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Le Dictionnaire de Botanique de Henri Baillon

la Revue Scientifique — 3 mars 1877

dimanche 2 mai 2010, par Denis Blaizot

I

Peu d’ouvrages de ce genre ont été publiés, jusqu’à ce jour, soit en France, soit à l’étranger. Si nous laissons de côté les dictionnaires d’agriculture et d’horticulture qui sont assez nombreux, mais dans lesquels la botanique scientifique n’occupe qu’une place très-restreinte, nous ne trouvons guère celte science représentée que par des dictionnaires d’histoire naturelle ou des encyclopédies, dans lesquels elle est confondue avec la zoologie, la géologie et la minéralogie. Le nombre de ces derniers ouvrages est relativement considérable, surtout en France, où la grande Encyclopédie de Diderot et d’Alembert a fait naître pour ces sortes de publications un goût décidé, très-vif encore aujourd’hui.

Malheureusement, la plupart de ces dictionnaires, embrassant un très-grand nombre de matières à la fois, ne peuvent accorder aux diverses parties de la science qu’une place trop limitée pour donner à chacune les développements nécessaires. Nous citerons cependant, en France, les dictionnaires de Bory et de d’Orbigny dans lesquels la botanique occupe une place considérable. Le premier surtout mérite, aujourd’hui encore, l’attention des botanistes, grâce au nombre des termes qu’il contient, grâce aussi à l’indépendance d’esprit, à la vivacité et à la finesse de critique qui distinguent les articles sortis de la plume de Bory de Saint-vincent. Dans le Dictionnaire de d’Orbigny, certaines parties de la science des végétaux, les mousses et les champignons par exemple, sont traitées avec soin, mais il manque un très-grand nombre de genres ; la synonymie et la bibliographie sont très-restreintes, et c’est à peine si l’organographie, l’anatomie et la physiologie y sont représentées.

Les mêmes reproches peuvent être adressés aux encyclopédies qui existent, en assez grand nombre, en Allemagne, et surtout en Angleterre. Quelle que soit la valeur de certains de ces ouvrages, aucun ne possède les qualités nécessaires à un bon Dictionnaire : explication de tous les termes techniques et description de tous les êtres, exposition de l’état de la science sur toutes les questions qui concernent la structure, l’organisation et le fonctionnement de chaque être et de chaque organe. La première de ces conditions est suffisamment remplie, en ce qui concerne la botanique, par un certain nombre de glossaires, fournissant la définition des trop nombreux mots employés dans les descriptions des végétaux. Malgré l’importance très réelle des services que ces. ouvrages sont destinés à rendre, ils ne suffisent pas pour leur mériter le nom de Dictionnaire de botanique, que portent cependant la plupart d’entre eux.

A côté de ces ouvrages, nous signalerons un certain nombre de Nomenclator et particulièrement celui de Pfeiffer, qui donne tous les notns latins des genres créés depuis Linné, avec une bibliographie souvent considérable, puis celui de Pritzel, qui renvoie pour chaque genre et chaque espèce aux ouvrages dans lesquels ils ont été décrits. L’utilité de ces compendiums pour les botanistes de profession ne peut être mise en doute ; mais l’absence. de toute description les classe en dehors de la catégorie des dictionnaires.

Parmi les ouvrages assez complets sur chaque partie de la science pour mériter le titre de Dictionnaire de botanique, le premier est dû au plus illustre peut être de nos naturalistes, à Lamarck ; il fut rédigé pour la seconde édition de l’Encyclopédie de Diderot (1783). Indépendamment des articles d’organographie, il renferme tous les noms des plantes connues à cette époque, avec la description des genres et des espèces et de nombreuses planches en atlas. Un pareil travail serait aujourd’hui bien difficile à accomplir, par suite du grand nombre d’espèces et de genres qui ont été décrits depuis cette époque ; il serait, du reste, assez peu à la portée du plus grand nombre des lecteurs et n’atteindrait en aucune façon le but que doit se proposer un dictionnaire : donner, sous une forme succincte, des renseignements courts et précis sur le plus grand nombre de mots possible.

Mais si nous pouvons dire du livre de Lamarck qu’il est trop encyclopédique pour un dictionnaire, le reproche contraire doit être adressé à tous les ouvrages qui, depuis le commencement du siècle, ont pris ce nom. Le petit nombre de mots qu’ils contiennent, l’absence ordinaire de bibliographie et l’insuffisance des figures, lorsqu’elles existent , ne leur permettent guère d’être utiles qu’à une catégorie restreinte de lecteurs.

C’est la critique que nous adressons particulièrement au Dictionnaire de botanique de M. Germain de Saint-Pierre, qui, susceptible de rendre beaucoup de services comme glossaire et illustré de très belles figures, est cependant rendu à peu près inutile aux botanistes de profession par l’absence de bibliographie et le peu d’importance donné à la partie taxonomique. Le petit dictionnaire de M. Hœfer (1850), beaucoup plus riche que le précédent en ce qui concerne les genres et les espèces, ne peut guère, comme lui, être utile qu’aux gens du monde ; encore faut-il ajouter que l’absence complète de ligures doit lerendre peu agréable à ce public.

