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La météorologte de l’année 1888

L. Barré, la Revue Scientifique — 190 janvier 1889

samedi 24 octobre 2009, par gloubik

Voici le tableau des principaux éléments météorologiques de l’année 1888 :

Baromètre. - La pression barométrique moyenne de l’année 1888 est légèrement supérieure à la normale (756 millimètres] observée à Paris, Le mois de janvier a donné la moyenne la plus forte ; celui de mars, la moyenne la plus faible. Le maximum (775mm,63) a été observé au parc Saint-Maur (altitude : 49,30m) le 10 janvier ; le minimum (730mm,80) a été noté le 28 mars.

Thermomètre. - La température moyenne de l’année (8°,99), un peu supérieure à celle de 1887 (86,81), est inférieure à la normale de 1°,78. Le mois de février a été particulièrement froid : sa moyenne a été -0°10, alors que la normale atteint + 4°,5. Le mois d’octobre, dont la température est habituellement supérieure à la moyenne annuelle, a été caractérisé en 1888 par une température assez basse, inférieure à la normale de 3°,75. Juillet 1888 a été aussi froid et même pluvieux ; sa moyenne est inférieure de 3°,26 à la normale ; elle vient après celles des mois d’août et de juin, tandis qu’elle est habituellement la plus chaude de l’année. Seul, le mois de novembre a une température moyenne supérieure à la normale : l’écart est de 1°,63. .

L’an dernier, à l’occasion du relevé annuel météorologique de l’année 1887, pour expliquer la différence de près de 2° entre la température moyenne de 1887 et la normale, nous avons émis cette idée que la cause principale de l’abaissement observé nous semblait ’être le changement d’observation : à l’Observatoire de Paris, situé au sud. d’une grande ville, on a substitué le parc Saint-Maur, en rase campagne, à 8 kilomètres des fortifications de Paris.

Nous ajoutions que les observations des années prochaines nous permettraient de vérifier si c’est bien la raison majeure. Nous n’avons pas besoin de dire que l’année 1888 nous apporte une éclatante vérification, et nous espérons la voir confirmer dans la suite. Nous relevons en effet dans les excellents Tableaux résumés des observations météorologiques faites à Bruxelles pendant une période de cinquante années (1833 à 1882), préparés par M. A. Lancaster, météorologiste, inspecteur à l’observatoire de Bruxelles, les renseignements suivants :

« L’expérience a prouvé que, pour Bruxelles, la température moyenne annuelle obtenue par les observations faites à une des fenêtres de l’aile orientale dés bâtiments de l’observatoire, au nord et à 3 mètres d’élévation au-dessus du sol, était plus élevée de 0°,4 à 0°,5 que celle déterminée par les observations faites dans un abri en bois (cage du système Stevenson) que l’on a installé dans le jardin en face et à une distance de 5 mètres de la fenêtre dont nous venons de parler. Dans les premières conditions d’installation, le bâtiment exerce une action notable sur les indications fournies par les instruments : été comme hiver, il leur fait marquer des températures trop hautes, mais .c’est surtout en hiver que l’écart avec la vraie température de l’air est sensible..... Par les belles journées d’été, une vaste agglomération de bâtisses comme l’est Bruxelles constitue un véritable accumulateur de chaleur : la température de l’air dans les rues centrales peut, dans ces moments, dépasser de 5° la température à la campagne. En hiver, d’autre part, la grande quantité ’de foyers presque constamment allumés constitue une source de chaleur artificielle considérable, qui a pour effet d’adoucir notablement la température de l’air de la ville. »

La température la plus élevée de l’année 1888 a été observée à Paris (Saint-Maur) le 3 juin : elle était de 34°,5. La plus basse, -15°, a été notée le 3 février. En Europe et en Algérie, le maximum a été noté à Biskra le 13 août et était de 47° ; le minimum, - 37°, a été observé à Arkhangel le 14 mars.

Pluie. - La quantité d’eau recueillie dans le pluviomètre du parc Saint-Maur (pluie ou neige fondue) pendant l’année 1888 est de 499mm,5, soit en nombre rond 0m,50 en 159 jours. Cette chute d’eau est de 2 centimètres supérieure à celle de l’an dernier. Juillet a fourni le plus d’eau’ : 88mm,5 en 23 jours (19mm,8 le 22 juillet) ; le mois de mars, qui vient après, a fourni 65mm,5 en 24 jours. Les mois les plus secs ont été ceux de janvier, mai et décembre.

L. BARRÉ.

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