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Arnaud Bey

E. Hamy, Science et Nautre N° 49 — 1er Novembre 1884

Mis en ligne par Denis Blaizot le mercredi 1er mai 2013

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Les personnes qui suivent avec assiduité les séances de la Société de géographie de Paris y ont rencontré fort souvent un grand et robuste vieillard, aux allures militaires, le visage coloré, la moustache et la barbiche blanches, coiffé d’un fez et serré dans une stambouline. C’était J .P. Arnaud, Arnaud Bey, le géographe et l’ethnographe intelligent, actif et dévoué des deux expéditions envoyées,en 1840 et 1841, par Méhémet-Ali à la recherche des sources du Nil.

Ce vénérable doyen de la géographie française s’est éteint le 8 juin 1884, au Vésinet, à l’âge de soixante-douze ans, sans avoir eu le bonheur de voir publiés les volumineux manuscrits, fruits de ses recherches le long du grand fleuve africain, entre les 15e et 4e degrés de latitude Nord.

On a cependant d’Arnaud Bey une carte, la plus détaillée qui existe aujourd’hui du cours du Nil entre Khartoum et l’île de Janker, sur une longueur de 1600 kilomètres ; un tableau comparatif des crues du Nil, observées pendant seize années ; des travaux de nivellement considérables exécutés dans la région inférieure du . fleuve ; de précieuses collections d’histoire naturelle et d’ethnographie, déposées au Muséum, au Louvre, au Musée de Douai.etc. ; enfin divers fragments de relations insérés aux Bulletins de la Société de Géographie pour 1842 et 1843.

Il avait eu à cette dernière date la grande médaille de la Société, et son nom figure en lettres d’or dans le vestibule de l’hôtel du boulevard Saint-Germain.

Sa bienveillance et sa rondeur, dit très justement son élève et ami M. Duveyrier, lui avaient acquis l’affection de tous ceux qui l’ont approché, et longtemps ses collègues se rappelleront cette figure sympathique qu’ils aimaient à retrouver dans la salle de nos séances, où elle représentait le dernier débris de cette pléiade d’ingénieurs, de médecins, d’officiers de terre et de mer, de penseurs et d’artistes français qui ont si profondément et si utilement affirmé sur la terre d’Égypte la mission civilisatrice de notre race.

E. Hamy