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Le casque antique

La Science Illustrée N° 643, 24 Mars 1900

Mis en ligne par Lauryn le samedi 21 février 2009

Le casque est, comme on le sait, une arme défensive destinée à protéger le crâne. Les casques antiques et ceux de nos cavaliers modernes répondent bien à cette définition ; les casques fabriqués pendant tout le moyen-âge et jusqu’à la fin du XVIe siècle, enfermaient complètement la tête, comme une coquille entoure la noix ; le nom de défenses de tête qui leur a été donné, leur convient donc parfaitement et les différencie du casque antique.


La forme la plus simple du casque est évidemment une calotte s’emboîtant exactement sur le crâne. De cuir ou de peau d’abord, cette calotte fut, bientôt, renforcée de lames de métal, puis entièrement métallique. Pour l’orner, autant que pour en augmenter la solidité, on y ajouta une jugulaire pour la fixer sous le menton, et qui se fit de plus en plus large pour protéger les joues ; une visière pour mieux garantir la face contre le tranchant des armes, un cimier pour l’orner, etc. La forme et la disposition de ces pièces varièrent à l’infini.

Chez les Assyriens, le casque, peu agréable à l’œil, était formé d’une calotte surmontée le plus souvent d’une sorte de corne recourbée en avant.

En Grèce, au temps d ’Homère, le casque, terminé par un couvre-nuque allongé, était surmonté d’un long cimier où s’implantait une sorte d’éventail en crin, que les tableaux des peintres du premier empire ont rendu célèbre. Il était muni sur les côtés de un ou plusieurs petits cônes portant des plumets. Agamemnon avait à son casque quatre de ces porte-plumets.

Les monuments grecs nous montrent d’ailleurs, par les sculptures dont ils sont couverts, trois types distincts de casques. Le plus ancien se compose d’une calotte, d’un garde-nuque allongé et d’une visière relevée purement décorative. Un long cimier court d’avant en arrière.

Le second modèle est le casque-type, le casque de Minerve, si connu, avec calotte profonde, longue visière rabattue et garde-nuque. Parfois dépourvu de cimier il est surmonté de la figure d’un animal, lion, chouette, cheval, etc. La visière était percée de deux trous pour les yeux ; car, pendant le combat, on l’enfonçait si profondément qu’il couvrait le visage.

Le troisième type est le casque béotien à calotte profonde, long garde-nuque, larges jugulaires fixes qui couvrent entièrement les côtés du visage et font corps avec le garde-nuque. En avant, dans le vide entre les jugulaires, descend une lame de fer ou nasal pour protéger le nez. Les guerriers préféraient ce casque à tous les autres en raison de la protection efficace qu’il leur offrait.

Chez les Etrusques, l’armure de tête est aussi fort variée. Tantôt c’est une calotte métallique avec ou sans cimier ; tantôt un timbre cimique allongé surmonté de deux ailes énormes lui donnant un aspect étrange.

Quant aux Romains, ils portèrent d’abord une simple calotte de cuir à mentonnière, puis un casque en cuir rappelant un peu la forme du casque grec. Au temps de Trajan, les légionnaires se couvraient d’un casque de fer peu profond avec garde-nuque et large jugulaire de fer. A la fin de l’empire, il s’élève et rappelle la forme à la Minerve.

Les Gaulois adoptèrent le casque romain, mais en y ajoutant des appendices, cornes de chèvre, de taureau, ailes d’oiseau, etc., qui le rendirent méconnaissable.

Avec la décadence romaine, le port du casque tombe en désuétude ; les batteurs d’armures deviennent incapables d’en forger d’une seule pièce et pendant les premiers siècles de l’ère chrétienne, ils ne savent qu’unir, à l’aide de rivets, des coquilles de fer.

Cette période de déclin n’est que momentanée, la fabrication des armures va prendre pendant le moyen-âge un essor extraordinaire et atteindre une perfection inimaginable.

Pour permettre la comparaison entre le travail des armuriers de l’antiquité et du moyen-âge, nous reproduisons, à côté d’un casque de gladiateur, une belle salade à queue du XVe siècle, ayant appartenu à Boabdil, dernier roi maure de Grenade. C’est un merveilleux spécimen de l’armurerie arabe, en même temps qu’un remarquable exemple de gravure sur acier et d’incrustation de métaux précieux, analogue aux procédés de damasquinure. Cet art fut très florissant en Espagne où il est encore exercé de nos jours.