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Les horloges d’applique

La Science Illustrée N° 590, 18 Mars 1899

samedi 28 février 2009, par Lauryn

Les horloges d’applique, c’est-à-dire suspendues le long des murs d’une salle, datent, comme les horloges d’appartement ordinaires, du début du XIVe siècle. Bien mieux, elles ne différaient pas, à l’origine, de celles-ci, la plupart des horloges pouvant, à volonté, être suspendues ou posées sur un meuble.

A la Renaissance, nous retrouvons encore des formes identiques pour les horloges d’applique et les horloges posées. Les premières, destinées cependant à être suspendues, et, par suite, assez éloignées de la vue, puisqu’il fallait toute la hauteur nécessaire au développement des cordes supportant les poids, étaient tout aussi richement ornées, aussi finement décorées que les autres.

Les formes qui dominent à cette époque sont un peu lourdes. Beaucoup d’horloges du XVIe siècle se terminent par un dôme en forme de calotte que surmonte souvent une figurine représentant Hercule, ou le Temps ; les dômes galbés, les campaniles, sont aussi en honneur et présentent une ornementation somptueuse très compliquée. La fantaisie des artistes se donnait parfois libre jeu. On connait des horloges d’applique de la Renaissance ayant la forme d’un livre. Le mouvement se trouve placé entre les deux couvertures, tandis que le cadran est figuré sur l’une d’elles.

Mais toutes ces dispositions n’avaient rien de gracieux, elles ne correspondaient pas à la destination particulière de l’instrument et, copiaient d’une façon servile les formes des horloges ordinaires. Il faut arriver au XVIIIe siècle pour voir apparaître une ornementation légère, aérienne, s’adaptant merveilleusement à des horloges suspendues.

Le mot cartel, qui a d’abord désigné la boîte de la pendule portative qu’on appliquait contre le mur, a fini par devenir le nom de la pendule elle-même.

Le cartel est la forme idéale de l’horloge d’applique. La boîte cylindrique aplatie qui renferme le mouvement et porte en avant le cadran est entourée par un motif ornemental qui se termine, au bas, en cul-de-lampe plus ou moins capricieux.

L’époque la plus belle des cartels est le règne de Louis XV ; les rocailles, les guirlandes, toute l’ornementation de ce style, a quelque chose de léger qui convient très bien. Les cartels Louis XVI, beaucoup moins élégants, sont surmontés de vases et ornés de guirlandes pendantes.

Boule a exécuté un grand nombre de cartels en marquèterie. Le musée de Cluny en possède un fort beau dû à cet artiste ; il en existe un autre au château de Fontainebleau, qui est formé d’une gaine supportant le char d’Apollon.

Au Japon et en Chine, on retrouve l’horloge d’applique avec des formes bizarres, mais, en général, peu gracieuses. En Chine, l’industrie de I’horlogerie n’a été créée qu’en 1680 par I’empereur Khang-Hi, elle fut exercée d’abord par les chrétiens indigènes auxquels les missionnaires avaient appris à travailler. Aussi les horloges chinoises ne sont-elles que de mauvaises copies des horloges européennes ; elles choquent souvent l’œil par le mélange qu’on y rencontre d’éléments décoratifs chinois et européens peu faits pour être associés.

Les Japonais sont des ouvriers plus habiles et des artistes plus ouverts. Leurs horloges suspendues, toujours originales, sont souvent fort gracieuses. La caisse est en bois orné de sculptures remarquable s ; le cadran est embelli par des barrettes en cuivre, admirables de dessin, parfois découpées à jour comme de la dentelle, gravées et ciselées. Les heures sont représentées sur une plaque de porcelaine par 12 noms d’animaux correspondant aux signes du zodiaque japonais ; quelquefois l’artiste y a peint les animaux eux-mêmes.

A l’époque actuelle, les horloges d’applique, et en particulier les cartels, sont fort à la mode. L’horlogerie suisse en répand chaque année des milliers dans le monde entier. Le bois sculpté, le bronze et le cuivre, sont les matières les plus employées.

Quelques tentatives intéressantes ont été faites au cours de ces dernières années pour renouveler ce chapitre de l’art décoratif. Au Salon de 1898, M. J. Jouant avait exposé un cartel justement admiré dont l’ornementation était complètement empruntée au domaine de la mer.

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