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Géographie du littoral flamand à l’époque gallo-romaine et au commencement du Moyen-âge

J. Gosselet, la Revue Scientifique — 27 juillet 1878

Mis en ligne par Denis Blaizot le lundi 2 août 2010

Rien n’est plus difficile que de détruire une erreur populaire dont l’origine est inconnue et que tous les auteurs répètent les uns après les autres sans en vérifier les sources.

Cette considération nous a engagés, M. H. Rigaux, archiviste adjoint de la ville de Lille et moi, à saisir l’occasion solennelle de la réunion des sociétés savantes à la Sorbonne pour combattre un préjugé qui intéresse à la fois l’histoire et la géologie de notre région.

La question a pour notre pays une si grande importance scientifique que je désire consacrer cette leçon à vous exposer notre travail commun.

Si nous ouvrons un des livres de divulgation les plus répandus et les plus à la mode aujourd’hui, la Géographie Universelle d’Élisée Reclus, nous lisons, t. Il, p. 773 :

« A l’époque de la domination romaine, les terres basses qui s’étendaient au nord-est des collines de l’Artois et que traverse aujourd’hui la ligne de frontières entre la France et la Belgique, étaient couvertes par les eaux d’un estuaire. Encore au IXe et au Xe siècle, le golfe pénétrait dans les campagnes jusqu’à Watten ; puis au sud d’un étroit défilé s’étalait largement pour former le grand golfe de Sithiu, au bord duquel s’élevait Saint-Omer.

Cette ville actuellement située à 33 kilomètres de la mer en ligne droite, recevait dans son port des marchands et dans les terres d’alluvion qui l’entourent on a trouvé des carènes englouties. »

Ces lignes ne sont que le reflet d’opinions exprimées par des savants et par des archéologues.

Dans le grand ouvrage intitulé les Travaux publics de la France, ouvrage publié en 1877, sous les auspices du ministère des travaux publics et sous la direction de M. Léonce Reynaud, inspecteur général des ponts et chaussées, un chapitre est consacré à l’énumération des diverses populations maritimes de la Gaule.

« A l’extrémité nord, se trouve le peuple des Morins ou habitants des marais. La Morinie comprenait en outre le delta de l’Aa, qui a formé depuis l’immense plaine s’étendant de Saint-Omer à Calais et à Dunkerque, mais qui, au moment de la conquête romaine, était en grande partie recouverte par les eaux. Cette partie de la Morinie se composait donc de golfes, de lacs, de marais et d’îles nombreuses, les unes constamment isolées de la terre ferme, les autres tantôt isolées, tantôt rattachées entre elles et au rivage, suivant la hauteur de la mer. L’île principale, d’après Strabon, avait pour limite à l’est le golfe de Mardyck, à l’ouest un autre golfe pris sur l’emplacement que devait plus tard occuper Calais ; elle était traversée par un cours d’eau qui se jetait à la mer près du futur emplacement de Gravelines. »

Ces détails géographiques sur la Morinie sont mis bien à tort sous l’autorité de Strabon. L’auteur romain ne dit rien de cela. La citation, comme l’ensemble des vues exposées dans cet article, est empruntée à un autre ouvrage également publié sous les auspices du ministère des travaux publics, les Ports maritimes de France.

Nous y trouvons la description imaginaire de l’île des Morins, d’après Strabon, accompagnée de détails sur la construction d’écluses tout aussi imaginaires. L’auteur s’est évidemment inspiré, comme M. Elisée Reclus, des idées régnantes ; car il ajoute :

« Les historiens de la Flandre maritime s’accordent à dire que, lors de l’invasion des Romains, l’emplacement actuel de Gravelines était sous les eaux, la mer couvrait toute la plaine comprise entre Saint-Omer, Calais et Dunkerque. »

Si nous consultons maintenant un véritable historien, un savant qui fait autorité, M. Ernest Desjardin, nous trouvons dans la Géographie de la Gaule romaine, p. 385 :

« Ces Meldi étaient probablement situés sur le bord du golfe comblé aujourd’hui, qui pénétrait dans les terres jusqu’à Saint-Omer. »

Et plus loin, p. 391 :

« Il est donc probable que ces marais du XIIe siècle bordaient au temps des Romains un véritable golfe qui pénétrait jusqu’au lieu où fut Sithiu, plus tard Saint-Omer, ainsi que la tradition s’en est consacrée. Une carte (pl. XV) figure ce golfe comme s’avançant jusqu’à Sithiu et bordant les paludes Morinorurn. »

Si nous avons fait ces nombreuses citations, c’est pour justifier l’opportunité de notre communication.

Tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet se sont bornés à répéter des traditions et à faire des suppositions que leurs successeurs reproduisaient ensuite comme les faits les mieux démontrés.

Il n’est venu à aucun l’idée de se demander si la composition du sol était conforme aux hypothèses qu’ils soutenaient.

Cependant la structure géologique de cette région a été indiquée par Belpaire, dès 1825, dans son Mémoire sur les changements que la côte d’Anvers à Boulogne a subis tant à l’intérieur qu’à l’extérieur depuis la conquête de César jusqu’à nos jours.

Mais, d’une part, cet ouvrage publié par l’Académie des sciences de Belgique était peu connu en France ; d’autre part, les faits qui y sont constatés y sont mêlés à tant d’hypothèses, à tant de considérations fausses, dues à l’état peu avancé de la géologie à cette époque, que l’on comprend très bien que nos historiens l’aient négligé.

En 1873, M. Debray, conducteur des ponts et chaussées de Lille, a repris les études de Belpaire et son mémoire intitulé Études sur tes tourbières du littoral flamand, a fait faire un grand pas à la question par la précision des détails qu’il renferme.

La coupe générale des tourbières est la suivante :

Mètres.
Terre de marais 0,20
Argile à Rissoa ulvœ (couche saumâtre) 0,60
Argile ou sable avec coquilles marinesl1,65
Tourbe 1 à 3
Argile bleue  »

De nombreux objets de l’époque romaine se rencontrent dans la tourbe à la base de la couche marine ; la plupart sont dans la zone supérieure et plus impure de tourbe que les ouvriers désignent sous le nom de faux gazon ; ceux que l’on trouve plus bas, ont dû pénétrer dans la tourbe ou y être enfouis. Quant à ceux qui sont enfermés dans la couche marine, leur position prouve qu’ils ont été soulevés et ballottés par le flot lors de l’envahissement de la mer.

La tourbe forme une couche continue qui s’étend régulièrement depuis Sandgatte jusqu’en Hollande, et qui s’avance sous la mer à une distance que nous ne connaissons pas. Partout elle contient des débris de l’époque gallo-romaine, c’est elle qui constituait alors le sol du nord de la Flandre ; c’est sur’ la tourbe qu’ont été construits le temple de Nehalennia et la citadelle de Brittenbourg. La formation de la tourbe a été suivie d’un dépôt de sable et d’argile où on trouve des coquilles marines dans leur position normale, les deux valves réunies, le siphon en haut. Ainsi il est certain que la mer vint envahir notre contrée et y séjourner quelque temps.

A quelle époque eut lieu cette invasion ? c’est ce qu’il importe de fixer.

On a trouvé dans le golfe, ou dans son voisinage immédiat, plusieurs trésors : celui de Salperwich contenant 1,636 pièces de monnaie dont la dernière est de Quintille (270) ; un autre des environs d’Ardres renfermait 718 pièces dont la dernière est de Postume (267). Ces découvertes prouvent que l’invasion de la mer est postérieure à la seconde moitié du IIIe siècle. On peut conclure d’un passage d’Eumène [1], où le panégyriste déclare formellement que les terres situées près des embouchures de l’Escaut sont marécageuses, qu’à la fin du IIIe siècle la mer n’avait pas encore envahi le pays.

Faut-il reculer encore plus loin l’invasion des eaux marines ?

C’est ce qu’il serait impossible d’affirmer en l’état actuel de nos connaissances. Toutefois divers indices, des déductions tirées d’anciens textes, en particulier de la Notitia dignitatum, l’étude des noms de lieux situés sur le nouveau rivage et où on ne rencontre aucun nom appartenant à la langue gauloise ou romaine, laissent supposer que la catastrophe n’est pas antérieure à la Notice des dignités.

Une fois qu’Il est bien établi que le golfe marin des Flandres ne date que de la fin de la domination romaine, et qu’antérieurement le pays était une région continentale couverte de marécages tourbeux, on ne doit plus chercher de Gravelines à Saint-Omer le lieu d’embarquement de César, on ne doit plus parler du Sinus ltius, invention des auteurs du XVIIe siècle.

