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Chicorée sauvage

A. Truelle - Supplément à La Nature N° 2724 - 19 juin 1926

dimanche 15 février 2009, par gloubik

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Le jardin familial des plantes officinales
L’ensemble de ces articles est disponible en un volume de 227pages.

Il ne s’agit ici que de la chicorée sauvage (Cichorium Intybus L.), Synanthérées chicoracées, qui a pour synonymes Chicorée amère, herbe à café, Herbe amère, etc., et non des nombreuses variétés cultivées dans les jardins et provenant du Cichorium Endivia (L.).

Habitat. — Elle croit partout, dans toute la France, sur les bords des chemins et dans les lieux incultes.

Description sommaire. — Plante vivace, bisannuelle. Racine longue, pivotante, de la grosseur du doigt, brune au dehors, blanche en dedans, renfermant un suc laiteux. Tige droite, cylindrique, atteignant 0 m. 80 à 1 m. Feuilles alternes, velues, les inférieures profondément découpées, les caulinaires petites, lancéolées, entières. Fleurs (juillet-septembre), en capitules sessiles, géminés, d’un beau bleu, rarement blanches ou roses. Graines (achaines), tétragones, surmontées d’une couronne d’écailles.

Culture. — Elle est semblable à celle de la chicorée à café si répandue dans le Nord de la France. Elle demande une terre profonde et saine, bien ameublie, afin de ne point diviser les racines. La terre de jardin argilo-siliceuse, fraîche, sans excès d’humidité, lui convient bien. Il faut, cependant, la fumer à l’automne avec du fumier décomposé ou avec du superphosphate de chaux : 4 kg à l’are ou 3 kg de nitrate de soude.

Multiplication. — Elle a lieu par semis qu’on peut faire à toute époque de l’année, mais de préférence à fin avril. Il est bon, d’après MM. A. Goris et .1. Demilly, de mettre tremper les graines, comme il est d’usage en Flandre, pendant deux jours avant le semis, afin qu’étant gonflées leur germination soit hâtée. On sème à la volée, en planche ou mieux en lignes espacées de 30 ou de 60 cm selon le cas. On emploie 250 à 300 gr. de graines par are avec le semis en lignes et r litre 500 avec le semis à la volée (A. R. et D. B.). Elles doivent être semées « claires » quand on vise la production des racines et un peu plus épaisses lorsqu’il s’agit des feuilles. On roule pour fixer les graines au sol ; dans le Jardin familial on se contentera de les couvrir légèrement de terre et de les arroser. La levée peut avoir lieu entre 6 et 15 jours.

Soins culturaux. — On effectue le premier binage lorsque les plantes ont quelques centimètres de hauteur, pour détruire les mauvaises herbes dès leur apparition. Au moment du second binage, qui est fait un mois après, on éclaircit les plantes qui seront laissées à 12 cm les unes des autres. Il est utile de procéder, en été, à de fréquents arrosages, mais l’important est de tenir le sol très propre, afin de favoriser le développement des plantes. La culture peut durer 2 à 3 ans, mais la production serait plus avantageuse si les semis étaient annuels.

Récolte. — Elle doit avoir lieu la première année, aussi bien pour les feuilles que pour les racines Les premières, généralement destinées à l’herboristerie, sont plus développées et l’on peut en faire plusieurs coupes de juin à septembre avant que la plante ne monte. Les secondes sont plus charnues et faciles à traiter, tandis qu’elles tendent à devenir ligneuses la seconde année. On les arrache de septembre à octobre.

Séchage et conservation. — On étale les feuilles en couches minces dans un grenier ou un local très aéré et on les remue peu ; elles perdent leur couleur en se desséchant. Comme elles attirent facilement l’humidité, il est indispensable de les conserver dans un endroit sec. Les racines bien nettoyées sont coupées en morceaux de 2 cm et mises à sécher au soleil ou, de préférence, à l’étuve. On estime que 10 kg de feuilles fraîches donnent 1 kg 55o de feuilles sèches.

Composition chimique. — Les feuilles contiennent : extractif amer, chlorophylle, albumine, sucre, plusieurs sels, entre autres du nitrate de potasse. Les racines renferment de l’inuline. (Dr H.).

Propriétés thérapeutiques. — Les feuilles constituent toujours un remède populaire comme dépuratif dans les différentes maladies de la peau. En outre, elles sont regardées comme apéritives, digestives, stomachiques, toniques, etc. Elles entrent dans le suc d’herbes, à parties égales avec le cresson, la fumeterre et la laitue, ainsi que dans la médecine du curé de Deuil. La racine figure dans les sirops de chicorée simple et composé, excellent dépuratif et laxatif pour les enfants. Je rappellerai qu’elle sert de base à l’industrie du « café-chicorée », laquelle fait consacrer dans le Nord de nombreux hectares à sa culture. Les graines entraient dans les 4 semences froides.

Préparations pharmaceutiques. — Le dernier Codex prescrit une infusion de 10 gr, pour un litre d’eau bouillante. Racines 20 pour 1000 ; sirop de chicorée composé 40 gr. pour les enfants ; suc dépuré de feuilles 50 à 250 gr. ; extrait 1 à 5 grammes.

Observations commerciales. — La vente des feuilles et des racines de chicorée est forte. Les prix payés par l’herboristerie ont varié pour les feuilles de 0 fr. 50 à 2 fr. le kilogramme et, pour les racines, de 0 fr. 90 à 1 fr. 75.

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