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La lumière zodiacale, le système météorique et la couronne solaire

Revue générale des sciences pures et appliquées — 15 Aout 1902

Mis en ligne par Denis Blaizot le samedi 13 juin 2020

Dans un récent et curieux mémoire communiqué à la British astronomical Association, M. Bompas émet l’idée que la lumière zodiacale et la couronne solaire font toutes deux parties d’un immense anneau de météores circulant autour du Soleil et dont font partie également les étoiles filantes, qui ne seraient que des corpuscules de cet anneau dont le passage à travers notre atmosphère produit l’incandescence.

L’auteur rappelle d’abord que presque toutes les particularités observées dans la lumière zodiacale ont conduit à l’opinion, généralement admise actuellement, que ce phénomène est du à un anneau de météores circulant autour du Soleil, s’étendant au delà de l’orbite terrestre et dont les particules réfléchissent la lumière solaire.

Cela résulte des faits d’observation suivants:la lumière zodiacale se trouve à peu près exactement dans le plan de l’écliptique elle a sa plus grande extension, pour les deux hémisphères, vers le mois de janvier, et dans la direction de l’antiapex du Soleil, et, à ce moment, on observe souvent qu’elle s’étend sans discontinuité de l’horizon est à l’horizon ouest ; d’autre part, Piazzi Smyth a trouvé que la position de la lumière zodiacale parmi les étoiles est la même à la même saison, qu’elle soit observée dans le sud de l’Afrique ou à Ténérife, à 62° de là, ou encore en Angleterre, à 56° de latitude Nord. Ce fait, et l’orientation que présente la lumière zodiacale dans le plan de l’écliptique, et non dans celui de l’équateur terrestre, semblent suffisants pour rejeter l’opinion, émise par quelques auteurs, que la lumière zodiacale serait un anneau météorique ou nébuleux entourant la Terre. Enfin, les observations polariscopiques ont prouvé qu’elle consiste en une matière qui réfléchit la lumière solaire.

Il semble donc vraisemblable que la lumière zodiacale est un anneau elliptique de météores circulant autour du Soleil, ayant son aphélie au delà de l’orbite terrestre dans la direction de l’antiapex du Soleil, et son périhélie à l’intérieur de l’orbite terrestre.

D’autre part, on sait qu’une multitude de météores circulent autour du Soleil, tant dans les grands courants périodiques que dans les nombreux courants sporadiques que M. Denning a étudiés. On a calculé que 20 millions, ou, si l’on y comprend les météores télescopiques, 200 millions de météores tombent journellement dans l’atmosphère terrestre. D’ailleurs, les étoiles filantes semblent généralement avoir leur point d’émanation ou leur aphélie dans la région de l’antiapex du Soleil, où la lumière zodiacale possède aussi sa plus grande extension. Cette direction générale des étoiles filantes est démontrée par leur variation semi-annuelle le nombre des étoiles filantes observées est beaucoup plus grand pendant les six derniers mois de l’année que pendant les six premiers, vraisemblablement parce que, pendant le second semestre,les vitesses absolues des météores et de la Terre par rapport à l’apex, étant de sens inverses, s’ajoutent, tandis qu’elles sont de même sens et se retranchent pendant le premier semestre. Cette direction générale des météores a été confirmée, d’ailleurs, par l’étude de 918 radiants catalogués par M. Denning et qui ont une direction moyenne dont l’ascension droite est 120°, c’est-à-dire à peu près celle qui correspond au point de la plus grande extension de la lumière zodiacale.

De tous ces faits l’auteur conclut, assez logiquement semble-t-il, que les Étoiles filantes d’une part, la lumière zodiacale de l’autre, sont dues à un même anneau de météores circulant autour du Soleil et dont les particules, quand elles ne font que réfléchir la lumière solaire, forment la Lumière zodiacale, tandis qu’elles constituent les étoiles filantes quand leur passage à travers notre atmosphère les rend incandescentes.

Dans la seconde partie de son mémoire, l’auteur montre que les filaments incandescents de la couronne solaire ne sont vraisemblablement que les parties les plus rapprochées du Soleil de cette grande circulation météorique, et que ce ne serait qu’un effet de perspective qui leur donnerait les apparences si caractéristiques observées pendant les éclipses.