Dès lors, la situation des Morins et des Ménapiens dans l’antiquité peut être facilement déterminée [2], et on a de plus l’explication de l’empiétement vers les derniers temps de la domination romaine ou au commencement de l’époque franque du pagus teruanensis sur le pagus mempiscus, fait qui est toujours demeuré sans solution.

A quelle cause attribuer l’invasion de la mer dans la Flandre ? M. Debray constatant que les tourbières sont à un niveau inférieur à celui de la moyenne mer, pense qu’il a suffi d’une rupture des dunes. Pour nous, nous voyons dans cet événement le résultat d’un phénomène plus général. Nous avons déjà émis l’opinion que l’envahissement de la mer a été occasionné par un affaissement du continent [3]. Les remarquables études de M. de Mercey sur les croupes de la Somme [4] sont venues corroborer cette pensée.

M. de Mercey a étudié les terrains qui, dans la vallée de la Somme, recouvrent le diluvium. Ce dépôt si célèbre par les preuves qu’il a données de l’existence de l’homme à l’époque quaternaire, est surmonté d’une couche d’argile blanche. Puis vient le banc de tourbe de 7 à 8 mètres d’épaisseur qui contient des instruments de l’époque de la pierre polie. Au-dessus de la tourbe il y a un dépôt tufacé dont l’épaisseur varie de quelques centimètres à 4 mètres et qui contient des poteries gauloises ; puis vient une couche d’alluvion avec coquilles marines et débris de poteries romaines que M. de Mercey rapporte au Ve siècle.

En admettant cette détermination, l’envahissement de la mer dans la vallée de la Somme serait presque contemporain de son envahissement sur les côtes de Flandre.

Or, à Amiens, la couche à coquilles marines est à 20 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. M. de Mercey en conclut qu’à l’époque gallo-romaine, le sol de la vallée de la Somme était 15 mètres plus bas qu’il ne l’est actuellement. L’affaissement était peut-être un peu moindre en Flandre ; MM. Chellonneix et Ortieb ont constaté la présence d’une ancienne trace de rivage au pied du Blanc-Nez, à 2 mètres au-dessus du niveau actuel.

Serait-ce à cet affaissement du sol et par conséquent à une pente plus considérable qu’il faudrait attribuer le changement de régime que nous avons signalé dans la Deule [5]. Nous avons, en effet, constaté que ce cours d’eau, dont la lenteur est aujourd’hui extrême, avait roulé de volumineux galets de craie et que le commencement Je cette formation torrentielle n’est pas antérieure à la fin du IIIe siècle.

Quoi qu’il en soit, on voit quelle période critique le pas eut alors à traverser.

Tout indique qu’il y eut une véritable catastrophe, que l’envahissement de la mer fut brusque, que le flot affouilla le sol, détruisit les habitations, roula les objets qui s’y trouvaient.

Une des conséquences de celle inondation fut la disparition de toutes les traditions antiques et de tous les noms de localité romains ou gaulois. Aussi, dans cette partie de la Flandre, fous les noms de lieux sont flamands et de beaucoup postérieurs, pour la plupart, à l’introduction du christianisme.

Les anciens noms ayant fatalement disparu à la suite de l’invasion de la mer, on ne doit plus chercher dans Mardyck la station Marcœ de la notice des Dignités de l’Empire dans Meldick, les Meldes de César, etc. Les villes et les localités qui existaient avant l’invasion des eaux sont sous les sables. Pompéi d’un autre genre, le hasard seul pourra révéler leur emplacement et leur nom.

L’absence des dénominations d’origine latine permettrait de juger de la superficie du pays envahi ; mais il suffit, du reste, de suivre sur une carte les limites du pays watteringué de Sandgatte à Ardres, d’Ardres à Watten, de Watten à Bergues, etc., pour se faire une idée assez précise du golfe.

Cependant le pays ne fut pas submergé complètement. A l’extrémité ouest du golfe, le banc de galet où sont situées Saint-Pierre, Marck, Oye, formait pour sa position au-dessus des hautes mers d’équinoxe une île insubmersible qui a pu continuer à être habitée.

