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Les Opuntia

Gustave Regelsperger, La Science Illustrée N°559 août 1898

Mis en ligne par Denis Blaizot le mercredi 11 mars 2009


La forme des opuntia est caractéristique, et il est facile de reconnaitre ces plantes dès le premier abord. Ce sont des plantes grasses, dont la tige charnue est aplatie et présente des étranglements successifs qui la divisent en autant de raquettes et correspondent à chaque ramification.

Les opuntia rentrent dans la grande famille des cactacées, qui comprend deux groupes bien distincts, les opuntiées et les céréées ou cierges.

Les opuntia Chez tous les végétaux de la famille des cactacées, les feuilles sont avortées, sauf dans le pereskia , chez lequel les rameaux axillaires portent une ou plusieurs feuilles membraneuses ou pétiolées. Quant aux épaisses palettes des opuntia, elles se montrent toutes dépourvues de feuilles ; celles-ci existent pour­ tant à l’état rudimentaire, et leur place est indiquée par autant de coussinets desquels partent les bourgeons et qui portent souvent des touffes de poils et des pointes plus ou moins développées. Ces poils et ces épines représentent les feuilles.

Les opuntia ont des fleurs sans tube calicinal. Les sépales et les pétales naissent directement au-dessus de l’ovaire. Ces divisions sont nombreuses et disposées sur plusieurs rangs. Les étamines, en nombre indéfini, sont insérées au dedans des pétales et plus courtes qu’eux.

Les fleurs, solitaires, se montrent sur les coussinets qui portent les poils et les pointes. Elles sont quelquefois très grandes et très belles, avec des couleurs brillantes et une odeur plus ou moins pénétrante.

Le suc des tiges est tantôt aqueux et mucilagineux, d’autres fois laiteux et âcre comme celui des euphorbes.

Le fruit est une baie tantôt lisse, tantôt hérissée d’aspérités, remplie à l’intérieur d’une pulpe dans laquelle sont nichées des graines à test dur, noir, brillant, ponctué. Les fruits de l’Opuntia vulgaris, connus vulgairement sous les noms de figues d’Inde, ou de figues de Barbarie, sont comestibles.

Toutes les espèces d’opuntia sont originaires de l’Amérique où elles habitent surtout entre les tropiques, mais elles s’avancent aussi dans les régions tempérées Jusqu’au 49e degré de latitude boréale et au 30e de latitude australe. Elles ne paraissent pas craindre le froid, car elles abondent sur les hautes montagnes où on les rencontre jusqu’auprès de la limite des neiges éternelles, au milieu des pierres et des rochers.

Les opuntia sont particulièrement abondants en Californie. Notre gravure montre une haie très épaisse et très ancienne qui a été formée avec ces plantes. Son origine se rattache à l’histoire des missions envoyés par les Espagnols en Californie à la fin du siècle dernier. Quand, en 1771, le voyageur espagnol Potola eut achevé son exploration de San Diego à Monterey, il décida de fonder une mission dans la vallée de San Gabriel. Malgré les sentiments hostiles des indigènes, deux pères s’y installèrent avec vingt et un hommes, en août 1771. La mission prospéra, et ce fut pour lui faire une clôture que, en 1806, le père Jose Maria Zalvidea fit entourer d’une haie d’opuntia tout le domaine de la mission, qui n’avait pas moins de cent acres, C’était là une muraille impénétrahle qui protégeait mieux qu’aucune autre l’établissernent européen contre les agressions des indigènes. Cette énorme haie, qui avait plusieurs milles d’étendue, subsiste encore et constitue une des curiosités historiques de la vallée de San Gabriel.

De l’Amérique septentrionale, qui semble être son pays d’origine,. l’Opuntia vulgaris ou nopal, s’est répandu dans toutes les régions méditerranéennes, où il s’est si bien naturalisé qu’il semble y former un des traits distinctifs de la végétation. Plusieurs botanistes ont prétendu que cette espèce n’avait pas été importée, et qu’il existe des opuntia originaires de l’ancien continent, mais rien ne démontre suffisamment ces assertions.

Le figuier de Barbarie a pris une grande importance dans les contrées méridionales de l’Italie. Il est devenu prospère dans des terrains stériles où aucune autre plante ne peut végéter. Avec peu de soins culturaux, il donne des fruits abondants et agréables d’où l’on extrait un alcool d’excellente qualité et à bun marché. Ses raquettes servent aussi de fourrage frais pour les bestiaux.

Les racines de la plante se prêtent très bien à la consolidation des terrains enclins à s’ébouler, et peuvent arrêter les mouvements des rivages sableux, en même temps que leurs buissons protègènt des embruns salés les cultures qui avoisinent la mer.

Les fruits du figuier de Barbarie sont exportés à Marseille, à Londres, à Liverpool et dans divers ports de l’Amérique et de l’Asie. Actuellement, en Sicile, il n’y a pas moins de 25000 hectares occupés par cette culture.

On cultive dans ce pays trois sortes d’opuntia.

L ’Opuntia ficus indica, qui a été la première espèce introduite en Sicile et la première répandue, à cause de la saveur exquise et de l’arôme spécial de son fruit.
L’Opuntia amyclea, plus robuste que le précédent, est cultivé dans la partie orientale de la Sicile, pour la défense des fonds ruraux.
L’Opuntia dillenii, le dernier qui ait été introduit en Sicile, se distingue par ses faibles dimensions et par son aptitude à immobiliser les sables sur le bord de la mer et à former des haies pour les champs.

Chez la première espèce, ce sont les variétés à fruits jaunes et à fruits blancs qui sont les plus recherchées, ces fruits étant plus doux, plus aromatiques. Il existe aussi une variété à fruits rouges.

Plusieurs espèces d’opuntia sont cultivées dans les jardins à titre de curiosité. On peut citer l’Opuntia cylindrica, du Pérou, et l’Opuntia microdasys, du Mexique, qui sont de serre tempérée. L’Opuntia vulgaris peut être cultivé en plein air, même sous le climat de Paris, à la condition d’être planté en sol léger et à une exposition abritée et très chaude.

On multiplie facilement l’opuntia par bouturage des articles détachés des pieds mères, en les mettant en pots quelques jours après les avoir coupés. Ils émettent plus rapidement des racines lorsqu’ils sont légèrement flétris. Plusieurs espèces d’opuntia rendent des services en nourrissant sur leurs rameaux la cochenille, cet insecte si recherché pour la teinture.

Messages

  • J’ai acheté, il y a un an, un opuntia ( je ne connais pas son nom exact). Il vit dans ma salle de séjour toute l’année.
    Depuis quelques jours il devient mou et se plie. De quoi cela peut-il provenir et que faire ?
    Merci de bien vouloir me répondre.
    A bientôt

    • Les conditions de culture ne sont pas adaptées ; ce ramollissement pouvant signifier qu’il est en train de pourrir. Je vous rappelle que les cactées, mis à part quelques épiphytes, ont avant tout besoin de beaucoup de lumière. En plein hiver, un endroit très éclairé mais pas nécessairement chauffé leur convient parfaitement. L’arrosage doit être réduit voire inexistant de la fin novembre au début mars s’ils sont placés dans un lieu très frais.

      Attention néanmoins à les placer hors gel. Quelques espèces supportent le gel mais pas toutes loin s’en faut.

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