II

Le dictionnaire que publie en ce moment la maison Hachette, sous la direction du savant auteur de l’Histoire des Plantes, répond donc à un besoin véritable, non-seulement en France, mais encore à l’étranger où il n’existe pas plus que chez nous d’ouvrage de cet ordre.

Destiné, à la fois, aux botanistes de profession et à tout homme désireux d’acquérir, sur un point déterminé de la science des plantes, les renseignements qui peuvent lui être utiles, cet ouvrage nous paraît destiné à atteindre le but qu’il se propose. Il contient, en effet, non seulement tous les noms génériques inscrits dans les ouvrages descriptifs, avec les caractères des genres qui sont actuellement admis, mais encore tous les termes employés dans les descriptions et une certain nombre de grands articles dans lesquels se trouve exposé d’une façon assez détaillée l’état actuel de la science sur les différentes questions d’organographie, d’anatomie et de physiologie.

L’article publié, il y a quelque temps, dans la Revue scientifique [1] sur l’Histoire des plantes de M, H. Baillon indique assez nettement la méthode adoptée par le directeur du Dictionnaire de botanique pour que nous n’ayons pas besoin d’y insister ici. Nous avons d’ailleurs constaté, avec plaisir, que chaque auteur conservait toujours une indépendance d’opinions qu’il est rare de trouver dans nos ouvrages classiques, et qui donnera à ce dictionnaire un caractère différent de celui qu’offrent généralement les livres de cet ordre. Autant que nous permettent d’en juger les trois livraisons que nous avons sous les yeux, la critique scientifique y occupera une large place, et permettra au lecteur d’acquérir sur chaque question une idée des théories qui divisent aujourd’hui les botanistes.

Nous analyserons d’abord rapidement quelques-uns des articles les plus importants de ce dictionnaire.

III

Dans l’article ABSORPTION , M. Baillon insiste sur deux points qui sont encore aujourd’hui en discussion parmi les physiologistes : la façon dont les racines se comportent vis-à-vis des solutions aqueuses avec lesquelles elles sont en contact et l’absorption de l’eau par les feuilles.

Relativement à la première question, M. Baillon cite des expériences personnelles, destinées à jeter un jour nouveau sur les phénomènes dont les racines sont le siège. Il montre, en effet, que la matière colorante du Phytolacca, quoique véritablement dissoute dans l’eau, n’est pas absorbée, comme on l’a si souvent répété, par les racines de la jacinthe toutes les fois qu’elles sont intactes. L’absorption porte seulement sur l’eau, de sorte que la solution devient, graduellement, de plus en plus foncée en couleur, Pour que la pénétration de la matière colorante dans les tissus se produise, il faut que les racines soient altérées ou qu’on mette le liquide coloré en contact avec la surface cicatricielle du plateau de l’oignon. Il en tire cette conclusion très-logique que « les racines ne sont pas seulement des organes d’absorption, ce sont encore des instruments dialyseurs d’une grande délicatesse. » - On comprend, sans que nous y insistions, l’importance pratique de ces faits. Ils expliquent pourquoi, dans un même sol, les racines de telle plante absorbent tels ou tels principes dissous, qui seront laissés de côté, par les racines d’une autre plante. n reste à préciser les conditions chimiques de cette dialyse pour en tirer toutes les conséquences scientifiques qu’elle comporte.

En ce qui concerne l’absorption de l’eau par les feuilles, M. Baillon se sépare complétement des opinions enseignées dans nos livres classiques, On sait que la plupart des botanistes nient, encore aujourd’hui, que les feuilles soient susceptibles d’absorber l’eau en nature. M. Baillon s’élève énergiquement contre cette manière de voir et cite des expériences qui ne permettent pas de mettre en doute la réalité du phénomène. Si certains observateurs modernes, notamment M. Duchartre, n’ont pas pu constater sa production, c’est qu’ils ont oublié de tenir un compte suffisant des conditions nécessaires pour qu’elle s’effectue. Voyant des feuilles fraîches, c’est-à-dire saturées d’eau, ne pas absorber ce liquide, ils en ont conclu qu’il en était toujours ainsi. S’ils avaient expérimenté sur des feuilles flétries, c’est-à-dire ayant besoin d’eau, ils les auraient vues, avec M. Baillon, redevenir fraîches quand on les plonge dans ce liquide, et augmenter manifestement de poids, ainsi que l’a constaté M, de Lanessan. Il ne suffit pas de faire des expériences, il faut encore se placer dans les conditions qui les rendent probantes, et pour cela s’arranger de manière à séparer les influences mutliples qui s’exercent toujours sur un même phénomène. C’est ce que M. Baillon a su faire dans ce cas.

