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Les parfums dans la toilette

La Science Illustrée N° 543, 23 Avril 1898

samedi 28 février 2009, par Lauryn

Les usages des parfums sont innombrables, Nous avons parlé de leur emploi dans les cérémonies du culte chez presque tous les peuples et dans la plupart des religions ; de leurs applications aux cérémonies funéraires et à la conservation plus ou moins parfaite des cadavres. On leur a trouvé des propriétés médicinales, comme nous l’avons déjà vu. Les Chinois sont convaincus qu’une petite boule de musc placée sous l’ongle de l’orteil est un préservatif assuré contre la morsure des serpents.

Pendant l’antiquité et au moyen âge, les aromates ont tenu une grande place dans les banquets et festins ; les Romains en mettaient dans leur vin , les Égyptiens actuels les affectionnent dans leur café.

Dans les fêtes publiques, on parfumait les promeneurs et souvent aussi les fontaines. En 1548, la ville de Paris paya six écus d’or à Georges Marteau « pour herbes et plantes de senteur pour embaumer les eaux des fontaines publiques lors des derniers esbattements ».

En Orient, on n’aspire la fumée de l’opium ou du tabac qu’après l’avoir fait passer à travers l’eau aromatisée du narguileh. Le nez de quelques priseurs n’apprécie que le tabac parfumé. Il faut, de même, à certaines dévotes, des chapelets en bois odorant.

L’une des applications les plus bizarres des parfums est celle qui consiste à en introduire dans la maçonnerie. Il existe plusieurs mosquées, entre autres, celle de Zobéide, à Tauris, qui ont été construites avec du mortier mélangé de musc. Comme cet arôme est des plus persistants, l’atmosphère en est constamment imprégnée surtout quand le soleil échauffe ces murs antiques.

Le plus souvent, on se contente de parfumer l’intérieur de l’appartement sans se préoccuper des murs. Les brûle-parfums, les pots-pourris ont été, aux siècles précédents, d’un emploi très général dans les classes élevées. Dans le pot-pourri, à la différence du brûle-parfums, les odeurs ne proviennent pas d’une combustion, elles proviennent d’essences ou de mixtures complexes semi-fluides qui laissent échapper leurs émanations par le couvercle percé de trous.

Il nous reste à envisager, pour terminer, l’emploi qui a été fait de tout temps des parfums pour la toilette ; usage qui n’est sans doute pas près de disparaître.

En Égypte, des onguents parfumés servaient à enduire le corps ; ils conservaient aux articulations toute leur élasticité. Les femmes consacraient une grande partie de la journée à leur toilette, pour laquelle les essences les plus coûteuses n’étaient pas épargnées. Les soins à donner à la peau, la teinture des ongles et du bord des paupières, l’entretien de la chevelure et sa disposition en un savant édifice étaient des opérations d’une importance capitale et, par suite, très compliquée.

Chez les Hébreux régnaient des pratiques analogues ; aussi les parfums sont-ils cités à chaque instant dans la Bible.

En Grèce ils furent aussi très estimés, de même que les cosmétiques. Autiphane nous apprend que certains raffinés employaient une odeur différente pour chaque partie du corps. Lucien, peu galant pour ses contemporaines, met dans la bouche de Callicratidès, dans l’un de ses dialogues, les paroles suivantes : « Le matin, au sortir du lit, la femme ressemble à un singe ; des vieilles et des servantes, rangées à la file comme dans une procession, lui apportent les instruments et les drogues de sa toilette : un bassin d’argent, une aiguière, un miroir, des fers à friser, des fards, des pots remplis d’opiats et d’onguents pour nettoyer les dents, noircir les sourcils, teindre et parfumer les cheveux ; on croirait voir la boutique d’un pharmacien. »

A Rome, l’abus des odeurs fut poussé au plus haut degré. Tout était parfumé : les baignoires, les murs des palais, les chiens, les chevaux et même les enseignes militaires, les jours de bataille.
Les parfums dans la toilette

En France, les parfums. ne furent adoptés pour l’usage de la toilette que vers l’époque des Croisades. « Les galants paladins qui revinrent de ces lointaines expéditions, dit. M. Eugène Rimmel dans son excellent Livre des Parfums, se firent un devoir de rapporter, à travers mille dangers, à la dame de leurs pensées, quelques-uns de ces suaves aromates ou de ces merveilleux cosmétiques dont l’Orient avait jusqu’alors gardé le secret. Ce fut aussi à cette époque qu’on commença à se servir chez tous les grands seigneurs d’eau de rose pour les ablutions avant et après le repas. » L’usage des aiguières s’est conservé jusqu’à notre époque, malgré l’emploi des fourchettes et des cuillers. Nous reproduisons une très belle aiguière en métal précieux, de style régence.

Dès le XIIIe siècle, les dames se préoccupaient beaucoup de leur toilette et y employaient de longues heures, malgré les défenses de l’Eglise. Le goût était alors aux parfums violents : ambre, musc et civette. Sous les Valois, l’usage des parfums devient abusif. Il parut, vers cette époque, divers livres concernant les parfums et la manière de les préparer.

Pendant le règne de Henri IV, il y eut contre eux une importante réaction, mais ils rentrèrent en faveur à la cour, avec les Concini, sous Louis XIII. Suivant quelques historiens, Louis XIV n’aimait pas les odeurs ; mais sous Louis XV, l’étiquette prescrivit, à un certain moment, l’usage d’un parfum différent chaque jour et Versailles reçut bientôt le surnom de cour parfumée.

« Tout le monde à cette époque, dit Alexandre Dumas, se couvrit de parfums, hormis les philosophes qui cherchaient à se distinguer par leur mauvaise odeur, et encore y avait-il des traîtres dans le camp. »

Pendant la Révolution, la parfumerie, comme toutes les industries de luxe, fut presque complètement abandonnée ; mais les parfumeurs firent fortune sous le Directoire. On sait combien actuellement les parfums sont appréciés dans toutes les classes de la société. Les arômes violents sont de moins en moins en faveur ; on leur préfère les délicates essences distillées par les fleurs. On parvient à les obtenir aujourd’hui sans altération sensible.

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