doctrine des chimistes modernes (1796) ;
  • Hydrogéologie (1802) ;
  • Système des animaux sans vertèbres (1801) ;
  • Extrait du cours de zoologie du Muséum d’ Histoire naturelle sur les animaux sans vertèbres (1812) ;
  • Histoire naturelle des animaux sans vertèbres (1815-1822) ;
  • Mémoires sur les coquilles fossiles des environs de Paris (1802-186-1823) :
  • Annuaire météorologique (1800-1810) ;
  • Système général des connaissances positives de l’homme restreintes à celles qui proviennent directement ou indirectement de l’observation (1820).

On comprend que nous ne puissions pas entrer dans l’examen détaillé de cette production. Nous nous attacherons seulement aux idées du naturaliste, dont l’essence, comme nous l’avons dit, se trouve concentrée dans les quatre admirables discours d’ouverture réédités par M. Giard.

C’est dans ces discours, en effet, que Lamarck jette les bases de celle classification des êtres vivants que l’on a pu développer depuis, mais qui, dans ses grandes lignes et plus encore dans son esprit directeur, est restée et restera.

A la base, après avoir séparé le règne végétal et le règne animal, Lamarck établit dans celui-ci deux grandes coupures, d’une part, les animaux à vertèbres (mammaux, oiseaux, reptiles, poissons), de l’autre les animaux sans vertèbres. Quant à ceux-ci, il les divise en 9 groupes, ce qui fait 13 classes dans le règne animal, en comptant les vertébrés. Nous croyons devoir citer in extenso le schéma de la Classification des animaux sans vertèbres que nous empruntons au discours de 1806.

1
Animaux ayant des branchies,

un système de circulation,

des nerfs, et des organes sexuels.
1. Les mollusques

2. Les cirrhipèdes

3. Les annélides

4. Les crustacés
2
Animaux ayant des trachées aérifères,

soit bornées, soit générales,

des stigmates pour l’entrée de l’air,

des nerfs et des organes sexuels.
5. Les arachnides

6. Les insectes
3
Animaux respirant par des pores

ou des trachées aquifères.

Plus de nerfs, plus d’organes sexuels.
7. Les vers

8. Les radiaires
4
Animaux n’ayant aucun organe

spécial autre que l’ébauche

d’un organe de déjection.
9. Les polypes

Nous n’entrerons pas dans l’étude détaillée des définitions que donne Lamarck de chacune des 13 classes ainsi rangées, mais nous devons indiquer la grande idée lamarckienne qui fait de cette classification, non pas seulement un moyen commode de retrouver un être déterminé, mais par-dessus tout un ordre véritable ; c’est celle observation que, du haut en bas de la série de ces 13 classes, c’est-à-dire en allant des mammaux aux polypes, il existe « une dégradation soutenue dans l’organisation des animaux qu’elles comprennent, une simplification croissante de l’ organisation de ces corps vivans, et une diminution progressive du nombre de leurs facultés. En sorte que, si l’extrémité inférieure de cette échelle offre le minimum de l’animalité, l’autre extrémité en présente nécessairement le maximum [1] . » D’autre part Lamarck observe en plusieurs endroits que le nombre des représentants de chaque classe est d’autant plus grand qu’on descend davantage dans la série, c’est-à-dire qu’on s’adresse à des classes présentant plus de simplicité. De sorte qu’en la ramenant à ce qu’elle a d’essentiel, la classification de Lamarck est une série linéaire où chacune des grandes masses qui la composent est caractérisée par le rapport de la compréhension à l’extension ; c’est. sur le jeu des mêmes termes antinomiques qu’est établie la classification des sciences de Comte, cet esprit par tant d’endroits apparenté à Lamarck, et, d’un point de vue purement philosophique, un tel type de classification est à coup sûr celui qui satisfait le plus à l’esprit.

Mais si, dans le pèle-mêle des formes vivantes qui coexistent sur notre planète, Lamarck introduisait ainsi le meilleur ordre possible, il devait cependant aller . plus loin : Cet ordre, établi sur l’examen des formes coexistantes, était à la rigueur valable seulement dans l’espace : Lamarck affirma qu’il possédait une égale valeur dans le temps. De même que, dans l’espace, l’esprit humain peut suivre la complexité croissante des formes de la vie. de même, dans le temps, la nature, après avoir produit d’abord les formes les plus simples, s’est élevée lentement et par étapes jusqu’aux plus parfaites. Affirmer que ce qui est vrai dans l’espace et dans la logique est également vrai dans le temps et dans la vie, telle est à nos yeux l’originalité profonde, ce que nous croyons devoir appeler le postulatum de Lamarck. Par une telle affirmation, Il dépassait en vérité de beaucoup le cadre des seules sciences naturelles — donnait une méthode nouvelle à la pensée humaine, et qui devait être prochainement employée par Comte, affirmant, à l’exemple du grand naturaliste précurseur, que la classification des sciences n’était pas, seulement une conception de la scolastique, mais représentait une loi historique de l’esprit humain. Nous employlons d’ailleurs à dessein le mot de postulatum pour désigner ce qui nous paraît la plus haute pensée de Lamarck ; c’est que, chez lui, cette pensée apparait bien plus comme philosophique, — une sorte de principe a priori destiné à faire la science — que comme le résultat dune enquête sur les destinées de la vie aux époques passées ; cette enquête, qui d’ailleurs justifia Lamarck, c’est aux paléontologistes qu’en revient la gloire, à ces paléontologistes qui, lorsqu’ils s’appelaient Cuvier, Barrande, d’Orbigny même, furent obstinément opposés, et, croyons-nous, pour des raisons profondes, aux doctrines transformistes qu’ils travaillaient inconsciemment à démontrer.