Dans l’article ACCROISSEMENT , M. Dutailly a réuni tous les faits importants qui concernent l’augmentation de masse des cellules nues ou munies d’une membrane d’enveloppe, et celle des tissus. Il montre d’abord que, dans les éléments nus, comme dans ceux qui sont munis d’une membrane, les travaux récents établissent l’identité des phénomènes ; que partout le protoplasma seul est le siège des échanges nutritifs desquels résulte l’augmentation ou la diminution de masse des éléments, et que, depuis la membrane cellulaire jusqu’au grain d’amidon, tous les produits de la cellule sont l’œuvre du protoplasma.

Étudiant ensuite la façon dont s’accroissent les parois cellulaires, il critique les opinions anciennes, d’après lesquelles la cellulose se formerait par couches. successives, soit de dedans en dehors, comme l’admettait Hartig, soit de dehors en dedans, comme le pensait Hugo Mohl. Il préfère la théorie de Nægeli de l’accroissement par intussusception. Partant de là, il montre les parois cellulaires imprégnées de protoplasma qui dépose sur place les matériaux nécessaires à leur édification, tantôt d’une façon uniforme, pour produire des parois ayant partout la même épaisseur, tantôt avec plus d’activité dans certains points que dans d’autres, de façon à déterminer la production de parties plus minces, ici, plus épaisses ailleurs.

Après avoir étudié l’accroissement des éléments anatomiques, l’auteur expose les faits les plus importants relatifs à.· l’accroissement des végétaux, soit en longueur, soit en largeur, en prenant successivement comme exemples un certain nombre de types très-bien choisis dans les groupes inférieurs et supérieurs des végétaux.

IV

Le deuxième fascicule contient un plus grand nombre d’articles importants dus à MM. de Lanessan, Raffinesqne, Dutaillv et Tison.

Dans l’article ALBUMEN , M. de Lanessan, indépendamment des nombreux détails relatifs à la forme, la nature, la consistance, le rôle physiologique et les usages économiques, etc., qu’il donne sur l’albumen, insiste sur la façon dont il se développe dans les différents groupes végétaux et sur la valeur qu’il est susceptible d’offrir comme caractère taxonomique.

A ce dernier point de vue, il montre l’erreur dans laquelle sont tombés Jussieu et Brongniart en l’employant comme caractère de premier ordre pour établir leurs grandes coupes. En effet, il n’est peut-être pas une seule famille où on ne ! trouve des plantes dont les graines sont pourvues d’un albumen à côté d’autres qui en sont privées. Cela est du reste bien facile à comprendre. En effet, dans presque tous les végétaux, le sac embryonnaire contient, au début, un albumen qui disparaîtra ou persistera, soit en presque totalité, soit en plus ou moins grande quantité, suivant qu’il sera ou non consommé par l’embryon qui se développe à côté de lui et dont il constitue le premier aliment.

Nous devons rapprocher de cet article celui de M. Raffiinesque sur l’ ALEURONE , dans lequel le lecteur trouvera une histoire anatomique et chimique fort intéressante de ce produit sur lequel les traités didactiques n’insistent généralement que fort peu. M. Raffinesque a décrit, le premier, la membrane d’enveloppe qui entoure les graines d’aleurone.

Dans l’article ALGUES qui vient ensuite, M. de Lanessan expose les caractères généraux de ce groupe, et passe successivement en revue les organes végétatifs, la structure, la reproduction sexuée et asexuée, la nutrition, la respiration, enfin l’habitat de ces végétaux. Dans cette étude, il évite de se tenir dans les généralités qui rendent si difficiles à lire la plupart des traités classiques et fait porter son examen sur des types bien déterminés, de plus en plus élevés en organisation, de sorte que le lecteur acquiert, sur chaque partie du sujet, des connaissances précises.

L’article commence par quelques considérations sur la place des Algues dans le règne végétal et se termine pal’ un tableau de la classification adoptée dans le dictionnaire. L’auteur fait remarquer d’ailleurs qu’il est impossible, dans l’état actuel de la science, de songer à grouper ces êtres d’une façon tout à fait conforme à la nature, car nous ignorons encore les conditions d’existence et même l’organisation d’un grand nombre d’entre eux,

M. de Lanessan plaçant, avec beaucoup d’auteurs, les Bactériens à la limite inférieure du groupe des Algues, montre qu’ils rattachent les végétaux aux animaux et conduisent, d’une part, « vers les Champignons, qui tiennent aux Bactéries par leur mode de nutrition et l’absence de chlorophylle, el, d’autre part, vers les Algues à chlorophylle rattachées par les Characées et les Muscinées aux Cryptogames vasculaires, qui, eux-mêmes, nous conduisent vers les végétaux les plus élevés en organisation. »

Dans l’article ALIMENTS DES PLANTES , le même auteur insiste sur l’analogie qui existe, au point de vue de la nature des aliments véritables, entre les végétaux et les animaux. Cette analogie très-manifeste en ce qui concerne les végétaux dépourvus de chlorophylle est beaucoup plus difficile à voir quand on observe ceux qui sont colorés en vert, d’où l’opinion erronée, admise pendant longtemps, d’après laquelle l’antagonisme le plus grand existerait entre les animaux et les végétaux verts au point de vue de l’alimentation, les aliments des premiers étant . de nature organique tandis que ceux des seconds seraient de nature inorganique.

