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Les miroirs étamés

La Science Illustrée N° 588, 4 Mars 1899

samedi 28 février 2009, par Lauryn

Rien n’est intéressant comme de suivre une industrie depuis ses débuts, la chose n’est pas toujours possible. Grâce aux travaux de M. Berthelot, cette curiosité bien légitime peut être satisfaite en ce qui concerne l’industrie des miroirs.

Nous avons déjà parlé des miroirs métalliques de l’antiquité et des miroirs de verre doublés de métal du moyen âge. Dès le début de la Renaissance apparaissent les miroirs étamés qui constituent un grand progrès. L’amalgame d’étain blanc, brillant, liquide dès la température ordinaire, pouvait être appliqué à froid sur des surfaces planes et épaisses.

En 1507, deux ouvriers de Murano, nommés Andréa et Domenico, annoncèrent au Conseil des Dix qu’ils avaient trouvé le moyen de préparer par la nouvelle méthode d’excellents miroirs de verre. Un privilège de vingt ans leur fut accordé.

Un demi-siècle plus tard, la fabrication des glaces avait pris un tel développement, dans la ville des doges, que les miroitiers y formaient une corporation distincte de celle des verriers proprement dits.

Les glaces de Venise, petites encore, taillées en biseau sur leur pourtour, étaient le plus souvent enchâssées dans un cadre de verre à reliefs polychromes. Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, la miroiterie de Venise occupa le premier rang en Europe.

Cependant, malgré les prohibitions et les menaces les plus terribles du gouvernement vénitien, dès la fin du XVIe siècle des établissements rivaux, fondés par des ouvriers qui étaient parvenus à s’échapper, fonctionnaient en Allemagne.

En France, les premiers essais furent exécutés à Paris, à la fin de 1630, par Eustache Granmard et Antoine d’Antonneuil, mais ils ne furent pas couronnés de succès. En 1665, Colbert réussit enfin à fonder l’industrie des glaces françaises. Il fit venir des ouvriers français qui travaillaient à Venise et les réunit à la verrerie de Tourlaville (maintenant commune de La Glacerie), près de Cherbourg. En 1684 plusieurs autres usines furent créées.

L’année 1686 vit apparaître un grand perfectionnement dans la fabrication des miroirs de verre.

Jusqu’alors on n’avait utilisé que des glaces soufflées, c’est-à-dire obtenues à la façon des verres à vitre et forcément de petites dimensions. Un verrier normand, Lucas de Néhou, inventa le coulage des glaces, méthode qui est encore suivie actuellement pour les pièces de grande taille. C’est à Paris, dans un établissement fondé par Abraham Trévart, que furent coulées les premières glaces. En 1.692, l’usine fut transférée à Saint-Gobain où elle existe encore actuellement. Elle a servi de type à toutes celles que l’on a montées depuis un peu partout.

En Angleterre, la première glacerie à coulage fut établie en 1773 à Revenhead, dans le Lancashire. C’est là que fut imaginé, en 1788, le polissage des glaces à la mécanique, opération qui, jusque-là, s’était faite à la main.

Par leur usage même, par leur encadrement, les miroirs forment un chapitre important de l’étude des, arts décoratifs. Au XVIe siècle, les cadres des petits miroirs sont en métal ciselé, orné d’émaux, de perles et de gemmes. A Venise, ils sont en verre orné de mille façons ingénieuses. A partir de la fin du XVIIe siècle les cadres sont en pâte dorée ou en bois sculpté et suivent les modifications des styles, Imposants et majestueux sous Louis XIV, ils sont moins réguliers, mais très gracieux avec son successeur, s’ornent de guirlandes aimables dans le style Louis XVI pour devenir froids et sévères sous l’Empire.

Le dernier progrès important dans l’industrie des miroirs a eu lieu vers le milieu de notre siècle. Il a consisté dans le remplacement de l’étain amalgamé, très nuisible à la santé des ouvriers, par l’argent précipité chimiquement, dont l’emploi est plus économique et qui donne une très grande netteté aux images. En 1835, Liebig, par une expérience de laboratoire, montra la possibilité de l’argenture des glaces. Le chimiste anglais Drayton, en 1844, la réalisa pratiquement, sa méthode consiste à déposer à la surface de la glace, préalablement bien nettoyée, une dissolution d’azotate d’argent mélangée d’un peu d’alcool et d’une huile essentielle. On chauffe légèrement et l’argent réduit se précipite avec un brillant et une adhérence extraordinaires.

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