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Les cottes de mailles

La Science Illustrée N° 631, 30 Décembre 1899

vendredi 27 février 2009, par Lauryn

On désigne ordinairement sous le nom de cotte de mailles toute défense de corps assez souple en forme de chemise. En réalité il y a lieu de distinguer la broigne et la chemise de mailles ou haubert qui lui est bien postérieure.


La broigne est une tunique faite d’un tissu quelconque, sur lequel sont cousus des anneaux d’acier non entrelacés (cotte annelée, ou rustrées), des plaquettes de métal (cotte maclée), des têtes de clous (cotte cloutée) etc...

A Rome, les chevaliers portaient déjà la broigne ; la squammata dont beaucoup étaient revêtus était, en effet, un vêtement de toile ou de peau sur lequel étaient cousues des écailles de fer à recouvrement, la hamala était une cuirasse du même genre où les écailles étaient remplacées par des chaînettes de métal.

Nous retrouvons la broigne sous les mérovingiens et chez les leudes de Charlemagne. Le costume de guerre de ces derniers consistait en une cotte rembourrée, entièrement garnie de petites pièces carrées de métal, plus ou moins rapprochées et cousues à l’étoffe.

La tapisserie de Bayeux, qui reproduit les hauts faits des soldats de Guillaume le Conquérant, nous renseigne sur l’adoubement de l’homme de guerre du XIe siècle. La broigne, habillée d’anneaux de fer, descend jusqu’aux genoux ; ses manches, très longues, protègent les bras et une partie de la main. Des chausses de toile couvertes d’anneaux d’acier complètent l’armement. Le petit casque à nasal, supporté par une aumusse ou bonnet d’étoffe, est relié à la broigne par un camail de peau couvert d’anneaux de fer qui protège les joues et la partie inférieure du visage, ne laissant guère à découvert que la bouche, les pommettes et les yeux.

Cette casaque défensive était très chaude et fort lourde. On connaissait bien déjà, il est vrai, à cette époque, la véritable cotte de mailles, toile métallique formée d’anneaux entrelacés, mais on ne savait la fabriquer que de façon grossière. Quand les barons d’Occident allèrent aux croisades, ils virent les chefs sarrasins couverts de simples chemises de mailles, dorées, très légères, mais solides et résistantes. Les procédés de fabrication de ces tricots de fer furent bientôt connus et on se mit à porter le haubert. L’usage n’en devint général que sous Philippe-Auguste et Saint-Louis ; mais les anciennes broignes, de fabrication plus simple et par conséquent moins coûteuse, ne furent délaissées qu’au XIIIe siècle.

Bientôt, pour se garantir les cuisses, les jambes et les pieds, certains chevaliers portèrent des chausses de mailles.

Le haubert résistait assez bien au sabre, à l’épée et à la flèche, mais il se laissait rompre plus facilement par la lance et, même quand la maille tenait bon, l’homme ne s’en trouvait guère plus à l’aise. Il ne recevait pas, il est vrai, la pointe de l’arme dans le corps, mais c’étaient ses propres mailles qui lui entrait dans la chair. Contre le choc de la masse d’armes, l’efficacité du haubert n’était pas plus grande.

Tous ces inconvénients firent adopter, pour amortir les coups, une sorte de gilet matelassé, le gamboison, qu’on portait sous le haubert. Pour protéger les articulations on imagina de fabriquer des renforts d’acier ou pièces de plates. Sous Philippe-Auguste apparaissaient les coudières dont le nom indique assez la fonction ; les genouillères vinrent ensuite. Sous Philippe le Hardi furent adoptées les grévières en fer plein ou demi-jambières qui couvraient seulement le devant de la jambe. Pendant le règne de Philippe-le-Bel on voit le premier exemple du gantelet de fer à doigts séparés et articulés.

Au début du XIVe siècle, l’armure mixte de mailles et de plates est donc en faveur, mais la tendance des chevaliers à se barder entièrement de fer est manifeste. Quelques armures complètement formées de plates apparurent sous Philippe-le-Long, mais leur usage ne devint général en France que dans les premières années du XVe siècle.

Le haubert ne disparut pas pour cela. Ne jugeant pas leur carapace d’acier une défense suffisante, tous les chevaliers portaient sous l’armure un haubert descendant à mi-cuisse et au-dessous encore un gamboison piqué ayant jusqu’à deux doigts d’épaisseur. On vante la bravoure de la chevalerie, il n’y vraiment pas de quoi ; nos petits soldats, exposés directement au feu de l’ennemi, ont un courage autrement grand. Le haubert apparaissait encore, au début du XVe siècle, sur le cou, et une partie des épaules, sous les bras, sous la braconnière.

Le haubergeon, beaucoup plus petit, remplaça le haubert quand l’armure de plates fut parfaite, il disparut lui-même au XVIe siècle, sauf de très rares exceptions.

Le tissu de mailles fut aussi employée dans l’armure du cheval ou caparaçon, dont nous aurons l’occasion de nous occuper prochainement.

Postérieurement à la défense de mailles et concurremment avec l’armure de plates, on porta une défense de corps qui se rattache aux précédentes : c’est la brigandine dont on usa pour protéger le torse des guerriers. La brigandine est formée de petites tuiles en tôle, rivées sur une double épaisseur de toile forte et sur épaisseur d’étoffe qui demeurait en vue, et qui était généralement un velours de soie serrée. Les rivures bouterollées formaient ornement.

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