M. de Lanessan montre que cette erreur provient d’une fausse interprétation des phénomènes qui se produisent dans les organes pourvus de chlorophylle. Ce que l’on appelle encore, fort à tort, dans certains ouvrages classiques, respiration chlorophyllienne ou respiration diurne, est un phénomène d’ordre purement chimique tout à fait étranger à ce que l’on nomme en biologie générale la respiration. « Le rôle des organes verts et particulièrement des feuilles, rôle purement chimique, serait de préparer à l’aide des matières minérales du sol et de l’atmosphère, et sous l’influence de la lumière, des principes immédiats ternaires et albuminoïdes destinés à l’alimentation de la plante. » Les aliments du végétal ne sont donc pas les substances minérales qu’il puise dans le sol ou l’atmosphère, mais les matières organiques qu’il produit chimiquement dans ses organes verts.

L’auteur insiste aussi sur l’analogie qui existe, au point de vue de la production de calorique, entre les aliments des végétaux et ceux des animaux ; dans les uns comme dans les autres, les corps ternaires étant plus particulièrement desstinés à produire de la chaleur et les aliments quaternaires à augmenter la masse du protoplasma.

L’article ALTERNANCE DES GÉNÉRATIONS de M. Dutailly, que nous trouvons plus loin, présente un très-grand intérêt au point de vue de la morphologie générale des êtres vivants. Les Fougères, que l’auteur cite d’abord, nous fournissent, en effet, l’exemple le plus frappant du phénomène qu’on a désigné sous le nom d’alternance des générations.

La plante parfois très-développée, munie d’une tige ordinairement souterraine, de racines et de feuilles ou frondes, ne possède aucun organe reproducteur ; aussi a-t-on donné à cette forme le nom de génération asexuée. Mais elle produit spontanément, sur ses feuilles, des organes spéciaux, les sporanges, dans lesquels se développent, par des segmentations spéciales, de petites cellules nommées spores. Celles-ci, lorsqu’elles tombent sur le sol humide, donnent naissance, par bourgeonnement, à une lame verte de très petite dimension, qui produit, d’une part, des radicules destinées à la fixer au sol, d’autre part des organes mâles et femelles ; c’est le prothalle ou génération sexuée des Fougères. La cellule femelle qu’elle a produite fournira, après fécondation, une nouvelle plante asexuée, et ainsi de suite. Chaque génération asexuée produira une génération sexuée qui, à son tour, sera suivie d’une génération asexuée.

Nous ne suivrons pas M. Dutailly dans l’étude qu’il fait de cette question. Les manifestations de l’alternance des générations varient, en effet, d’un bout à l’autre du règne végétal, mais se présentent à peu près dans tous les groupes de ce règne, Nous aurions peut-être quelques réserves à faire au sujet des opinions admises aujourd’hui en ce qui concerne la plupart des phanérogames et qui ne paraissent pas toujours suffisamment démontrées. Ainsi M. Dutailly rejette avec raison la manière de voir théorique de M. Van Tieghem, d’après laquelle les vésicules antipodes des végétaux supérieurs représenteraient un prothalle femelle rudimentaire. Comme le fait remarquer M. Dutailly, les vésicules antipodes « dérivant d’une formation cellulaire libre dans l’intérieur du sac embryonnaire, il est impossible de comprendre comment elles pourraient servir de prothalle aux vésicules embryonnaires, nées également par formation cellulaire libre ».

Dans l’article AMIDON , M. Tison résume d’abord les propriétés chimiques de ce corps, en le comparant avec la cellulose à laquelle il est si étroitement allié. Au point de vue de la structure et de la formation des grains d’amidon, l’auteur examine d’abord deux opinions aujourd’hui abandonnées par tout le monde : celle de Fritzsche, d’après laquelle le grain d’amidon serait constitué par des couches concentriques déposées de dedans en dehors ; et celle de Payen, qui admet la formation, de dehors en dedans, à l’aide d’un dépôt de substance pénétrant dans la cavité parle hile. Il aborde ensuite la théorie de Nægeli, d’après laquelle le grain d’amidon se formerait par Intussusception et serait constitué par des molécules solides, séparées les unes des autres par de l’eau, et disposées en couches de densité différente, c’est-à-dire contenant les unes davantage, les autres moins d’eau. Il rejette également cette troisième manière de voir, qui cependant compte aujourd’hui de très nombreux partisans, et se range à celle de M. Trécul, d’après laquelle les grains d’amidon débutent par une vésicule solide contenant un liquide qui se transforme graduellement en amidon solide. M. Tison expose, avec beaucoup de détails, les travaux de l’éminent botaniste français, les plus complets qu’on ait faits par observation directe des objets. Il termine son article par des considérations sur la classification des grains d’amidon et sur le rôle de cette substance dans la vie du végétal.

