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La grande comète de 1882

La Nature N°509 — 3 mars 1883

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 20 juillet 2014

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Nous avons publié précédemment un grand nombre de documents divers, provenant des régions les plus éloignées du globe, sur la grande comète de 1882. Celui que nous offrons aujourd’hui à nos lecteurs est assurément l’un des plus curieux ; il consiste en une lettre et une magnifique photographie qui nous sont envoyés de Pondichéry à la date du 23 janvier 1883 ; nous reproduisons l’une et l’autre.

J’ai l’honneur de vous envoyer une photographie de la grande comète, prise sur le quai de Pondichéry, le 27 septembre à 4h 57m du matin. On y remarque très bien, l’éclat du noyau, la convexité de la queue, dirigée vers le Sud, le sillon d’ombre qui partage la queue dans toute sa longueur, enfin le mince filet rectiligne qui semble continuer la partie convexe de la queue ; cette particularité remarquable n’a pas encore été signalée, je crois, dans les articles parus dans La Nature.

Rien ne peut vous donner une idée du spectacle vraiment saisissant que nous offrait chaque matin le lever de ce magnifique astre, et ce n’était pas sans une réelle émotion qu’on voyait cet immense faisceau incandescent sortir de l’horizon et s’élever dans le ciel, pendant qu’une colonne de feu semblait glisser à la surface de la mer, et menacer les observateurs placés sur le rivage.

Nous avons été favorisés par un temps superbe, et pendant de nombreux jours nous avons pu chaque matin contempler à notre aise ce splendide météore.

La photographie a été prise par un indigène du nom de Francine.

J. Philaire, Pharmacien de 1e classe de la marine.

Notre collaborateur M. Richard Cortambert, nous a, d’autre part, communiqué les observations qui ont été faites au Congo.

Un de mes correspondants, M. Louis Petit, installé à Landana, tout près de l’embouchure du Congo, me signale l’apparition depuis le commencement de novembre de la magnifique comète qui pour les Africains de l’Ouest se voyait à partir de trois heures du matin dans la direction est ; le noyau ne se distinguait pas très bien, mais son immense queue se voyait, paraît-il, admirablement. — Elle était très lumineuse, beaucoup plus longue, infiniment plus belle, que la comète que le même voyageur put voir en France en 1881.
Richard Cortambert