Une petite île, Coulogne, dont le nom paraît dérivé du mot romain Colonia, était un trait d’union entre la grande île de Marck et Fréthun, placée en dehors du golfe, vis-à-vis Coulogne, et par où s’effectuait le passage, circonstance qui rappelle l’étymologie de Fréthun (Fretum).

Une autre île, ou au moins un haut fond, existait vers Loon et Grande-Synthe. Au nord se trouvait une île à la place de Bergues qui aurait porté anciennement le nom de Mont-Baal ; enfin, en Belgique, une île existait probablement vers Leysele.

Au sud le golfe ne dépassait pas Watten. Jamais la mer ne s’est étendue jusqu’à Saint-Omer, comme l’affirment M. Ernest Desjardin, M. Élisée Reclus et le Mémoire sur les ports de France.

Dès 1871, l’un de nous a prouvé qu’entre Watten et Saint-Omer, la tourbe est recouverte par une couche d’eau douce formée dans un immense marais [6].

La mer ne séjourna sur ce pays que quelques siècles ; car déjà Guemps est cité en 826, Holque en 86ft. Les hauts fonds furent habités bien avant ; ainsi Loon, près de Synthe (Losantanas) est cité au VIIe siècle.

Mais au Xe siècle, il y avait encore deux golfes dans le nord de la France : celui qui avait son embouchure à Sandgatte et qui se dirigeait vers Fréthun et celui de l’Yser. Nous connaissons ce fait par un précieux document, le récit de la translation des reliques des saints Ansbert, Wulfran et Wandrille, de Boulogne à Bruges, en 944. Le cortège rencontra un premier bras de mer à Fréthun et un second près de Loo, en Belgique.

A part ces deux dépressions, le golfe était déjà comblé vers 800. Il s’était donc accumulé 2,25m de sédiments en trois ou quatre siècles.

Le retrait de la mer dans la Flandre parait être le résultat combiné du comblement du golfe par les sédiments et de l’exhaussement du sol. Ce dernier phénomène est évident pour la vallée de la Somme, où M. de Mercey a constaté un soulèvement de 15 mètres depuis l’époque gallo-romaine.

En Flandre, le niveau du sol est actuellement inférieur au niveau de la haute mer, et sans les dunes et les écluses, ce pays serait un vaste marais salant. Il faut en conclure que depuis le Xe siècle, le mouvement descendant a recommencé et peut-être se continue-t-il encore.

Non seulement la tourbe constituait le sol de la Flandre septentrionale à l’époque gallo-romaine, mais il en était de même à l’époque gauloise, ainsi qu’au temps de la pierre polie.

En effet, dans le voisinage et sur les routes qui conduisent au marais tourbeux, on a trouvé des trésors gaulois et dans la tourbe elle-même plusieurs instruments en pierre polie.

Si la tourbe du littoral flamand a commencé à se former à l’époque de la pierre polie, elle a avec les tourbières de la Somme et d’Albert une contemporanéité qui mérite d’être signalée, d’autant plus qu’elle succède à un dépôt marin et qu’on ne peut pas lui appliquer la théorie de M. Belgrand.

Le savant académicien, dont nous déplorons la perte récente, avait supposé que la tourbe s’était formée dans les vallées à l’époque où les rivières diluviennes, passant à un régime différent, ne pouvaient plus remplir leurs lits, dont une partie se transformait en marécage. Sur le littoral flamand, il n’y a pas d’ancien lit de rivières ; l’argile bleue, qui est sous la tourbe, contient des coquilles marines [7].

Donc, si cette tourbe date aussi de l’époque de la pierre polie, il faut que les conditions météorologiques fussent alors très favorables à la formation de ce combustible.

Ce n’est pas tout : à Amiens, à Albert et dans la Flandre la tourbe est recouverte par un tuf calcaire qui date probablement de l’époque romaine.

Le tuf d’Amiens a été déterminé comme gaulois par les poteries qu’il renferme. Mais nous pensons qu’il peut y avoir quelque incertitude sur cette date. Il nous est arrivé maintes fois de recueillir des poteries très grossières de pâte et de forme, qui trouvées seules eussent été attribuées à l’époque gauloise et qui cependant étaient mélangées de poteries rouges et de monnaies romaines. Il nous paraît certain que les populations ont continué, assez longtemps après la conquête romaine à fabriquer les poteries communes d’après l’antique système. Dans les tourbières d’Albert et d’Aveluy, non loin d’Amiens, M. Debray a constaté que le tuf contient des monnaies romaines [8]. Bien que l’on puisse admettre que ce tuf soit plus récent que celui de la vallée de la Somme, il est cependant plus probable qu’ils est de même âge.