Le lecteur trouvera dans cet article une foule de renseignements de la plus grande utilité qu’il serait obligé d’aller chercher, les uns après les autres, dans des mémoires épars, tout à fait techniques, et d’une lecture parfois très-difficile.

v

Parmi les autres questions qui, dans ces deux. fascicules, ont été traitées avec des développements importants, nous signalerons particulièrement les articles AGARIC et AGARICINÉS de M. de Seynes. Dans le premier, l’auteur résume les caractères des champignons du genre Agaric. Il insiste sur ce fait remarquable que leurs cellules, soumises à l’action de l’iode ou du chlorure de zinc iodé, ne présentent jamais la réaction violette caractéristique de la cellulose ; leurs parois jaunissent et brunissent seulement, accusant ainsi la présence de la substance azotée donl elles sont imprégnées.

A propos de la reproduction encore si peu connue des agarics, M. de Seynes figure le singulier organe, en forme de filament renflé au sommet, qui a été observé par lui-même sur le mycélium de l’Agaricus cepœstipes, par d’autres observateurs dans divers agaricinés, et que M. Reess considère comme un organe femelle sous le nom de carpogone. L’histoire de cet organe et celle des spermaties, sorte de petits bâtonnets observés aussi sur le mycélium d’un certain nombre de ces champignons, est d’un grand intérêt.

En décembre 1874, M. Reess. professeur à Erlangen, communiqua à la Société de physique et de médecine de cette ville un mémoire dans lequel se trouvent figurés des spermaties avec leur support, ainsi que des carpogones sur lesquels se sont fixés des spermaties et qui sont à des degrés de développement variés. L’auteur écrivait : « Les spermaties du Coprinus sont des cellules mâles, leur support une anthéridie, leur fonction la fécondation du carpogone. A la suite de la fécondation, le carpogone se développe en fruit. » Il terminait en comparant la fécondation des coprins il celle des floridées.

Au mois de février suivant, M. Van Tieghem, dans une communication à l’Institut, appuyait de ses observations les conclusions de M. Reess, dont il venait, dit-il, de recevoir communication. Il avait vu le protoplasma des spermaties se fondre avec celui du renflement femelle, et, après cette fusion, avait assisté au sectionnement de la cellule femelle. « Le bâtonnet est d’abord plein de protoplasma, dit-il ; mais un peu plus tard on le retrouve il la même place, complétement vidé, et réduit à sa mince membrane. Son contenu s’est évidemment déversé dans le protoplasma de l’ampoule. » Enfin il avait « pu même une fois réaliser une fécondation croisée en saupoudrant les ampoules du Coprinus hephemeroides avec les bâtonnets du C. radiatus. » Quant aux ampoules sur lesquelles ne s’étaient pas fixés de bâtonnets, il les avait vues se vider sans éprouver de changements.

Quoique publiées après celles de M. Reess, ses observations ayant été poursuivies simultanément à celles de ce dernier et ses résultats poussés plus loin, il revendiquait la part la plus.importante de la découverte. Un peu plus tard, cependant, le même botaniste annonçait à l’assemblée savante qu’il. avait vu germer les spermaties du coprin, et que par conséquent on ne pouvait plus les considérer comme des organes mâles. Cette question si intéressante en reste là pour le moment,

Pour donner une idée des illustrations des premiers fascicules nous reproduisons ici-les figures relatives à quelques-uns des articles qui y sont traités : le port de l’Acacia arabica, qui fournit la gomme arabique (fig. 94) ; les figures de l’Ademanthera (fig. 95 à 99, page 846) et celles de l’aconit nape (fig. 100 à 106, page 847) et de l’aconit tue-loup (fig. 107).

VI

Le troisième fascicule contient un assez grand nombre de mots relatifs à l’organographie et à la physiologie végétales : ANATROPE , ANDROCÉE, ANTHÈRE, ANTHÉRIDIE, ANTHÉROZOIDEs de M. de Lanessan, Aouté et Aoutement de M. ramey. Si nous voulions entrer dans l’examen détaillé de chacun de ces articles nous serions entraînés beaucoup plus loin que ne le comportent les limites de notre travail. Nous nous bornerons donc à attirer l’attention du lecteur sur les points les plus importants.

