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Heaumes et bassinets

La Science Illustrée N° 645, 7 Avril 1900

samedi 21 février 2009, par Lauryn

L’armure de tête, qui avait atteint, dans l’antiquité, une assez grande perfection, décline en même temps que l’empire romain ; les batteurs d’armures, aux premiers siècles de l’ère chrétienne, ne sont plus capables de forger des casques d’une seule pièce ; ils ne savent qu’assembler, plus ou moins bien, des pièces de fer à l’aide de rivets.

Vers le Xe siècle cependant, apparaissent les cervelières à nasal qui sont les premiers casques du moyen âge régulièrement construits. Les cervelières étaient portées surtout par les Normands. Dans la célèbre tapisserie de Bayeux, qui représente l’armée de Guillaume-le-Conquérant livrant la bataille d’Hastings, les soldats sont tous coiffés de la cervelière.

C’est un casque étroit, de forme conique ou pyramidale. Il est muni par devant d’un appendice de métal, le nasal, garantissant la figure. Le garde-nuque manque souvent, sa nécessité n’était d’ailleurs pas absolue car l’armure maillée qui défendait le corps enveloppait le cou et montait par derrière jusque sous la calotte du casque. Cette défense de tête subit peu de modifications jusqu’au début du XIIIe siècle.

Sous Philippe-Auguste, elle fut remplacée par le heaume. C’était un cylindre légèrement cambré dans lequel la tête s’enfonçait fort aisément, car il était large au point de couvrir une partie des épaules. Quatre lames de fer en croix, plaquées sur le devant, décoraient cette lourde machine que les chevaliers ne mettaient qu’au moment de la bataille. Le reste du temps elle pendait, lamentable marmite, à l’arçon de la selle où une chaînette l’attachait. Des ouvertures ou vues étaient placées en face des yeux et, au-dessous, des trous circulaires permettaient la respiration.

La cervelière ne disparut pas pour cela ; beaucoup de chevaliers la portaient encore sous le heaume, bien des piétons sous la coiffe de leur chapeau. Au XVIIIe siècle même, la doublure de fer dont le tricorne de beaucoup de cavaliers était renforcé ; n’était, en somme, autre chose qu’une cervelière.

Les heaumes du XIIIe siècle sont encore faits de pièces battues unies par des rivets. Cylindriques sous Philippe-Auguste, ils deviennent, avec Saint Louis, formés de deux cônes tronqués réunis par leur grande base. Sous Philippe-le-Bel ils prennent la forme d’un pain de sucre.

Mais le heaume n’était porté que par les chevaliers, les piétons portaient le chapel de fer, sorte de cervelière à rebord. Plus tard, cette calotte de fer s’allongea et devint une sorte de pot renversé que cachait toute la tête et se maintenait par son seul poids.

Sous Philippe V et Charles IV, le heaume est muni d’une ventaille à grille et, perfectionnement important, la visière s’ouvre à volonté, à l’aide d’une charnière, laissant à découvert la face.

Quelle était la valeur défensive du heaume ? Excellent pour résister aux flèches et aux coups d’épée, il se laissait enfoncer souvent par le choc des masses d’armes. Quand il résistait, il n’empêchait pas son propriétaire d’être abasourdi et d’avoir les clavicules brisées, le heaume portant dessus.

Une autre défense de tête beaucoup plus pratique, le bassinet, allait devenir générale au début de la guerre de Cent ans. Porté dès le XIIIe siècle par les piétons, le bassinet est une calotte pointue allongée sur la nuque et rappelant le casque des Normands. Sans visière ni gouttière, il laissait jusqu’au cou trop de place découverte ; un capuchon de mailles ou camail fut chargé de protéger cette région au début du XIVe siècle.

Un peu plus tard, on compléta la défense en ajoutant au bassinet une pièce nommée mésail ou museau qui se profilait, en effet, comme un groin. Percée d’une vue et de trous pour la respiration, cette pièce, qui n’était pas rivée, s’enlevait ou se mettait à volonté. Le nom de heaume est donné souvent à toute armure entourant complètement la tête, et ayant servi au parement ou dans les joutes. Le beau casque du XVIe siècle que nous reproduisons est dans ce dernier cas, c’est le heaume de parade d’Alexandre Farnèse.

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