Au contraire, pour expliquer le plus simplement possible l’ordre d’apparition des formes successives de la vie, Lamarck, dès l’abord, pensa qu’elles descendaient les unes des autres, par une série de transformations, ce qui est, comme on sait, la doctrine de l’évolution et du transformisme : « La nature me paraît être parvenue à faire exister tous les corps naturels que nous observons et qui font le sujet de vos études ... tous ces corps étant véritablement sa production, il a suffi que quelques-uns d’entre eux aient été formés directement par elle, tandis qu’elle n’a participé a l’existence de tous les autres qu’indirectement, les ayant fait successivement dériver des premiers, en opérant peu à peu, et à la suite de beaucoup de temps, des changements et une composition croissante dans l’organisation de ces corps vivants et en conservant toujours par la voie de la reproduction les modifications acquises, ainsi que les perfectionnements obtenus [2] . »

Mais par quels moyens la nature réalise-t-elle ces modifications successives ? Quel est le mécanisme de l’évolution ? Lamarck n’a pas manqué de se poser, et longtemps avant Darwin, cette question, qui est celle de l’origine des espèces, et, dans ce qu’elle a d’essentiel, sa solution reste la vraie. Devançant d’un siècle l’heureuse formule d’Ernest Solvay qui définit l’être vivant « une réaction [3], Lamarck voit en lui la position d’équilibre obtenue à chaque instant dans le conflit des forces internes et des circonstances extérieures. Le milieu crée dans l’être des nécessités, auxquelles il répond en se modifiant, de sorte que c’est seulement par une illusion que nous pouvons considérer la vie d’un point de vue statique, — l’équilibre est à chaque instant différent de ce qu’il était auparavant, la vie est un perpétuel devenir :« La conformation des individus et de leurs parties, dit Lamarck, ... leurs organes, leurs facultés, etc., etc., sont entièrement le résultat des circonstances dans lesquelles la race de chaque espèce s’est trouvée assujettie par la nature .... Ce n’est point la forme, soit du corps, soit de ses parties, qui donne lieu aux habitudes, à la manière de vivre des animaux .... ce sont au contraire les habitudes, la manière de vivre et toutes les circonstances influentes qui ont avec le temps constitué la forme du corps et des parties des animaux. Avec de nouvelles formes, de nouvelles qualités ont été acquises et peu à peu la nature est parvenue à l’état où nous la voyons actuellement [4] ». — « L’habitude d’exercer un organe, dans tout être vivant qui n’a point atteint le terme de la diminution de ses facultés, non seulement perfectionne cet organe, mais même lui fait acquérir des développements et des dimensions qui le changent insensiblement ; en sorte qu’avec le temps, elle le rend fort différent du même organe considéré dans un autre être vivant qui ne l’exerce point ou presque point. Il est aussi très facile de prouver que le défaut constant d’exercice d’un organe l’appauvrit graduellement et finit par l’anéantir [5] » — textes importants dont il faut encore rapprocher les trois lois suivantes : (( Premièrement : l’exercice de la vie, et conséquemment du mouvement organique qui en constitue l’activité, tend sans cesse non seulement à étendre et à développer l’organisation, mais il tend en outre à multiplier les organes et à les isoler dans des foyers particuliers .... Secondement : l’emploi habituel d’un organe, surtout s’il est fortement exercé, fortifie cet organe, le développe, accroît ses dimensions, agrandit et étend ses facultés .... Troisièmement : enfin, les efforts faits par le besoin pour obtenir des facultés nouvelles, se trouvant aidés du concours des circonstances favorables, créent avec le temps, les organes nouveaux qui sont propres à ces facultés, et qu’ensuite un long emploi développe [6] » . Lamarck a d’ailleurs illustré ces affirmations d’exemples nombreux, qui, quoi qu’on en ait dit, restent pour la plupart bien choisis et pleins de valeur, car, jusque dans l’exemple classique de la girafe qui allonge le cou pour atteindre sa nourriture, nous croyons qu’une lecture trop littérale du texte permet seule d’y voir du ridicule, l’idée se ramenant à affirmer que la forme de la girafe est fonction de ses nécessités biologiques.