Dans l’article ANDROCÉE , M. de Lanessan discute deux questions qui ont dans ces demiers temps soulevé des controverses assez vives : d’une part, l’idée qu’il faut attacher aux termes hypogynie, périgynie et épigynie de l’androcée, et d’autre part la nature et le mode de formation des adhérences qui existent entre les pièces de l’androcée et celles des autres verticilles de la fleur. Rappelant les faits d’organogénie, si bien étudiés par Payer, l’auteur de l’article montre les pièces de l’androcée naissant toujours directement sur le réceptacle, et au-dessous du sommet organique de cet axe qui porte les feuilles carpellaires. Leur situation par rapport à ces dernières dans la fleur adulte résultera uniquement de la façon dont se produira l’accroissement du réceptacle. Si le réceptacle continue à s’allonger par son sommet, tandis que sa base, qui porte le périanthe, reste stationnaire, l’androcée sera situé au-dessous des carpelles qui naissent toujours sur le sommet organique du réceptacle : il sera hypogyne. Si au contraire la base du réceptacle, qui donne naissance au périanthe, puis à l’androcée, se développe plus que son sommet, le réceptacle formera une coupe plus ou moins profonde, dont le fond, qui répond au sommet organique, portera les carpelles, tandis que sur les bords seeont fixés le périanthe et l’androcée : ces derniers seront donc périgynes (\pi\epsilon\rho i, autour) ou épigynes (\epsilon\pi i, au-dessus), suivant la profondeur plus ou moins grande de la coupe réceptaculaire. Mais, dans aucun cas, l’androcée n’est porté réellement ni par la corolle, ni par le calice. .

Répondant aux arguments tirés de l’anatomie des orrganes adultes, à l’aide desquels M. Van Tieghem s’est efforcé d’établir que les étamines sont, dans certaines plantes, les primevères par exemple, des appendices de la corolle, l’auteur de l’article montre que les faisceaux ne se forment dans les organes floraux de ces plantes que très tardivement. Par suite, leur disposition à l’état adulte ne peut être d’aucune utilité pour résoudre de semblables questions de morphologie.

Nous ne voulons pas nous faire ici juge de ces discussions ; nous nous bornerons il. les indiquer pour montrer que les auteurs du Dictionnaire de botanique ont su laisser de côté les habitudes d’abstention par trop prudente, qui tendent malheureusement à se répandre chez nous sous l’influence des exemples que donnent à cet égard la plupart des auteurs de nos ouvrages classiques et qui n’aboutiraient à rien moins qu’à la suppression de toute critique scientifique. Si ces habitudes triomphaient, la science serait bientôt encombrée d’une foule de résultats plus ou moins contradictoires ou incohérents, qui alourdiraient sa marche au point de la rendre impossible. Il faut être bien convaincu qu’on est encore plus utile au progrès en déblayant le domaine d’une science des erreurs qui l’obstruent comme de mauvaises herbes, qu’en y apportant des idées nouvelles que l’encombrement de ces mauvaises herbes ne permettrait pas de cultiver.

Un article de M. Baillon sur le genre Anthostema soulève encore une question de morphologie qui a été l’objet de vives querelles : nous voulons parler de l’organisation de la fleur des Euphorbiacées. On sait que pour un grand nombre de botanistes la fleur des Euphorbes serait non pas une fleur isolée, mais une véritable inflorescence. Les Anthostema, avec leur inflorescence extrêmement courte, dans laquelle chaque fleur nulle est réduite à une seule étamine, paraissaient un argument décisif en faveur de cette opinion. Cependant, M. Baillon montre que, bien loin de se rapprocher des Euphorbes, les Anthostema ne diffèrent des Excœcaria que par la brièveté de l’axe d’inflorescence, et ne peuvent par suite être invoqués pour expliquer la morphologie de fleurs construites sur un type très-différent.

Les articles ANTHÈRE, ANTHÉRIDIE, ANTHÉROZOIDES du même fascicule nous mettent en présence de l’organe mâle dans les divers groupes des végétaux. L’anthère des phanérogames, l’anthéridie et l’anthérozoïde des cryptogames sont étudiés au point de vue de leur organisation à l’état adulte et de leur développement dans les différents types de végétaux où on les trouve, de manière à donner au lecteur des notions détaillées sur la nature de ces organes dans des êtres déterminés où il lui sera facile de les étudier directement. Les articles Aouté et Aoutement de M. Ramey montrent que la physiologie pratique des végétaux n’est pas négligée dans le Dictionnaire de botanique, et nul n’était ·mieux à même de traiter ces questions que notre savant horticulteur.

Parmi les genres importants décrits dans ce troisième fascicule, signalons particulièrement l’Antiar, dont une espèce figurée dans ses différentes parties, l’Antiaris toxicaria (fig. 108 à 110, page 850) produit l’un des plus terribles poisons végétaux. C’est un arbre magnifique, dont le tronc atteint jusqu’à 2 mètres de circonférence. Le suc blanchâtre qui s’en écoule jouit de propriétés toxiques tellement énergiques que les émanations des forêts qu’il forme dans certains points de l’Ile de Java passent pour mortelles.

