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Les usages de la poterie dans l’antiquité grecque

G. Angerville, La Science Illustrée N° 696 — 29 mars 1901

Mis en ligne par Denis Blaizot le mercredi 4 septembre 2013

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Les produits céramiques de la Grèce antique, comme ceux de notre époque, peuvent, au point de vue de leurs applications, se partager en deux groupes : ceux d’utilité courante, journalière, — ce sont les moins beaux — et ceux n’ayant aucun usage domestique et servant uniquement à l’ornementation des temples et des habitations particulières.

Parmi les applications utilitaires faites par les Grecs de la terre cuite, il en est qui nous surprennent fort aujourd’hui, entre autres la terre cuite quittance ou bulletin de vote.

En raison de la rareté et, par suite, de la cherté du papyrus, les tessons des vases les plus communs servaient souvent à recevoir l’écriture ; c’est ainsi que les percepteurs des deniers publics donnaient quittance aux contribuables.

Ces reçus, plus encombrants que les nôtres, avaient sur ces derniers un avantage, celui d’être inaltérables au feu, mais ils avaient l’inconvénient d’être plus fragiles. Dans nos musées, certains d’entre eux figurent encore aujourd’hui prouvant que le percepteur est, depuis des siècles, l’une des colonnes de la société.

Dans les délibérations publiques, le rôle du tesson était .plus relevé encore. Chaque citoyen inscrivait son vote sur l’ostrakon ou tesson et décidait du sort d’un ambitieux ou d’un général incapable ; l’exil prononcé, à tort ou à raison, contre le coupable, prenait le nom d’ostracisme.

Dans d’autres délibérations moins importantes que celles concernant la vie ou l’exil d’un citoyen, des tessons de couleur sombre ou de couleur claire remplaçaient les boules noires OU blanches de certaines commissions actuelles.

Les tessons servaient de base à un jeu populaire, l’ostrakinon. Rouges d’un côté, de la couleur naturelle de la terre, vernis en noir sur les revers, on les lançait en l’air ; ils retombaient noir ou rouge, c’est-à-dire pile ou face.

Mais avant d’être réduits à l’état de tessons, ces fragments formaient des vases dont nous allons maintenant parler.

Le vase grec le plus répandu est l’amphore. L’amphore est, proprement, un vase de poterie à deux : anses, de forme ovoïde et terminé en pointe à sa partie inférieure, ce qui forçait, pour le maintenir en équilibre, à l’enterrer à moitié dans le sable des caves. Certaines avaient jusqu’à 2 mètres de haut. On y conservait l’huile et le vin, souvent aussi de l’eau ou des grains.

L’amphore étalon contenait un peu plus de 38 litres. Les très grandes amphores ou pithos, fêlées après un long usage ou par accident, avaient parfois une destination bien inattendue ; elle servaient de domicile aux pauvres gens. Le fameux tonneau de Diogène n’était en réalité qu’un pithos brisé et raccommodé au moyen d’attaches, dans lequel le célèbre cynique pouvait s’étendre tout de son long ou se tenir assis. De nos jours, dans des vases analogues, on ne met plus que du lard après l’avoir salé. Ainsi changent à travers les siècles les usages des objets.

L’hydrie des Grecs est l’aiguière du moyen âge et de la renaissance. Les formes qu’elle adopta furent aussi variées.que celles de l’aiguière.

Le service des repas comprenait encore le cratère, grand vase largement ouvert dans lequel se faisait le mélange de l’eau et du vin, l’œnochoé, pot de terre qui servait à puiser la liqueur dans le cratère’ . pour la distribuer dans les soupes, et l’oxybaphon, vase destiné à contenir du vinaigre ou des sauces.

L’urne, nom qui ne désigne aucune forme spéciale, était le vase dans lequel on mettait la cendre des morts.

Parmi les vases d’ornementation, il faut citer, au premier rang, les amphores panathenaiques, données en récompense aux vainqueurs des concours qui s’ouvraient dans Athènes pendant les fêtes de Minerve, les panathénées.

Ces amphores, de grande valeur artistique, étaient pourvues d’ un pied contrairement aux amphores usuelles remplaçant nos barriques et nos sacs.

C’est une de ces belles pièces que reproduit notre gravure. Elle appartient à la deuxième époque de la céramique grecque, caractérisée par un décor rouge sur fond noir.

Le décor est fourni par la couleur propre du vase réservée sur un fond peint en vernis noir.

Dans la première période, c’était l’inverse ; le décor était en vernis noir sur un fond laissé de la couleur de la pâte.

Quant à la troisième période, qui précède de bien peu la décadence, elle se caractérise par une ornementation plus compliquée et des colorations plus vives et plus nombreuses. En même temps, la forme devient bizarre. Le vase représente une double tête ou rappelle la forme d’une corne. C’est le cas du rhyton, vase courbé, pourvu d’une anse dont la partie inférieure a pris la forme d’une tête d’animal. Il fallait surexciter les esprits blasés et satisfaire au besoin de nouveauté.

G. Angerville

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