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La cheminée au moyen-âge

La Science Illustrée N° 624, 11 Novembre 1899

vendredi 27 février 2009, par Lauryn

Les Anciens n’ont pas connu la cheminée d’appartement. Le combustible destiné au chauffage domestique était placé dans un brasier ou dans un chariot à feu plein de braise ardente que l’on transportait dans les différentes salles. Chez les Grecs, ces boîtes en métal plus ou moins décorées et reposant sur quatre pieds qui affectaient le plus souvent la forme de pattes d’animaux, se nommaient escharion. La fumée sortait par les portes, les fenêtres ou par une ouverture pratiquée dans la toiture. Ce procédé primitif était employé à Rome, aussi Vitruve recommandait-il de ne pas orner de peintures les chambres d’hiver parce que la fumée les aurait promptement détériorées. La douceur du climat de la Grèce et de l’Italie explique ce peu de complication dans le mode de chauffage.

Cependant les Romains ont connu aussi des calorifères souterrains ou hypocaustes dont les conduits transmettaient la chaleur à travers l’épaisseur des murs (Voir Science Illustree, t. IX, p. 54.)

Pendant la période gallo-romaine, en Gaule et en Angleterre, les édifices publics et les demeures des riches furent chauffés avec des hypocaustes ; mais les gens du peuple, obligés de passer les mois d’hiver dans des salles closes, furent conduits par les inconvénients de la fumée à lui ménager une issue disposée, de manière que la pluie pût tomber dans le foyer sans inconvénients pour eux. Ces constructions ou cheminée permettaient non seulement de chauffer l’appartement mais encore d’utiliser le foyer pour les besoins domestiques. Au XIe siècle leur usage était général ; elles pénétrèrent peu à peu dans les riches demeures et amenèrent la suppression des hypocaustes. Ces cheminées du début du moyen-âge sont énormes ; elles tenaient presque toute la largeur des salles, on y mettait des bancs, et des escabeaux. pour s’asseoir dedans et dessous, les pieds dans un panier en vannerie servant d’écran. Certaines cheminées dans les habitations actuelles de nos paysans sont construites sur un modèle analogue et c’est sous leur manteau que se passent les longues veillées d’hiver. Elles ne consistèrent d’abord qu’en une simple hotte pyramidale suspendue au-dessus du foyer ; plus tard on les munit d’un chambranle porté sur deux montants appelés jambages ou pieds-droits et d’une frise supportant une tablette horizontale. La pierre, l’albâtre, le marbre, suivant la richesse du propriétaire de l’habitation, servaient à les construire. Beaucoup étaient surchargées d’ornements consistant en peintures, dorures, sculptures. Pendant l’été, on garnissait l’âtre de verdure et de feuillage naturels.

Au XIIIe siècle, les cheminées atteignent leur maximum de largeur ; leur manteau se taille en arc plus ou moins fermé, la forme de la hotte s’arrondit légèrement.

Au XVe siècle les cheminées des châteaux sont de magnifiques monuments.

Notre gravure reproduit une belle cheminée du XVe siècle provenant de la ville du Mans dont elle porte l’écusson. Conservée actuellement au musée de Cluny elle a une largeur de 4 mètres, c’est-à-dire quatre fois celle de nos cheminées actuelles. Grâce à des restes encore visibles de la décoration primitive, on a restauré les peintures. Sur le bandeau sont sculptés huit personnages figurant les âges de la vie.

Dans la plupart des habitations une seule pièce était garnie d’une cheminée, cependant il y en avait parfois plusieurs dont les conduits se réunissaient tous dans un même tuyau débouchant au-dessus du toit.

Ces cheminées énormes avaient un défaut capital ; la presque totalité du combustible y brûlait en pure perte, le tirage était très défectueux et la fumée Se répandait souvent dans la pièce.

Ce n’est pourtant qu’à la fin du XVIIIe siècle que la construction de ces appareils de chauffage commence à s’améliorer au point de vue du rendement. On diminua la largeur et la hauteur des âtres ; la section des tuyaux de fumée fut réduite. Malgré ces aménagements, le rendement en chaleur est toujours hors de proportion avec le combustible dépensé, c’est ce qui amena l’usage du calorifère.

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