A côté de ce géant redoutable des tropiques, nous reproduisons la gracieuse figure de notre camomille romaine (fig. 111, page 856) et la liane élégante qui produit la coque du Levant (fig. 112 à 115, page 851). On sait que son fruit est éminemment toxique, et qu’il est souvent employé, non sans danger, pour empoisonner le poisson. Dans ces dernières années, l’usage en était devenu si fréquent à Paris qu’on a dû en interdire la vente aux droguistes. Certains brasseurs l’emploient, d’une façon plus répréhensible encore, pour donner à la bière une amertume destinée à remplacer à meilleur compte celle du houblon.

Les onze figures relatives à l’ancolie vulgaire que nous reproduisons aussi (fig. 116 à 126, page 854) donneront au lecteur une idée de la richesse avec laquelle sont illustrés les genres les plus importants de chaque famille au point de vue taxonomique. Le port de la plante, les caractères de la fleur, du fruit, de la graine ont été figurés dans leurs moindres détails, de façon à ce que la description puisse être comprise aussi facilement que si l’on avait la nature sous les veux. Enfin nous reproduisons les figures relatives à l’Ana arde (fig, 127 à 130, page 855), dont le fruit. offre une organisation si remarquable. Le pédoncule se développe en une grosse masse charnue en forme de poire, comestible bien connu dans les pays tropicaux sous le nom de Pomme d’acajou, tandis que le rruit véritable, réniforme" est presque sec et contient une huile caustique dont une gouUe déposée BU ! les lèvres suffit pour détruire la muqueuse.

VII

A côté de ces grands articles, dans lesquels il est plus facile de constater l’esprit général de l’œuvre, le Dictionnaire de botanique de M. Baillon contient tous les termes latins ou français employés dans les ouvrages descriptifs, ivec une indication précise de leur signification et souvent les figures destinées à rendre plus facile l’intelligence des déflnitions.

Cette partie de l’ouvrage sera de la plus grande utilité aux personnes étrangères à la science des végétaux, parce qu’elle leur permettra de lire non seulement tous les articles technique du Dictionnaire lui-même, mais encore les ouvrages de botanique les plus rigoureusement scientifiques. Il n’est pas de science pour laquelle un glossaire de ce genre soit plus indispensable, parce qu’il n’en est pas qui possède une langue plus variée. La funeste habitude de créer des mots nouveaux n’a pris dans aucune branche du savoir humain une extension plus considérable, et nous doutons fort que, malgré la bonne volonté qu’ils y apportent, les auteurs du Dictionnaire de botanique parviennent à éviter de nombreux oublis.

La partie taxonomique occupe dans cet ouvrage une place considérable. Chaque genre actuellement admis est décrit d’une façon succincte, il est vrai, mais l’exposition de ses caractères est fréquemment rendue très claire par l’addition de nombreuses figures d’ensemble ou d’analyse. Les auteurs indiquent non seulement les caractères de la fleur, mais encore ceux des divers organes de la végétation ; ils signalent le nombre des espèces, les régions qu’elles habitent, et celles qui jouissent de quelque propriété industrielle, médicale ou ornementale.

Ces renseignements, que les limites assignées à l’ouvrage ne permettent peut-être pas de développer suffisamment, seront d’autant plus utiles aux personnes qui se préoccupent du côté pratique de la science des plantes, qu’ils sont accompagnés d’indications bibliographiques permettant de consulter les ouvrages spéciaux dans lesquels ces diverses questions sont traitées avec plus d’ampleur. Le nom de chaque genre est accompagné du nom du botaniste qui l’a créé et de l’indication .de l’ouvrage dans lequel il a été décrit pour la première fois. L’exposition de ses caractères est suivie d’un renvoi aux ouvrages les plus récents qui l’ont étudié et où se trouvent des renseignements plus complets sur son histoire.

Indépendamment des genres conservés par les auteurs modernes, le Dictionnaire de botanique contient les noms de tous ceux qui sont aujourd’hui abandonnés, avec l’indication de leurs auteurs, du lieu de leur publication et celle du genre dont ils constituent un synonyme ou une section. Cette partie du Dictionnaire en fait un véritable Genera français, et illustré, presque aussi complet que les Genera latins et plus à la portée de la masse des lecteurs. Les noms vulgaires - soit français, soit étrangers - des plantes sont aussi inscrits à leur rang. Les noms indigènes des végétaux exotiques sont signalés toutes les fois qu’ils sont connus, avec renvoi au nom latin à côté duquel se trouve la description du végétal.

Enfin, les noms des hommes qui ont servi la science sont également inscrits à leur rang, à côté des genres qu’ils ont créés ou qui leur ont été dédiés. M. E. Fournier, qui paraît être chargé de celte partie du Dictionnaire, laissant de côté les banalités de la vie privée, donne sur chaque botaniste des renseignements vraiment utiles et indique leurs véritables titres de gloire : les travaux qu’ils ont accomplis dans l’intérêt de la science et les ouvrages qu’ils ont légués à la postérité.

