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L’émaillerie

La Science Illustrée N° 662, 4 Août 1900

Mis en ligne par Lauryn le dimanche 22 février 2009

Les émaux sont des composés métalliques qui se vitrifient par fusion. On les emploie pour recouvrir, protéger ou orner une foule d’objets. Il y a lieu de distinguer les émaux sur terre et sur porcelaine, dont nous parlerons en étudiant la céramique, et les émaux sur métaux qui feront l’objet de cet article.

L’émaillerie ainsi comprise est l’art d’appliquer à chaud sur un métal pris comme fond, un fondant ou verre, teinté de différentes couleurs à l’aide d’oxydes métalliques. Son histoire constitue un des chapitres les plus importants de l’art décoratif.

Le fondant s’obtient en mélangeant en proportions variables, suivant le métal sur lequel on veut l’appliquer, du sable siliceux très pur, de l’oxyde de plomb, de la soude ou de la potasse dont la fusion au creuset donne un produit incolore et transparent que l’on pulvérise après refroidissement. On y mêle, pour le colorer, des poudres d’oxydes métalliques divers selon la teinte désirée oxyde de cobalt pour le bleu, oxyde d’antimoine pour le jaune, oxyde de chrome ou de cuivre pour le vert, chlorure d’or pour le rouge, oxyde de manganèse pour le noir, oxyde d’étain pour le blanc, etc.

Après un mélange intime du fondant incolore et d’un oxyde métallique, la poudre obtenue est transformée à l’aide d’un peu d’eau en une pâte qu’on étale avec une spatule ou un pinceau sur la portion du métal qu’on veut orner. La pâte est localisée sur cette portion à l’aide d’artifices dont nous parlerons plus tard. On chauffe fortement la plaque et la poudre qu’elle supporte ; on obtient un verre coloré ou émail qui fait corps avec le métal. Un polissage à émeri donne ensuite à l’émail un éclat convenable.

Il faut distinguer avec soin les émaux véritables des pâtes de verre. Ces dernières, préalablement fondues et refroidies, sont fixées à froid sur le métal comme une sorte de mosaïque.

Le métal choisi comme excipient ne peut être quelconque, il faut, en effet, qu’il supporte sans altération la température de fusion de la poudre d’émail. L’argent doit être écarté parce qu’il s’oxyde et perd son brillant. L’or, le cuivre sont seuls employés. L’émailllage est une opération très délicate car la dilatation que subit au feu le métal est suivie d’un retrait qui peut détériorer l’émail.

Parmi les oxydes métalliques utilisés, les uns modifient uniquement la teinte du fondant mais le laissent transparent (émaux translucides ou transparents) ; d’autres, au contraire, transforment le fondant au point de ne plus laisser voir le métal (émaux opaques). Il existe donc des émaux verts opaques, des rouges transparents et des rouges opaques, etc. Seul l’émail blanc, à base d’oxyde d’étain, est toujours opaque.

Les anciens ont-ils connu l’émaillerie ? Cette question a donné lieu à des discussions interminables. On pourrait cependant y répondre à priori par l’affirmative quand on sait quelle habileté possédaient leurs verriers ; verre ou émail c’est tout un.

Sans doute, ils ont surtout pratiqué sur or, au moyen de pâtes de verre, des incrustations à froid, mais le Musée du Louvre possède des bracelets d’or égyptiens, des figures d’animaux, des tiges, des fleurs qui sont des émaux cloisonnés incontestables. Des bijoux de provenance grecque et romaine en sont aussi.

Des fouilles exécutées au mont Beuvray, près d’Autun, sur l’emplacement de l’ancienne Bibracte, la capitale des Eduens, ont révélé l’existence en Gaule, à l’époque de César, d’ateliers d’émailleurs. On y a trouvé des pièces de harnachement de bronze incrusté à chaud d’émail rouge. Des pièces non terminées, des déchets de fabrication découverts dans l’atelier même ne peuvent laisser aucun doute sur la nature de la matière employée.

Au début du moyen-âge l’émaillerie devint très florissante à Byzance ; puis plus tard en France et en Italie. Après une longue période de décadence, elle redevient en faveur à notre époque.

Nous avons examiné dans une série d’articles les différentes façons dont les émaux peuvent être appliqués sur le métal qui leur sert d’excipient. Les émaux cloisonnés, champlevés, transparents sur relief, émaux peints ont fait l’objet d’articles spéciaux.

Notre gravure reproduit un célèbre émail cloisonné conservé à Oxford, à Ashmoleian Muséum, et que l’on considère comme ayant appartenu au roi Alfred le Grand (871-901). Cet émail connu sous le nom de joyau d’Alfred, a la forme d’un cachet. Le personnage nimbé d’un dessin informe porte en mains deux sceptres ou tiges fleuronnées. Le fond est bleu ; l’émail employé est de trois couleurs. C’est un émail cloisonné d’or sur plaque d’or.

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