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Les émaux cloisonnés

La Science Illustrée N° 661, 28 Juillet 1900

Mis en ligne par Lauryn le dimanche 22 février 2009

Le cloisonnement est la méthode la plus ancienne d’émaillerie ; il consiste à séparer par des lames de métal les différentes teintes d’émail qu’on veut obtenir. Ces cloisons jouent un rôle analogue à celui des châssis de plomb dans les vitraux.

Pour faire un émail cloisonné on prend une lame mince d’or, d’argent doré ou de cuivre dont on relève les bords verticalement sur tout son pourtour, de manière à en faire une sorte de caisse peu profonde, à la face supérieure de laquelle on trace au poinçon, en trait continu ou simplement en pointillé, les contours du dessin qu’on se propose de reproduire en émail.

On découpe dans une feuille mince d’un des métaux énumérés plus haut de petites bandes dont la largeur doit être égale à la profondeur de la caisse. Ces petites bandes sont courbées à l’aide de pinces de façon à suivre les contours du dessin et, en même temps, à séparer les unes des autres les différentes teintes d’émail ; elles sont fixées à l’aide de gomme ou de résine.

Dans chacun des compartiments ainsi formés on verse des émaux en poudre dont les oxydes métalliques varient avec chaque compartiment suivant la couleur qu’on veut obtenir. On ajoute à la poudre de l’eau gommée et quand la pâte est sèche on place la pièce sur une plaque de tôle, on la recouvre d’une chape percée de trous dont les ébarbures sont en dehors pour empêcher la cendre de passer et on porte dans un four chauffé à une température suffisante pour déterminer la fusion des émaux.

Quand celle-ci est obtenue, on laisse refroidir lentement pour éviter toute rupture de l’enduit vitrifié, par contraction brusque du métal. On voit alors que la plupart des émaux ont baissé ; ils occcupent moins de place qu’en poudre. Il faut mettre une seconde couche de poudre et recommencer la fusion jusqu’à ce que les cases soient complètement remplies.

Un polissage à l’émeri, fait avec beaucoup de soin, met partout de niveau l’émail et les cloisons et donne un grand éclat au travail.

Les émaux cloisonnées sont fort gracieux. La feuille de métal affleurant par sa tranche à la surface de l’émail forme tout autour un trait d’or délié qui relève les couleurs.

Les émaux cloisonnés à jour, simples variétés des cloisonnés ordinaires s’obtenaient de la manière suivante, d’après Benvenuto Cellini.

Dans une caisse en fer très peu profonde et ayant la forme de l’émail qu’on voulait produire on déposait à l’aide d’un pinceau une mince couche de terre afin d’empêcher l’adhérence. Puis on plaçait dans cette caisse le dessin formé à l’aide de minces lames de métal comme dans les émaux cloisonnés. On introduisait les poudres d’émail et, après fusion, on polissait. En retournant la caisse de fer, l’émail se détachait des parois qui avaient joué le rôle d’un moule et l’on avait ainsi une sorte de vitrail dont les couleurs étaient séparées par de minces cloisons de métal.

Un autre procédé des plus intéressants est celui de la fabrication des émaux en résille sur verre. Supposons que sur une mince plaque d’or on veuille reproduire une fleur en émail, on repousse en creux ce motif de décoration, on le remplit de l’émail désiré et on fait cuire. Quand on retourne la plaque, ce motif décoratif fait saillie à son tour sur un champ qu’on émaille à l’aide d’un émail transparent. On use alors à la meule la feuille d’or qui forme le champ de la première face émaillée et sert d’excipient à l’émail de la seconde face. On obtient ainsi une fleur en or émaillée, noyée dans une masse vitreuse.

L’émaillerie cloisonnée est originaire d’Orient ; elle est ordinairement sur or. Les plus beaux cloisonnés ont été exécutés par les orfèvres byzantins, du VIe siècle jusqu’au XIVe. Dès le XIIe siècle ce procédé eut à lutter avec l’émaillerie champlevée de Limoges.

Après une longue période de déclin et même d’oubli presque complet, le XIXe siècle a assisté à une résurrection de l’émaillerie cloisonnée. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil sur notre gravure qui reproduit un beau vase cloisonné exposé par Cristofle en 1878.

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