Les diverses parties de la botanique se trouveront ainsi traitées dans ce vaste compendium, où l’homme de science trouvera les indications qui lui seront nécessaires sur les sujets les plus arides, en même temps que l’homme du monde pourra acquérir des notions précises sur les questions qui lui sont étrangères.

VIII

La partie matérielle de l’ouvrage mérite une mention particulière.

La maison Hachette a tenu à en faire non seulement une publication utile, mais encore une œuvre de luxe.

Les caractères sont assez gros pour que la lecture soit toujours facile, malgré les nombreux changements de type exigés par la nature de l’ouvrage. Les gravures sont aussi belles que nombreuses. Nous y retrouvons les gravures sur bois qui illusstrent d’une façon si remarquable l’Histoire des plantes de M. Baillon, semées avec une profusion qui fera du Dictionnaire de botanique un ouvrage unique. Chaque fascicule est accompagné, en outre, d’une chromolithographie due, comme les bois, à la main savante de M. Faguet et atteignant une perfection que nous n’avons encore trouvée dans aucun ouvrage scientifique du même genre. Chacune de ces chromolithographies contient, non seulement un port superbe de la plante envisagée dans son ensemble, mais encore une analyse détaillée de ses divers organes. L’art et la science se sont unis pour les rendre aussi utiles qu’agréables.

Grâce à la façon dont il est compris, aux soins matériels apportés dans son exécution, et à l’immense quantité de mots qu’il renfermera, le Dictionnaire de botanique de M. Baillon nous parait destiné à développer en France le goût de la science des plantes. Il rendra en effet plus facile l’intelligence des ouvrages souvent trop ardus qui s’occupent de cette science, et, en plaçant sous les yeux des lecteurs les images des types les plus remarquables du règne végétal, il inspirera le goût de leurs études.

Si, dans l’édification longue et pénible de cette œuvre, il s’est glissé quelque imperfection ou même quelque erreur de détail, nous nous garderons bien d’en faire le reproche aux auteurs dès le début de leur œuvre. Il est impossible que dans un travail aussi étendu il n’y ait pas un certain nombre de côtés faibles, de points critiquables.

Destiné à embrasser toutes les parties d’une science, un dictionnaire est toujours forcément en grande partie une œuvre de compilation, et nous n’avons pas la prétention d’exiger que chacun des auteurs de celui-ci vérifie par lui-même les descriptions de tous les genres et de toutes les espèces ou toutes les particularités des questions qu’il est obligé de traiter. Tout botaniste ayant étudié spécialement une partie limitée de la science pourra donc facilement trouver matière à critiques dans les articles qui la concernent. li nous serait facile d’entrer nous-même dans cette voie ; mais nous renonçons d’autant plus volontiers il cette petite satisfaction que nous regardons comme peu dangereuses des imperfections qui pour les hommes spéciaux seront faciles il corriger, et qui resteront inaperçues ou indifférentes pour la grande masse des lecteurs. Nous nous bornerons il exprimer deux desiderata que nous jugeons plus importants que des critiques de détail.

Nous aurions vu avec plaisir l’ouvrage débuter moins brusquement. Il eût gagné à être précédé, comme le Dictionnaire de chimie de M. Wurtz, d’une préface exposant l’idée générale dans laquelle il est conçu et le but qu’il se propose d’atteindre. Nous savons que M. Baillon a abandonné les vieux sentiers dans lesquels se traînent encore beaucoup de botanistes français, et nous regrettons qu’il n’ait pas profité de l’occasion qui lui était offerte d’exposer les principes qui dominent ses travaux.

En second lieu, nous croyons devoir signaler le trop petit nombre de figures d’anatomie que renferme le Dictionnaire de botanique. L’absence de dessins rend souvent difficiles à saisir les détails d’organisation dont on parle dans un certain nombre de grands articles. Nous faisons la même remarque pour ce qui concerne les figures de cryptogamie. Cette lacune, que les auteurs eux-mêmes doivent être les premiers à sentir, parce qu’elle rend leur tâche beaucoup plus difficile, n’a sans doute pas frappé les éditeurs, dont l’ouvrage, très riche en portraits de plantes et en analyses de fleurs et de fruits, est, au contraire, d’une pauvreté regrettable en figures d’anatomie. Le sacrifice qu’ils auraient à faire pour rétablir cet équilibre serait sans doute minime, relativement à ceux qu’ils se sont déjà imposés, et l’ouvrage y gagnerait beaucoup. Sans doute, les figures d’anatomie n’ont pas à l’œil les attraits des figures plus pittoresques représentant les merveilles du règne végétal. Mais, en matière de science, les gravures les plus belles ne sont pas toujours les plus nécessaires.

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