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Influence des attitudes sur les déformations du corps

La Nature N°509 — 3 mars 1883

Mis en ligne par Denis Blaizot le dimanche 27 juillet 2014

Nous empruntons les éléments de cette notice à un excellent ouvrage que vient de publier le Dr A. Proust, sous le titre Éléments d’hygiène, 1 vol. in-18 pour l’Enseignement secondaire des jeunes filles, 151 figures dans le texte (G. Masson, éditeur). Ce petit livre qui peut être considéré comme le vade mecum de la famille, renferme les plus utiles notions sur l’hygiène de l’enfance et de la jeunesse.

L’hygiène est l’art de conserver et de perfectionner la santé. Elle comporte l’étude de toutes les conditions qui assurent la prospérité de l’individu et de l’espèce, qui les améliorent moralement et physiquement. Nous signalerons aujourd’hui, d’après le résumé que vient d’en publier le Dr A. Proust, quelques faits relatifs à l’un des plus intéressants chapitres de l’hygiène, celui qui se rapporte aux bonnes attitudes du corps dans les principaux travaux de l’école ou de l’atelier. La manière d’écrire peut exercer une influence très fâcheuse sur la forme du corps. M. le Dr Dally a montré, entre autres, devant la Société de médecine publique, comment l’écriture dite anglaise, lorsqu’on oblige en même temps l’élève à appuyer le bras gauche à la table, amène aisément une incurvation de la colonne vertébrale vers la gauche.

Cette position, maintenue chaque jour, pendant plusieurs heures de suite, au moment du développement, finit par amener des déformations définitives. En Suisse, 20% des écoliers, 40% des écolières, ont une épaule plus haute que l’autre. C’est, en effet, l’école qui est la cause la plus habituelle des déformations, en obligeant l’enfant à une attitude plus ou moins vicieuse.

L’élève pour éviter ces inconvénients, devra être assis d’aplomb, la ligne des épaules horizontale et parallèle au bord de la table en évitant de creuser les reins. Il n’aura aucun des coudes appuyé sur la table ou tous les deux également. M. le Dr Mathias Roth (de Londres), qui a étudié spécialement toutes ces questions, a publié, à ce sujet, de nombreuses figures représentant les mauvaises attitudes, celles qu’il faut éviter, et les bonnes qu’il s’agit de s’appliquer à prendre. Nous reproduisons les dessins très caractéristiques (fig. 1) qui indiquent pour les jeunes filles les inconvénients trop fréquents d’une mauvaise position au piano.

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Parmi les professions manuelles, en dehors de celles qui touchent à l’industrie proprement dite, il en est qui sont plus particulièrement réservées aux femmes, telles que la couture, la tapisserie, le repassage, la garde des enfants. On sait les dangers particuliers que fait courir l’usage trop prolongé et pas assez interrompu par des intervalles dé repos, de machines à coudre ; mais même pour les ouvrières qui travaillent l’aiguille à la main, il est important de noter que d’ordinaire elles prennent alors une attitude des plus fâcheuses. M. le Dr Mathias Roth a encore appelé l’attention à ce sujet ; dans le dessin ci-contre (fig. 2) il montre comment ces ouvrières plient le corps en deux, penchant le corps en avant et repliant une jambe l’une par-dessus l’autre ; les organes digestifs comprimés ne fonctionnent plus alors avec régularité, sans compter les troubles apportés à la circulation et les déviations de la colonne vertébrale. Par opposition, la figure 3 indique l’attitude normale que devraient prendre les couturières.

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Nous emprunterons encore à M. le Dr A. Proust, quelques-unes des sages recommandations qu’il adresse au sujet des vêtements. Après avoir signalé l’importance de l’ampleur des vêtements qui doit être plus ou moins grande, selon l’âge et le climat, l’auteur insiste sur ce point, que toute compression excessive, en gênant la circulation capillaire, produit sur les parties de corps où elle s’exerce, des congestions dangereuses et des déformations souvent incurables.

Il ne faut pas, ajoute le Dr Proust, que la ceinture ou le corset porte jusqu’à l’exagération la finesse de la taille. Il y a une perversion de goût et, disons-le, un coupable attentat contre soi-même, dans cette application de certaines femmes et de certains hommes, à réduire à un étranglement ridicule et choquant, la partie moyenne du corps. La femme mince est loin d’être la femme svelte. Le corset trop serré, trop raidi par des lames de baleine, détruit la gracieuse ondulation des lignes, rend la marche saccadée, plaque le visage de rougeurs malsaines, et surtout, en contrariant le libre jeu des organes respiratoires, paraît être une cause de phtisie.

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