Lamarck, d’autre part, a voulu montrer quelles sont ces circonstances de milieu qui agissent sur la vie pour lui donner ses formes, et nous citerons entre autres à ce sujet l’important passage suivant : « Les principales circonstances favorables naissent de l’influence des climats, des variations dl’ température de l’atmosphère et tous les milieux environnants, de la diversité des lieux, de celle des habitudes, des mouvements, des actions, enfin de celle des moyens de l’ivre, de se conserver, se défendre, se multiplier, etc., etc. [7] » Ce petit paragraphe semble le plan d’un travail sur ce que de nos jours on a appelé les facteurs primaires de l’évolution [8]. Telle est bien d’ailleurs la portée des recherches de Lamarck ct ce en quoi il se différencie profondément de Darwin ; celui-ci en effet, suivant le mot de M. Giard, « prend les variations telles qu’il les rencontre, sans s’occuper de les rattacher à leurs causes immédiates, et il cherche par quelle loi ces variations peuvent être fixées pour constituer les races et les espèces nouvelles )), il démontre les facteurs secondaires de l’évolution,

Il est intéressant de se demander ce que devient la notion d’espèce dans ce vaste système conçu par Lamarck, et l’on sait qu’il s’est livré à cc propos une des plus grandes luttes scientifiques de ces derniers siècles, — qui devait aboutir à classer les naturalistes en transformistes ou en non transformistes, c’est-il-dire en adversaires ou en partisans de la fixité des espèces. Aujourd’hui, dans l’esprit de la plupart des naturalistes, devenus, avec raison selon nous, adeptes du transformisme, la lutte paraît terminée — ce qui nous semble vrai et la défaite des partisans de la fixité consommée - ce qui nous semble faux. Nous devons oser le dire en effet, il nous paraît qu’on a posé à tort a priori, dans les deux camps qui se faisaient face et qui se courraient d’arguments, la similitude du problème du transformisme et du problème de la fixité. Nous croyons qu’il y a là non pas un, mais deux problèmes, bien distincts, de sorte qu’à la rigueur il est indifférent que l’on croie ou ne croie pas à la fixité des espèces pour être ou ne pas être transformiste. Et, pour dire entièrement notre pensée, nous allons plus loin encore : entre Lamarck, qui écrit : « j’ai longtemps pensé qu’il y avait des espèces constantes dans la nature et qu’elles étaient constituées par les individus qui appartenaient à chacune d’elles, maintenant je suis convaincu que j’étais dans l’erreur à cet égard et qu’il n’y a réellement dans la nature que des individus [9] » et Cuvier, qui en se basant sur l’observation d’animaux de l’ancienne Égypte, comparés à ceux d’aujourd’hui, affirmait au contraire la constance de ces mêmes espèces, nous n’hésitons pas à considérer que c’est ce dernier qui est dans la vérité, et qu’il serait temps de rendre enfin cet hommage à son génie que, sur la question de la fixité, il eut entièrement raison contre Lamarck. Ce serait nous entraîner trop loin que de faire la preuve de cette affirmation, sur laquelle nous aurons peut-être prochainement à revenir, et nous nous contenterons de deux remarques : la première est cette observation faite par le regretté philosophe Hamelin, dans son admirable Essai sur les éléments principaux ; de la représentation, qu’il y a quelque chose de contradictoire à admettre la non fixité de l’espèce, puisque ce concept est précisément caractérisé par l’idée de fixité ; la seconde, qui corrobore celle vue philosophique, est la découverte des faits de mutation, récemment effectuée dans le règne végétal et sur laquelle nous reviendrons : ils montrent clans les cas étudiés, que ce n’est pas lentement, par une insensible modification, mais brusquement, par une sorte de saute, que la vie se modifie dans ses formes successives ; pour parler rigoureusement, il n’y a pas en réalité de transformisme d’espèce à espèce, mais passage de l’une à l’autre, comme il n’y a pas transformation, mais naissance, de la mère à l’enfant. Sur ce point donc, le progrès de la science a rectifié les vues du grand naturaliste ; alors qu’il demandait, pour l’accomplissement des transformations effectuées par la nature, des durées de temps considérables, nous savons maintenant au contraire, nous croyons savoir, que c’est en des temps brefs que se fait le passage d’une espèce à l’autre ; ensuite de quoi l’espèce nouvelle semble se maintenir stable pour un devenir incomparablement long, jusqu’à ce que vienne, — pour l’anéantir et la remplacer par une espèce nouvelle, sa fille, — une autre crise, une autre révolution, pour restaurer l’expression si heureuse de Cuvier.

Marcel Blot


[1Discours de l’an X, p. 62, de l’édition Giard. 0n se rendra exactement compte de cette dëqradation progressive par le tableau du règne animal joint à ce discours d’ouverture et que nous reproduisons dans le Supplément du présent numéro, p. 213.

[2Discours de 1806, éd. Giard, p. 110.

[3Formules d’introduction à l’énergétique.

[4Discours de l’an VIII, éd. Giard, p. 28. Cf. Discours de l’an X, p. 72.

[5Discours de l’an X, éd. Giard, p. 75.

[6Discours de l’an XI, éd. Giard, p. 88-90.

[7Discours de l’an VIII, éd. Giard , p. 27.

[8M. Giard a fait, sous ce titre, un cours à ta Sorbonne publié chez Croville Morant ; une admirable introduction précise, d’une façon particulièrement nette, la valeur de Lamarck et de Darwin.

[9Discours de l’an X, éd. Giard, p. 80.

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