Il en est de même du tuf des environs de Saint-Omer désigné dans le pays sous le nom bien impropre de fond de mer [9] . C’est une arène calcaire qui recouvre la tourbe et qui enveloppe les substructions d’un tombeau romain.

Ce dépôt est, comme les précédents, un dépôt de sources calcaires. Il semble donc que pendant la période romaine les sources et par suite les pluies étaient dans notre région plus abondantes qu’elles ne le sont maintenant.

On peut tirer de ces faits des conclusions qui viennent à l’appui des idées de M. Mercey sur les modifications climatériques qui se sont produites depuis l’époque quaternaire.

Nous rapportons à l’époque quaternaire toutes les couches inférieures à la tourbe sur le littoral flamand. Ce sont des sables et des argiles avec coquilles marines dont l’épaisseur atteint 31 mètres à Dunkerque, 38 à Calais, 22 à Bourbourg et 27 à Ostende, A la base on a trouvé à Calais comme à Osrende une couche de cailloux roulés ; à Ostende, on y a reconnu la Cyrema flumminalis rencontrée aussi dans le terrain diluvien d’Angleterre [10].

Ces sables reposent directement sur l’argile des Flandres, Comme les cailloux roulés qui sont à la base indiquent une profondeur d’eau peu considérable, il en résulte que le littoral flamand s’est affaissé de plus de 30 mètres pendant l’époque diluvienne.

Ce mouvement d’affaissement interrompu à l’époque néolithique, ainsi que pendant les périodes gauloises et gallo-romaines, recommença vers le IVe siècle de l’ère chrétienne ; puis après un nouvel arrêt accompagné peut-être d’un exhaussement, il a repris sa marche progressive et on a lieu de croire qu’il se continue encore.

Nous terminerons cette communication déjà trop longue par quelques affirmations contraires aux erreurs que nous avons signalées en débutant.

  1. ° A l’époque de la conquête romaine le nord de la Flandre n’était pus couvert par la mer.
  2. ° L’invasion marine n’est pas antérieure à la fin du IIe siècle de l’ère chrétienne.
  3. ° La mer s’était déjà retirée en grande partie vers le IXe siècle.
  4. ° La mer ne s’avança jamais jusqu’à Saint-Omer.

J. Gosselet


[1« Quanquam illa regie divinis expeditionibus tuis, Cœsar, vindicata atque purgata, quam obliquis meatibus Scaldis interfiuit, quamque divortio sui Rhenus amplectitur, pœne, ut cum verbi periculo loquar, terra non est. Ita peintus aquis imbuta permaduit, ut non solum, qua manifeste palustris est, cedat ad nixum, et hauriat pressa vestigium, sed etiam ubi paulo videtur firmior pedum pulsu tentata quatiatur, et sen tire se procul mota pondus testetur. Ita, ut res est, subjacentibus innatat, et suspensa late vacillat, ut merite quis duxerit exercendum fuisse tali solo rnilitem ad navale certamen. » Eumène, Panégyrique de Constance Chlore.

[2H. Rigaux , Étude sur la topographie de l’arrondissement de Dunkerque, antérieurement au XIIe siècle. Bulletin du comté Flamand. 1813.

[3Bull. sc., hist. et litt. du département du Nord, V, p. 95.

[4Bull. soc. géol. de France, 3e série, V, p, 331.

[5Ann. soc. géol. du Nord, I. p. 98.

[6Bull. sc., hist. et litt. du départ. du Nord, III, p. 237. 1871.

[7Debray, Ann. soc. géol. du Nord, V, 1878.

[8Ann. soc. géol. du Nord, IV, p. 16.

[9Bull, sc., hist, et litt du départ. du Nord, III, p. 236.

[10Il n’y aurait rien d’Impossible à ce qu’une partie de ces sables coquillers appartinsent à l’assise des sables d’Anvers, mais comme on n’y a encore reconnu aucun fossile de ce niveau, nous devons les ranger dans l’étage diluvien.

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