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Les horloges à roues

La Science Illustrée N° 578, 24 Décembre 1898

samedi 28 février 2009, par Lauryn

Dans un précédent article, nous avons parlé des instruments de la mesure du temps, employés dans l’antiquité et jusqu’au milieu du moyen-âge, à savoir : le cadran solaire, la clepsydre et le sablier.

Les horloges mécaniques furent inventées vers le XIIe siècle. Il est vrai que la tradition a attribué la découverte du système de roues mises en mouvement par un poids, à Pacificus, de Vérone (850) ou à Gerbert (996) qui fut pape sous le nom de Sylvestre II, mais on a des raisons de supposer qu’il s’agissait d’horloges solaires.

La plus ancienne horloge à roues, dont l’histoire est certaine, fut celle envoyée par le sultan d’Égypte en 1232, à Frédéric II, mais il est incontestable que des horloges semblables se fabriquaient en Italie plus d’un siècle auparavant ; un écrit de 1120 fait mention de ces instruments nouveaux qui devaient peu à peu faire disparaître l’usage des clepsydres et des sabliers.

Les horloges à roues sont placés d’abord sur les palais, les beffrois. La plus ancienne horloge publique anglaise fut établie en 1288, près du château de Westminster ; celle de la cathédrale de Canterburg, en 1292.

L’horloge de Ia cathédrale de Glastonbury, construite en 1325, est actuellement, au musée de Kensington et fonctionne régulièrement : L’horloge de Douvres, montée en 1348, marche encore fort bien.

La première horloge publique qu’ait possédée Paris fut celle de la tour du palais de Justice, Charles V la fit construire en 1370 par un ouvrier allemand , Henri Devie ; elle fut détruite, au XVIIIe siècle.

Bientôt les combinaisons mécaniques les plus ingénieuses multiplient, sur les horloges, les automates à personnages nombreux, en même temps que les carillons qui jouent des hymnes à chaque heure du jour : telles sont les célèbres horloges de Dijon, de Strasbourg, de Lyon, etc...

Les, horloges d’appartement apparaissent - chez les grands seulement - avant les horloges de clocher. L’une des premières connues est signalée dans l’inventaire de Philippe le Bel (1285-1314). « Un reloge d’argent tout entièrement sans fer à deux contrepoids d’argent emplis de plomb, qui fut du roy Philippe le Bel. »

Nous possédons un très petit nombre de pièces, datant de cette époque, mais, en revanche, leur représentation en sculpture, en gravure, et même en tapisserie, sont assez communes, du moins à partir, du quinzième siècle.

Les horloges d’alors n’avaient pas toujours de caisses renfermant le mouvement, souvent les rouages étaient visibles à travers une ossature cubique de fer les soutenant : il n’y avait, à cette visibilité complète des rouages, que peu d’inconvénients, la poussière ayant une faible action sur ces puissants mécanismes.

Parfois les dimensions de certaines roues étaient telles qu’elles dépassaient en dehors de la cage ; d’autres étaient à panneaux gracieusement ajourés permettant de voir le mouvement.

Au XVe siècle, sous le règne de Charles VII,un perfectionnement notable est apporté à l’industrie de l’horlogerie, par l’invention du ressort moteur qui remplace les poids, et permet, par suite, de rendre les horloges portatives.

Les horloges à ressort ont d’abord la même forme que les horloges à roues, elles sont en métal précieux ou en fer, le cadran est toujours très simple et assez grand pour permettre de voir aisément l’heure. Elles ne deviennent nombreuses qu’au XVIe siècle, à cause de la perfection plus grande, réalisée dans la fabrication du ressort. Leur unique inconvénient était de coûter plus cher. Il existe encore aujourd’hui, c’est pourquoi les horloges, à poids sont encore très répandues dans les campagnes.

Pendant la Renaissance, les formes des horloges d’appartement se modifient, suivant les fantaisies de l’artiste, et les matières employées pour leur confection de­ viennent plus nombreuses. Le cuivre, fondu et ciselé, est orné de personnages, de rinceaux et d’arabesques ; l’or, l’argent, l’ébène, le marbre, le cristal de roche ornent les superbes pièces, conservées aujourd’hui dans les musées.

Le cadran en émail ou en métal, était divisé en douze ou vingt-quatre heures inscrites sur un seul disque ou sur deux disques concentriques, dont l’un portait des caractères arabes, l’autre des caractères romains. Beaucoup d’horloges ont la forme de petits édifices à colonnettes, à arcades, fréquemment surmontés d’un dôme ou d’une coupole, parfois encore elles sont cubiques, octogonales ou hexagonales, comme la belle pièce que nous reproduisons.

Au XVIIe siècle, la découverte, par Galilée, de l’isochronisme des petites oscillations du pendule, amène, dans la fabrication des horloges, un nouveau bouleversement dont nous étudierons prochainement les conséquences.

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